‹ La vaccination et la variole dans l'armée italienne [electronic resource]Chapitre 15 sur 17 · COMMISSIONS D'HYGIÈNE 1)12 LA SKINK · texte numérisé non relu

COMMISSIONS D'HYGIÈNE 1)12 LA SKINK

non seulement après le décès ou le départ du malade, mais en cours de maladie.

Le rapporteur de la Commission d'hygiène des communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon dit (pie la Commission a été amenée à constater que trois locataires successifs d'une même habitation à Meudon sont morts de tuberculose, et que, dans Sèvres, deux personnes, arrivées bien portantes dans des appartements contaminés par des tubercideux et non désinfectés, sont devenues elles-mêmes tuberculeuses. Elle a adressé à M. le Préfet de police un vœu tendant à rendre obligatoire la désinfection des locaux habités par des tuberculeux dans les trois jours qui suivent la mort ou le départ. L'Administi-alion n'a pu que transmettre ce vœu à M. le ministre de rintéi'ieur, à qui il appartient d'intervenir s'il y a lieu.

La population comprend, d'ailleurs, de plus en plus la nécessité de la désinfection en pareil cas, car bien que la déclaration de la tuberculose ne soit nullement obligatoire, 12,714 demandes spontanées ont été adressées en 1898 au Service municipal de désinfection sur 48,735 opérations qui ont été faites dans l'année. De toutes les maladies transmissibles, c'est de beaucoup celle pour laquelle il est fait chaque année le plus de demande^. Cela est fait pour rassurer notre collègue à l'Académie, M. Weber, qui, dans son rapport sur les travaux de la Commission du VIP arrondissement, semble craindre que jusqu'ici la désinfection dans la tuberculose ait été infructueuse ou insuffisamment ^appliquée. On signale, en effet, des cas rares où les désinfecteurs ne sont ai-rivés que plusieurs jours après l'envoi de la demande. Le retai-d provient quelquefois de ce que la demande, adressée à la Préfecture de police, doit être renvoyée aux bureaux de la Préfecture de la Seine qui la fait parvenir au Service municipal d'assainissement et de désinfection. II en résulte nécessairement, des pertes de temps nuisibles au point de vue de la prophylaxie. En adressant la demande directement et par téléphone à M. le Préfet de la Seine, Service municipal de désinfection, 6, rue des liécoUels, on aurait, dans les cas urgents, la certitude presque absolue de l'ecevoir dans les vingt-quatre heures la visite des agents désinfecteurs.

Un membre delà Commission du IV* arrondissement, le D"" Moret, signale le danger que peut entraîner le décès survenant dans des garnis ou hôtels meublés, de personnes inconnues ou de passage à Paris, à la suite des maladies infectieuses. Pendant la durée des formalités nécessaires, le corps séjourne parfois plusieurs jours dans une chambre de ces habitations collectives et peut transmettre la

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maladie aux personnes qui encombrent des garnis étroits et malpropres. Eu signalant ces cas, la Conunissiou a demandé s'il ne serait pas possii)le de l'aii-e transpoiler iinmédiatt'meut le corps dans un ■dépôt mortuaire ou dans l'iiopital le plus voisin.

Le désir d'éviter le contact prolongé des vivants dans une pièce unique avec le cadavre d'un parent mort d'une maladie transmissible (variole, diphtérie, etc.) est eu etl'et l'un des principaux motifs qui avaient l'ait désirer la création des dépôts mortuaires, à la condition toutefois d'y construire des cellules bien isolées pour les corps des contagieux.

La discussion qui a eu lieu à ce sujet à la Société de Médecine publique, en dSSO, a laissé entrevoir les dangers de contagion que pourraient créer dans le quartier les dépôts ainsi organisés. Actuellement, les règlements d'administration publique défendent expressément d'introduire dans les dépôts mortuaires les corps des personnes mortes à la suite de maladies contagieuses. Il y aurait également quelque danger à faire entrer ces corps des contagieux externes dans un hôpital, fût-ce même dans la salle des morts où les familles viennent i-econnaître les corps de leurs parents avant l'inhumation. Ce qui semble donc le plus simple et le plus pratique en pareil cas, c'est la mise en bière d'urgence, sur l'avis et la prescription du médecin de l'état civil, et l'inhumation rapide, dès la première apparition des signes certains de la mort. Les circulaires du 1^'' juillet 'J836 et du 30 octobse 1888 indiquent les précautions à prendre en pareil cas (aspersion de chlorure de chaux dans la bière); elles donnent le droit et même imposent le devoir d'intervenir dans l'intérêt de la santé publique.

