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RAPPORTS DES COMMISSIONS D'HYGIÉNE DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE

EN 1897 (Paris-Chaix, 1899).

Les Commissions d'hygiène des vingt arrondissements de Paris, celles de l'arrondissement de Saint-Denis, des communes de Saint- Cloud, Sèvres et Meudon se sont réunies fréquemment et ré^u-

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lièrcmcnt en 1897 : cliaciiiie d'elles <'i tenu environ 10 séances, rarement moins de 8, et l'abstention dos membres a toujours été rare et exceptionnelle. Nous pourrions citer telle de ces Commissions dont les procès-verbaux l'ont mention de 426 rapports écrits déposés dans l'année, sans compter d'autres opérations qui portent le nombre total des affaires traitées à 324; il est vrai que la plupart de ces affaires concernent des visites faites à des immeubles dont il s'agissait de vérifier la saluln-ité. Ce cliiffre est assurément exceptionnel; il s'applique ù un arrondissement (le XVIII") industriel, où la population ouvrière est nombreuse et logée dans des habitations qni laissent souvent à désirer.

Comme toujours, les plaintes portent surtout sur le mauvais état des latrines; dans une maison du VU" arrondissement (Palais-Bourbon, il n'y a que 2 cabinets pour 120 locataires, alors que l'article 18 de l'ordonnance de police du 2o octobre 1883 pi-escrit un cabinet d'aisances pour chaque fraction de 20 habitants dans les logements garnis. Ce reproche s'applique même parfois aux locaux des administrations publiques. La Commission d'hygiène du IV" arrondissement signale les odeurs infectes provenant des cabinets de la Préfecture de la Seine. « Si pareille condition d'insalubrité, dit le rapporteur, était signalée dans un immeuble particulier, l'autorité qui siège à l'Hôtel-de-Ville s'empresserait de prendre les mesures nécessaires pour obliger le propriétaire à la faire disparaître».

Le même rapporteur signale une situation analogue dans une maison appartenant à l'Assistance publique, place des Vosges, n°lQ. Il est certain qu'il ne suffit pas de faire arriver des flots d'eau dans les cabinets, comme à l'Hôtel-de-Ville, pour supprimer les odeurs; il faut uti nettoyage personnel et régulier; il faut de plus prévenir et dissoudre les incrustations urinaires, et le seul moyen d'y parvenir est le brossage périodique avec la solution d'acide chlorhydrique au dixième, qui donne de si excellents résultats dans les édicules publics de la ville de Paris.

Dans le 11" arrondissement, on incrimine non plus seulement l'odeur des latrines, mais le défaut d'espace, la malpropreté, la mauvaise tenue et l'insalubrité de la justice de paix, dans ce quartier de la Bourse, siège principal d'administrations financières et de Compagnies d'assurances dont toutes les affaires litigieuses se jugent dans cette partie de la Mairie. « La salle d'audience et le vestibule qui la précède ne cubent que 430 mètres, soit moins de 3 mètres cubes par personne, en admettant que 200 au plus y séjournent

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peiulaiit trois liciiros les jours d'auilience, et ce nombre est souvent dépassé, au point ([ue les l'cnimes et les vieillards s'y trouvent journellement incommodés. Le péril serait plus grand en cas d'incendie, car le public ne pourrait s'échapper que par un couloir étroit et une porte de r",80 de large. 11 existe aussi des l'enétrcs, mais elles se trouvent à r",80 du sol et munies de Torts barreaux. Les autres jours, la salle d'audience est l'erméc, tandis que la salle d'attente, assez obscure et peu surveillée, reçoit la visite des passants pour y satisfaire certains besoins qui laissent des parlums peu agréables ».

La Commission a signalé cette situation à M. le Préfet de police et à M. le ministre de la Justice; des mesures ne tarderont pas à être prises pour faire cesser une situation aussi regrettable au centre de Paris.

