‹ La vaccination et la variole dans l'armée italienne [electronic resource]Chapitre 3 sur 17 · INSTALLATION COMPLÈTE DE SALLES D'OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

INSTALLATION COMPLÈTE DE SALLES D'OPÉRATIONS

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PROPHYLAXIE DU PALUDISME. 22:> meure dans cette zone dangereuse, et ce sera l'acile, iuiis(|u'elle est aussi strictement limitée.

Ift/diêne des villes. — En partant de ce principe, le devoir des municipalités est d'écarter des habitations les eaux stagnantes, c'est-à-dire d'assurer un écoulement rapide et continu aux eaux ménagères. C'est là leur premier devoir et le plus naturel ; mais encore, il ne faudrait pas, sous prétexte d'embellissement de la ville et pour l'agrément des habitants, établir au milieu des habitations, des jardins de plaisance, ce fameux square tant révé, tant désiré, avec son petit bassin orné, si la ville est riche, d'un jet d'eau. Toute ville, au contraire, située dans un pays à malaria doit écarter d'elle les plantations humides et les bassins inutiles. Si vous voulez un jardin de plaisance, mettez-le à quelques centaines de mètres de la ville, i-eliez-le à celle-ci par une ou plusieui's avenues plantées d'arbres de chaque côté.

Si, en ville, vous voulez avoir de la fraîcheur, ne la demandez pas à des plantations; il faudrait que, dans les villes des pays chauds, l'architecture, s'inspirant des nécessités locales, se décidât à ne plus construire des maisons de tous points semblables à celles qu'il est logique d'édifier dans le nord de la France, mais qui, dans les pays chauds, sont un véritable contresens, aussi bien pour ceux qui y habitent, que pour les personnes qui circulent dans les rues quand le soleil y darde ses rayons les plus chauds. A défaut que les rues soient aussi tortueuses qu'elles le sont dans les villes indigènes, disposition que nos habitudes de circulation à grande vitesse ne sauraient admettre, on pourrait au moins s'astreindre à pourvoir les principales rues d'une ou deux rangées d'arcades de chaque côté.

Lorsque une ville située au pied d'une côte doit s'étendre, c'est vers la iiauteur qu'il faut la conduire. Ceci regarde aussi bien les municipalités que les particuliers, car chacun y trouverait son bénéiice. L'expérience des saualoria situés sur les hauteurs a déjà été faite dans beaucoup de colonies anglaises, et les excellents i-ésultats obtenus plaident dans ce sens.

Quand un village, un centre agi-icole est à ci'éer, ce ne sera presque jamais au centre de la vallée qu'il faudra le pose)-, mais bien sur une des côtes voisines. Kien n'empêchera le colon, le cultivateur de travailler toute la journée dans les terrains bas, pourvu U' soir \ciiaiil, il iviilrc chez lui dans uii endroit sain. Il \

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aiii'ii, (liroz-vous, uik; dirCiculté tlo plus pour ;ivoii- sur la liaulenr l'ciui nécessaire à l'aliiiicnlalion des lial)ilauls, mais la santé de ceux-ci vaut bien quelques sacrilices pécuniaires, et, dans les climats chauds où les règles de l'hygiène sont plus encore de riguenique partout ailleurs, c'est mal comprendi-e les intérêts de chacun que d'alimenter les habitations par des puits peu profonds oii forcément vont se rendre quantité de déchets de l'exislence journalière.

Ce qui s'applique aux villes en général est natuix'ilement aussi vrai pour des constructions publiques destinées à abriter un grand nombre d'individus. Ainsi, ne construisez pas une caserne dans un bas-fond, au voisinage d'une rivière tortueuse, à cours ralenti et couverte de plantes aquatiques; .sous prétexte d'économies sur l'ordinaire, n'entourez pas non plus la caserne de jardins potagers avec tous les réservoirs d'arrosage qu'ils exigent.

Habilaliona privées, fei'mes ou exploitations. — Les mêmes raisons doivent guider chacun dans le choix d'un emplacement pour y bâtir une maison ou une ferme.

Pour un logement, ne vous laissez pas séduire par une maison bien entourée d'arbres, ayant un ou plusieurs jardins et quelquefois aussi une cour intérieui'e plantée. Le coup d'œil est charmant, mais les conditions hygiéniques sont mauvaises, et vous risquez d'y prendre la fièvre intermittente.

Choisissez plutôt une maison dans le style arabe, c'est-à-dire ayant une cour intérieure avec des galeries sur lesquelles les chambres prennent jour et air. Par Textérieur, peu ou pas de fenêtres. C'est l'architecture et non la nature qui doit nous protéger contre la chaleur.