Plusieurs rapports (P'' et IX« arrondissements) rappellent le danger des flots de poussière que les balayeuses mécaniques ou à la main soulèvent dans les rues par les temps secs. Ces poussières, qui peuvent renfermer les germes les plus dangereux (de la tuberculose, de la diphtérie, coli-bacille, etc,), retombent sur les substances alimentaires, la viande, le pain, les fruits, les légumes, le lait, le beurre, le fromage, etc., exposés dans les boutiques; elles pénètrent dans les appartements, dans la bouche et les narines des promeneurs. Le danger est évident. On demande depuis longtemps que le balayage des rues soit toujours précédé d'un arrosage. La Commissisn du I" arrondissement a donc eu parfaitement raison d'attirer sur ce point la sollicitude de l'Administration, et nous espérons que M. le Préfet de la Seine, qui a été saisi de la question, s'eflbrcera de faire cessera la fois cette incommodité et ce danger.

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Tout aussi légitime est le vœu exprimé au IV» arroudissemeut, couccruaut « l'eulèvenuMit fréquent des i'uuiiers et crottin aux points de station des voitures, d'aijord au point de vue hygiénique et l'on pourrait dire aussi au point de vue humanitaire. Il est pénible de voir le mal ([n'éprouvent les chevaux pour démarrer ; ils piétinent dans une boue huileuse et plissante à tel point que les pavés euxmêmes en parais.scnt saturés ».

Les docteurs Pentray et Miquel signalent de nouveau les odeurs infectes que répandent les voitures de transport des déchets, os de boucherie, triperies, charcuteries, etc. ; ils regrettent que M. le Préfet de la Seine n'ait pas imposé aux bouchers et charcutiers l'immersion des déchets dans la solution de chlorure de zinc à 2 0/0 que le- Conseil d'Hygiène préconise sur le rapport de M. Nocard.

M. le Préfet de la Seine a été obligé de se conformer à la jurisprudence traditionnelle des conseils de préfecture, de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat qui ne permet pas à l'autorité de spécifier le moyen de faire cesser une cause d'insalubrité. Il en résulte que l'arrêté du 12 mai 1896, qui recommande l'emploi du chlorure de zinc, reste lettre morte, les bouchers ayant le droit de choisir n'importe quel autre agent chimique ou de l'emplacer l'immersion dans ce liquide par l'aspersion d'un désinfectant désormais illusoire. Cette doctrine, très respectable mais un peu byzantine, est faite pour décourager et annuler tous les efforts des hygiénistes. Il y a lieu, toutefois, de rappeler à la Commission du III" arrondissement que, d'après l'article 267 de l'ordonnance de police du 31 août 1897, les voitures qui transportent ces débris ne peuvent circuler que pendant la nuit, jusqu'à 8 heures du matin en été et 10 heures en hiver.

Cette année encore, on se plaint de l'incommodité et du danger qu'occasionnent les fêtes foraines et les agglomérations de forains. La Commission d'hygiène du XIX" arrondissement (Buttes-Chaumonl) demande « la disparition des fêtes foraines, foyers d'infection, ou tout au moins une réglementation sévère ». Celle du XX" (Ménilmontant) attire l'attention de M. le Préfet « sur les dangers de l'agglomération des roulottes de forains ou saltimbanques sur certains terrains de l'arrondissement où s'établissent ainsi, durant plusieurs mois, de véritables colonies de nomades d'une malpropreté très pernicieuse pour nos concitoyens. Des mesures énergiques sont réclamées pour oi)ligei' ces colonies à .se pourvoir préalablement d'installation d'eau de sounuî et de rivière, de canalisation pour les eaux usées, de fosses et cabinets d'aisance, voire même d'imperméabilisation du sol, néces-