La constatation des causes d'insalubrité dans les maisons particulières n'est pas toujours facile. Plusieurs membres des commissions du III" (Temple) et VP (Luxembourg) arrondissements se plaignent du l'cfus d'entrée qui leur a été fait d'immeubles qu'ils étaient chargés de visiter à la suite de maladies contagieuses. L'on a même agité la question de savoir si les membres de ces Commissions n'avaient pas le droit de requérir le commissaire de police pour pénétrer dans les immeubles. Le président a judicieusement rappelé que le rôle de la Commission d'hygiène n'est point celui de la Commission des logements insalubres; sa mission est toute de conciliation et de persuasion; il a ajouté qu'il serait périlleux d'entrer dans cette voie de réquisitions en dehors des épidémies dangereuses, et qu'il ne connaissait pas de texte de loi qui confère cette autorisation. Les membres des Commissions des logements insalubi'cs ont seuls le droit de requérir l'assistance du commissaire de police pour pénétrer dans un immeuble après injonction préalable; en cas de refus, c'est à eux que la Commission d'hygiène doit s'adresser. Cette solution est rationnelle et équitable; elle est d'ailleurs adoptée dans la plupart des arrondissements de Paris.

Un cas de vai-iole étant survenu dans un immeuble de la rue de Seine, le service spécial est venu offrir la revaccination gratuite aux locataires, qui tous ont refusé de s'y soumettre. En raison du danger <iu'un tel refus peut faire courir à un quartier, la Commission du VP arrondissement a émis le vœu que « toutes les l'ois ([u'une épidémie de variole sera à craindre, les personnes qui entourent le malade ou habitent dans le voisinage soient obligées de se soumettre à la revaccination, au même titre qu'y sont obligés les enfants ou

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jeunes hommes qui doivent entrer dans une école ou les hommes appelés sous les drapeaux, etc. » Nous ne méconnaissons pas le danger signalé, mais nous ne pouvons (jue hâter de nos vœux le vote de la loi réclamée depuis si longtemps, rendant la vaccination et la revaccination obligatoires.

Un exemple Ibui-ni par la mortalité du XIV» arrondissement (Observatoire) montre une fois de plus combien il serait nécessaire de comprendre la rougeole sur la liste des maladies transmissibles dont la déclaration est obligatoire. La l'ougeole a fourni en 1897, dans cet arrondissement, 93 décès, aloi-s que la fièvre typhoïde n'en a fourni que 13, la scarlatine 7, la diphtérie 26. De toutes les maladies transmissibles, la rougeole est aujourd'hui la seule pour laquelle la désinfection ne soit pas pratiquée à Paris; elle est aussi la seule dont la mortalité non seulement ne diminue pas, mais augmente, tandis que depuis quatre ou cinq ans la décroissance des autres est si l'égulièremeut progressive.

Dans le arrondissement (Hôtel-de- Ville), le nombre des décès par diphtérie est tombé en 1897 à 5 pour toute l'année, aloi-s qu'il était de 76 en 1892 et de 50 en 1893. C'est évidemment le résultat de la sérothérapie et des mesures de plus en plus rigoureuses de la désinfection, qui est réclamée par les familles elles-mêmes dans cette maladie.

Par contre, les ravages de la tuberculose croissent de jour en jour. Dans le rapport que M. Beurdeley a rédigé lui-même pour la Commission d'hygiène qu'il préside comme maire du VHP arrondissement (Élysée), nous lisons que les décès par tuberculose et par phtisie pulmonaire en 1897 représentent 40 p. 100 des décès totaux de l'année. C'est un chiffre extraordinaire, qui s'explique peut-être, s'il n'est pas inexact, par le grand nombre de tuberculeux morts et considérés comme domiciliés à l'hôpital Beaujon. M. le D'' Raymond a insisté dans le XVI" arrondissement (Passy) sur la fréquence de la tubei'culose parmi les instituteurs et sur le danger qui en résulte pour les élèves des écoles. La Commission a recommandé l'installation de crachoirs vraiment hygiéniques dans les centres d'agglomération : écoles, ouvroirs, etc. Le docteur Séailles fait depuis longtemps une campagne active dans le même sens au XVII° arrondissement (Batignolles-Monceaux), et l'on sait que le Conseil municipal a autorisé la distribution gratuite de ces ustensiles aux tuberculeux soignés à domicile dans plusieurs arrondissements.

Là encore, la désinfection est appelé à jouer un rôle important,

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