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C. — CARACTERES PHYSICO-CHIMIQUES

Ils ont été étudiés à l'Institut Pasteur par Albert Bekthelot, parallèlement sur les microbes provenant de pommes de terre + bile, glycérinées, et sur des microbes provenant de pommes de terre + bouillon glycérine ordinaire.

Les bacilles, lavés à fond avec de l'eau distillée, puis desséchés dans le vide, ont été épuisés successivement par l'alcool absolu, l'acétone et le dichloro-éthylène dans l'appareil de Kumagava. La pesée des extraits obtenus avec divers solvants a donné les résultats suivants :

Bac. bovin virulent Bac BCG.

Extrait alcool absolu, pour 100 gr. de b. secs. . . . 31,85 30,75

— acétone — — .... 1,42 1,78

— dichloro-éthylène — — 1,98 0,80

— total — .... 35,25 33,33

D'après ces chiffres, il y aurait donc peu de différences quantitatives entre les deux souches bacillaires au point de vue de leur teneur en graisses, cires et lipoïdes.

En partant de bacilles des deux souches, cultivés sur le milieu de Santon, A. Berthelot a préparé, en utilisant les mêmes solvants que ci-dessus, deux poudres qui, reprises par le même volume d'alcool à froid (2 gr. 25 de bacilles de chaque souche pour 22 c. 5 d'alcool), placées dans deux ballons de quartz nettoyés aux acides, à la soude, à l'eau distillée et à l'alcool, et examinées en lumière de Wood, se différenciaient nettement dans le rayonnement ultra-violet filtré par un écran de verre à l'oxyde de nickel.

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La fluorescence de l'extrait du bacille bovin se présentait comme une opalescence teintée de violet lilas, tandis que l'extrait de BCG était plus nettement opalescent, mais d'une teinte légèrement verdâtre.

Comme la variation de certaines propriétés du bacille bovin normal résulte de nombreux passages dans un milieu très alcalin (pH = 8,7) riche en sels biliaires et en savons (c'est-à-dire sous l'influence de facteurs qui modifient profondément la tension superficielle), il était tout indiqué d'examiner à cet égard des suspensions aqueuses préparées en additionnant 50 centimètres cubes d'eau distillée de 1 centimètre cube d'extrait alcoolique de bacilles, soit normaux, soit biliés. Avec de tels liquides, le nombre de gouttes fournies par 5 centimètres cubes, au comptegouttes de Duclaux, a été le même dans les deux cas ; mais il est possible que, dans d'autres conditions, on obtienne des résultats différents.

D. — COLORABILITÉ DES ÉLÉMENTS BACILLAIRES

DU « BCG »

Les bacilles BCG gardent leurs caractères originels d'acido-résistance et de colorabilité par le procédé de Ziehl. Ils sont seulement plus grêles, plus longs et plus granuleux que les bacilles bovins cultivés sur les mêmes milieux.

E. Darzixe a appliqué à leur étude, dans notre laboratoire, la méthode d'imprégnation à l'argent suivant la technique de Levaditi, modifiée par Fontana-Tbibondeatj.

Il a opéré de la manière suivante :

Les bacilles étaient lavés à l'eau chaude additionnée d'une trace de formol, puis centrifugés. Le dépôt de centrifugation, étalé sur lames bien propres, était fixé par un

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mélange en parties égales des deux solutions suivantes :

Solution I. Acide acétique 1 ce.

Formol 1 ce.

Eau distillée 98

Solution II. Acide phéuique 0 gr. 5

Tanin 6 gr. 5

Eau distillée 93 (filtrer)

On chauffe jusqu'à apparition de vapeurs. On lave à fond avec de l'eau distillée, puis on traite pendant cinq à vingt secondes par une solution de nitrate d'argent ammoniacal (préparée en ajoutant, à une solution de nitrate d'argent à 1 %, de l'ammoniaque en quantité suffisante pour redissoudre le précipité qui se forme).

Colorés par cette méthode, les bacilles provenant d'une culture jeune d'origine humaine se présentent pour la plupart avec une membrane noire ; le contenu est teinté en jaune. Ils sont parfois entourés d'une substance homogène colorée en jaune.

Si, avant la coloration, on plonge la préparation dans du xylol ou de l'alcool, la plupart des bacilles traités ensuite par l'argent ne prennent plus la coloration noire ; ils se colorent alors uniformément en jaune. Lorsqu'on immerge des préparations, déjà colorées en jaune, dans une solution de formol à 15 %, on voit disparaître d'abord la coloration jaune de la substance homogène, puis la coloration jaune ou brune de la paroi microbienne. Mais les bacilles dont les contours se dessinent en noir se décolorent lentement, quelques-uns même résistent à l'action du formol.

Lorsqu'on emploie une solution d'acide phéuique concentrée à plus de 0 gr. 5 % (sol. II), la membrane des bacilles devient perméable et ne retient plus l'argent. Les bacilles ainsi traités se colorent uniformément en noir ou en brun. Le même phénomène se produit lorsque le temps d'imprégnation dépasse vingt secondes.