Pour construire une ferme ou une maison d'exploitation, il ne faut pas penser que l'endroit le plus propice sera le centre même de la propriété, auprès du cours d'eau qui la traverse. Mieux vaut choisir un endroit dénudé, à qucl([ue distance de là, et surtout, si la nature des lieux s'y prête, un peu sur la hauteur. De là, vous surveillerez aussi bien toute la propriété et vous serez à l'abri dos pi(irii'('s dangereuses.

On pouri'ait trouver déplaisant que la nuiison d'habitation soi! forcément dans un lieu déinidé. 11 est pourtant po.ssiblo, à condilion d(! clioisir d'une fa(;on judicieuse les espèces d'arbres à planter, d'avoir de l'ombre, mais sans entourer la maison d'arbres qui

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( xi-ïent beaucoup d'huiuidité. Eu Algi-ric, par cxouiplo, on poiiiTail avoir sans danger soit des pins, soit des oliviers, soil tout autres espèces d'arbres auxquelles convient un terrain sec.

U faudra pourtant bien, au voisinage de la maison, ou dans la maison même, un ou plusi(!ui's réservoirs, niais vous pourrez quand même vous metti'e à l'abri des mousti([ues; l'eau d'alimentation sera emmagasinée dans un i-éservoii- couvert. L'eau y sera d'abord à l'abri des moustiques venus de l'extérieur pour y pondre, puis, si (fuelques œufs ou quelques larves s'y introduisent par hasard, ils n'y trouveront pas leur subsistance, car la plupart des plantes aquaiitiuesne se développent pas à l'obscurité.

Peut-être ne sera-t-il pas possible, si l'on habite une maison (|ui existe depuis longtemps déjà, d'y apportcn- les modifications voulues, mais on pourra toujours prendre quelques précautions indispensal)les. Ainsi, dans les petits bassins d'arrosage qui entourent la maison, il est assez facile d'éviter le développement des larves de moustiques en y versant quelques cuillerées de pétrole. Il se forme à la surface une mince couche huileuse qui suffit à empêcher les larves (le moustiques de venir respirer et elles sont bientôt asphyxiées. A cette faible dose, le pétrole n'est pas nuisible à la végétation. Un autre moyen très bon encore mais qui demande plus de soin, est de tenir les bassins dans un état d'extrême propreté, d'en changer l'eau souvent et de souvent les curer.

Hyoiène de l'individu. — Pour l'hygiène particulière de l'individu, quelles sont les précautions à prendre? Eviter de se promener après le coucher du soleil au voisinage des lieux marécageux et surtout d'y coucher. Ainsi, nous recommandons de choisir, comme lieu de campement pour la troupe, des endroits secs et élevés. Ola ne veut pas dire qu'on devra camper dans des endroits absolument dénudés. Dans les pins, sous les oliviers, il peut y avoir assez d'ombre dans la journée sans qu'on soit en danger pour la nuit. Le ciiasseur et 1(î promeneur devront quitter les lieux humides et marécageux avant le soir. Si en(iu, par suite de circonstances particulières, ou est obligé de passer la nuit dans un endroit marécageux, ne pas hésiter à s'envelopper d'une moustiquaire, quels que soient les incouvéïiieuts apparents de cet appareil qui semble gêner la libre respiration du doi'iueiir.

Tiîlles sôilt les réilexions que f(uil iiaîlre les travaux iu,riaiil siii' le

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rôle (les moiistiiiiies dans la Ifaiisiiiission du paludisme. Il peiitscni- Ijler à premiî're vue puéril d'allrilnier un rôle aussi iniporlaul à d'aussi menues bestioles ! Peut-être le paludisme se transmet-il également par un autre procédé, mais celui dont nous venons de nous occuper semble le plus banal. 11 est intéressant à connaître parce que la lutte contre la fièvre intermittente va devenir relativement l'acile.

11 faut espérer que bientôt nous aurons la démonstration rigoureuse, indiscutable du passage du microbe de la malaria par lecorps du moustique. Il ne faut pourtant pas s'étonner beaucoup de voir incriminer un insecte comme agent de transmission d'une maladie. Dei'nicrement, M. Simond publiait dans les Annales de l'inatilul Pasteur '^ un long travail d'après lequel la peste se ti-ansmettrait à rbomme d'une fac-on fort analogue.

En fait de transmission à deux degrés, les stades par lesquels passent le tiienia et l'échinocoque sont encore plus curieux.

En développant pour un certain nombre de maladies les quebpies rollcxionsquc nous venons d'exposer, on pourrait écrire un véritable traité d'iiygiène des pays chauds, avec des conceptions assez neuves et très pratiques.

Par le D' RIDOLFO LIVL

C;ipila'.iio médecin, membre de l'Institut iiit'M-national de stalistiiiuc.

La Statistique médicale de l'armée italienne fournit, depuis un grand nombre d'années, des données très importantes sur les vac-

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