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sairos à d'aussi imporlants tii'oiipemeiils, ot pour éviter toute contaniiuatiou parliculièrcnieut liaiigci-euse eu de telles promiscuités. »

Il uous semble que ce ue sont pas les Ibraius, hôtes de passage, qui doivent « préalablement » amener l'eau, établir la canalisation, les rosses et les cabinets d'aisance dans les emplacements visés; c'est au propriétaire du terrain qu'incombent ces ol)ligations, et le Conseil a adopté, le 9 avril 1897, les conclusions du rapport que nous lui avons présenté dans ce sens.

L'on peut, dans une certaine mesure, ratlaclier aux spectacles forains les exhibitions de jeunes enfants sous le couvert de cette dénomination : concours de bébés. M, le D"" Dufournier montre le danger que ces expositions font courir aux enfants du premier âge. Au XVP arrondissement (Passy), la dernière exhibition de ce genre s'est tenue dans la salle d'un estaminet. De plus, les nourrices .sont encouragées par ces concours à pousser d'une façon abusive la nourriture des enfants, et ceux-ci, après une péi-iode d'embonpoint exagéré, peuvent présenter des dérangements du tube digestif ou des troubles de nutrition sérieux. La Commission demande à l'Administration de refuser à l'avenir son autorisation aux entreprises analogues, qui rappellent lui peu trop les concours d'animaux engraissés en vue de la boucherie.

Les règlements actuels autorisent la Compagnie des Eaux à suspendre le service de distribution dans une maison tout entière pour défaut de paiement régulier soit pai' le propriétaire actuel soit par l'ancien propriétaire. Depuis longues années les locataires protestent contre une mesure aussi contraire aux intérêts de la salubrité, et même de la sécurité publique en cas d'incendie. La Commission d'hygiène du XVIP arrondissement trouve le droit exorbitant et 'injuste. Les locataires sont, de ce fait, rendus responsables et victimes de la non-exécution d'une obligation qui ne leur incombe pas; de plus, cette pratique est absolument déplorable au point de vue de l'hygiène et de la salubrité, puisqu'elle prive les locataires de l'eau indispensable aux usages domestiques et à l'entretien en bon état de propreté de l'immeuble. L'eau sert, en effet, au Invage des cabinets d'aisance et en particulier dans les maisons où fonctionne le tout à l'égout ; si l'eau ne coule plus, c'est là un foyer d'infection qui devient dangereux. L'on part de ce principe que le Service des Eaux de soiu'ce est un service public de première nécessité au point de vue de l'hygiène et de la sécurité publique, que la suppression de ce service constitue une entrave à l'exécution de la loi du 10 juillet 1894 relative à l'assainissement de Paris et de la Seine. A l'unanimité

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(le ses membres, la Commission a émis le \œu que le droit accordé à la Compagnie dos Eaux soit siispoiuiu, cl (lu'à défaut de paiement on procède, comme le l'ait l'État pour le recouM'cment de l'impôl foncier, par tout autre moyen de droit commun.

Ce vœu nous semble parfaitement justifié au point de vue de l'hygiène; reste à savoir si M. le Préfet de la Seine à qui il a été transmis pourra concilici- les nécessités de la salubrité publique et privée avec les exigences du contrat passé avec la Compagnie des Eaux.

Nous ne pouvons laisser passer sans y répondre une réclamation produite par plusieurs Commissions d'hygiène et qui ne nous paraît pas fondée. Les membres se plaignent de ce que, lorsqu'ils vont visiter un établissement ou un emplacement pour lequel on demande une autorisation, ils constatent souvent que l'autorisation a déjà été accordée, que l'établissement fonctionne et est depuis quelque temps en pleine activité. « Il conviendrait donc, dit le rapporteur, de prévenir la Commission assez tôt pour qu'elle puisse donner à temps son opinion, et quand on la lui a demandée, d'attendre qu'elle l'ait donnée avant d'aceorder l'autorisation. »