Dans les vieilles cultures, on ne rencontre que de rares bacilles dont la membrane entière se colore en noir. A

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l'intérieur de ces bacilles, on distingue des corpuscules ronds, noirs, entourés d'une masse jaune. La plupart de ces corpuscules sont libres et ils résistent à l'action décolorante du formol.

Les bacilles du type bovin se comportent comme les bacilles du type humain, sauf que la formation des corpuscules et la désagrégation des bacilles se font plus lentement.

L'imprégnation à l'argent des bacilles BCG conduit à un résultat tout autre. Le BCG se présente sous la forme de filaments allongés, colorés en jaune, dépourvus pour la plupart de membrane noire. L'argent se trouve réparti uniformément dans tout le contenu cellulaire, comme on l'observe avec les bacilles ordinaires traités par une solution concentrée d'acide phénique. La membrane, qui a persisté chez quelques rares individus, semble plus mince que la membrane des bacilles tuberculeux ordinaires.

Le BCG prend la coloration à l'argent, même sans traitement préalable par la solution I, résultat qu'on n'obtient pas avec les bacilles ordinaires. A la suite d'un traitement rapide, soit par le xydol, soit par l'alcool, la coloration noire, qu'on rencontre chez quelques-uns des bacilles, s 'efface complètement. Le formol, enfin, décolore tous les bacilles, même ceux dont la paroi était teintée en noir.

La coloration argentique noire est-elle limitée à la membrane ciro-graisseuse ? Il semble plutôt qu'elle intéresse l'ectoplasme, comme l'indique Gutsteix (1).

(1) Ccntr. f. Baie. 1. abt. Orig., 1924, XCIII, p. 233, et 1925, XCIV, p. 14.

A. — TOXICITE DES CORPS MICROBIENS

ET DE LA TUBERCULINE DU « BCG »

PROPRIÉTÉS ANTIGÈNES

A. Borrel, L. Boez et A. de Coulon (1), ont étudié comparativement la toxicité des corps microbiens provenant de diverses souches de bacilles. Ils mesuraient cette toxicité par inoculation intracérébrale et sous-cutanée, pour le cobaye sain et pour le cobaye tuberculisé, avec une origine humaine ou bovine.

Ils ont ainsi trouvé qu'elle était sensiblement égale avec le BCG, avec la bovine « Vallée » et avec une humaine dite « Jacob », de sorte qu'il n'y a aucun doute que des bacilles complètement privés de virulence, comme le BCG, peuvent être aussi toxiques que les bacilles provenant de souches très virulentes. Cette toxicité se manifeste avec la même netteté chez les animaux sains que chez les animaux tuberculisés.

Les mêmes expérimentateurs ont déterminé la toxicité respective des tuberculines produites par le BCG, la bovine « Vallée » et l'humaine « Jacob », dans le même milieu de

(1) Annules de l'Institut Pasteur, 37, cléc. 3923, p. 1012.

culture et dans le même temps pour les cobayes tuberculisés depuis cinquante jours.

En exprimant le degré de toxicité des tuberculines par la quantité de cette substance nécessaire pour tuer le cobaye en moins de huit heures, on trouve que le BCG- et l'humaine Jacob sont équivalentes et moitié moins actives que la tuberculine produite par la bovine Vallée.

Il n'y a donc aucun parallélisme entre V aptitude à produire de la tuberculine et la virulence.

Le BCG est, à la fois, toxique et producteur d'une tuberculine active, quoiqu'il soit complètement dépourvu de virulence.

On ne saurait donc être surpris qu'il soit, ainsi qu'en témoignent nos recherches, un très actif producteur d'anticorps, et que, comme l'ont établi A. Boquet et L. Nègre (1), il sensibilise les cobayes à l'inoculation intradermique ultérieure de bacilles de Koch vivants ou morts et à la tuberculine.

Une seule injection sous-cutanée de 1 milligramme de BCG suffit pour engendrer la sensibilité tuberculinique. Des lapins inoculés par voie veineuse avec 10 milligrammes, 1 milligramme, 0 mgr. 01 ou 0 mgr. 001 de BCG (quarante mille bacilles) ont réagi, du huitième au quinzième jour, par une hyperthermie supérieure à 1°, à l'injection, par la même voie, de 0 ce. 04 de tuberculine brute. Cette sensibilité fait quelquefois défaut chez les animaux inoculés avec de très faibles doses de BCG (0 mgr. 0001 à 0 mgr. 001), mais, quand elle s'est manifestée, elle peut persister plus de huit mois.

L'injection intraveineuse de 10 milligrammes de BCG provoque, chez le cheval sain, une hyperthermie qui débute le deuxième jour, atteint 2°5 le huitième jour et diminue ensuite progressivement pour disparaître le douzième jour. Deux mois après, une nouvelle injection intraveineuse de 5 milligrammes des mêmes germes est suivie, dès la dou-

(1) Annales de l'Institut Pasteur, 40, janvier 1926, p. 11.

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zième heure, d'une ascension thermique brusque qui atteint son maximum le troisième jour et cesse le neuvième jour. Après chaque injection bacillaire, la réaction fébrile devient plus précoce et plus brève, mais son incubation n'est jamais inférieure à deux heures.

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