‹ La vaccination préventive contre la tuberculose par le "BCG,"Chapitre 42 sur 116 · A. — CULTURES · texte numérisé non relu

A. — CULTURES

La souche BCG qui a servi à toutes nos expériences sur les rongeurs de laboratoire et sur les singes et qui est utilisée, soit pour la vaccination des jeunes bovins, soit pour celle des jeunes enfants, est directement issue du deux cent trentième réensemencement d'un bacille virulent, d'origine bovine, sur pomme de terre imprégnée de bile de bœuf glycérinée à 5 %.

Ce milieu, extrêmement alcalin et riche en lipoïdes {cholestérine 0 gr. 410 à 0 gr. 813 %< ; lécithine et savons neutres 0 gr. 690 à 1 gr. 317) est, de tous ceux que nous avons essayés, le seul qui nous ait donné le résultat que nous cherchions. Il nous a permis de modifier peu à peu, graduellement, la constitution physico-chimique du bacille, sans nuire à sa vitalité ni à ses propriétés antigènes, comme le fit jadis Pasteur pour la bactéridie charbonneuse qu'il priva, par la culture en séries successives à la température de 42°5, de son aptitude à former des spores.

Nos cultures sur bile, commencées en 1906, réensemen-

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cées tous les quinze jours sur le même milieu, se montraient de moins en moins tuburculigènes. Au bout de quatre années, elles n'étaient plus virulentes pour le bœuf ni pour le cobaye. Elles l'étaient encore pour le cheval et pour le lapin.

Après deux cent trente cultures successives faites en treize années, dans des conditions identiques, à 38°, notre bacille avait perdu toute aptitude à provoquer la formation de tubercules réinoculables.

Il était devenu avirulent pour tous les mammifères domestiques (cheval, bœuf, mouton, chien, lapin, cobaye, rat, souris) et aussi pour les oiseaux de basse-cour (poule, pigeon). On pouvait en injecter des quantités considérables, en émidsions suffisamment fines et homogènes, soit dans la circulation veineuse, soit dans le péritoine, ou en faire absorber par voie buccale aux animaux non tuberculeux, sans qu'il se forme, dans l'organisme ainsi infecté, la moindre lésion tuberculeuse évolutive.

A partir de ce deux cent trentième passage en milieu bilié, la culture a été entretenue sur pomme de terre + bouillon glycérine ordinaire, ou sur le milieu synthétique de Saut on. Nous prenons soin toutefois de reporter la semence deux fois de suite sur pomme de terre biliée après chaque série de dix cultures successives sur pomme de terre glycérinée ordinaire ou sur Sauton. Nous pensons ainsi maintenir plus sûrement la stabilité de la race et lui conserver, en même temps que ses caractères essentiels d'avirulence, son aptitude à émulsionner plus aisément.

La culture sur pomme de terre biliée offre un aspect très particulier. Elle ressemble à une culture de morve. Déjà, huit ou dix jours après l'ensemencement (qui doit être largement effectué en écrasant bien la semence sur toute la surface du milieu, avec une spatule de platine ou de nickel), elle forme des amas crémeux luisants, de couleur brun verdâtre, qui s'épaississent jusqu'aux environs du vingt-cinquième jour, puis cessent de croître.

Reportée sur pomme de terre + bouillon de veau gly-

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