Chacun des membres du Conseil d'bygiène de la Seine a pu constater que le dossier revient parfois au Conseil sans l'avis de la Commission d'hygiène de l'arrondissement intéressé, alors que les avis des services de l'Architecture et des Etablissements classés sont fournis depuis plus d'un mois. L'habitude constante des membres du Conseil est d'aller visiter dans la quinzaine l'établissement projeté et de présenter le rapport définitif à la séance qui suit immédiatement la réception du dossier. Si donc le membre enquêteur de la Commission d'arrondissement trouve parfois l'établissement déjà autorisé et en plein fonctionnement, c'est que sa visite a eu lieu avec un retard de près de deux mois. Et pourtant la demande d'avis est adressée en même temps à tous les services. La vérité est que les séances du Conseil d'hygiène ont lieu régulièrement tous les quinze jours, tandis que celles des Commissions d'hygiène sont tout au plus mensuelles, et que parfois même il n'y en a que sept à huit par an dans certains arrondissements. Dans l'état actuel, il s'éconleun délai de deux ou trois mois entre la demande et l'arrêté d'autorisation; déjà les industriels se plaignent, un plus long i-etard serait préjudiciable à leurs intérêts.

M. Beurdeley, maire du VIII^ arrondissement, soulève dans son rapport une question de droit assez importante. D'après lui, la

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Commission (riiyf^iène, consultée sur la suite à donnor aux demanrks d'autorisation pour des établissements industriels, n'aurait point à intervenir en ce qui concerne l'incommodité et la sécurité publique; elle n'aurait à l'épondrc qu'en ce qui concerne à proprement parler riiygicne et la salubrité, le reste ne la regarde pas. « C'est ainsi que la Commission a été amenée à se déclarer incompétente dans deux enquêtes relatives l'une à l'ouverture d'un atelier de serrurerie, l'autre à l'établissement d'un marteau-pilon.

Cette doctrine ne nous paraît pas admissible. En principe elle est en contradiction avec la lettre de l'article 6 du décret du lo décembre 1851, disant que les Commissions d'bygiène peuvent être consultées sur les cas déterminés par l'article 9 du décret du 18 décembre 1848 qui a créé les Conseils d'hygiène. Cet article 9 dit que les Commissions sei'ont consultées sur les demandes en autorisation, translations ou révocations des établissememts dangereux, insalubres ou incommodes. Le danger d'incendie, Tincommoditépour le voisinage causée par le bruit d'un marteau-pilon, etc., rentre donc bien par définition dans les préoccupations des Commissions ' d'hygiène. C'est pour cela qu'elles doivent comprendre des ingénieurs, des architectes, et, à leur défaut, des mécaniciens, des directeui'S d'usines ou de manufactures (article 3). Les Conseils d'hygiène et de salubrité pourraient de la même façon élever la prétention d'incompétence en ce qui concerne la sécurité, le bruit, les mauvaises odeurs quand elles ne sont pas insalubres, le trouble apporté dans la jouissance des droits des voisins. D'ailleurs est-ce que le bruit d'une scierie ou d'un atelier de serrurerie, les trépidations causées par un marteau-pilon ne peuvent pas troubler la santé des voisins par l'ébranlement nerveux, la privation de repos ou de sommeil? Il faut reconnaître que jusqu'ici aucun Conseil ni aucune Commission d'hygiène des vingt arrondissements de Paris n'a allégué son incompétence en ces matières. Il serait intéressant de connaître la suite qui a été donnée par l'Administration à la déclaration d'incompétence, dans les deux enquêtes auxquelles fait allusion le très distingué et très zélé maire du VHP arrondissement.

L'on sait combien l'hygiène publique est intéressée à la suppression des tueries particulièi-es, où Y éplueharje des pdiVlies avariées des viandes provenant de bêtes malades peut se faire à l'abri des regards trop curieux. Les tueries privées sont supprimées de droit par le fait seul qu'il existe un abattoir public dans la connnune. M. le D"" Hellet, maire de la commune de (^lichy, avait demandé en 1890 raulorisation d'étciulrcà cette commune lo périmètre derabatloirdeLevallois-Perret.

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