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ÉRUPTIONS CUTANÉES

Les émptions eczémateuses, wipétigineusès et ecchymateuses, tout en étant rares, se produisent chez des individus prédisposés ; de plus, elles ont une grande tendance à se généraliser. Elles apparaissent le plus souvent pendant la pustulation vaccinale ou peu après, et de préférence chez les jeunes enfants.

A l’époque actuelle de la science, il n’est pas encore possible d'affirmer la part qui revient au virus vaccinal dans toutes les éruptions cutanées.

Le miciobe du vaccin agit pcut-etre en exaspérant la virulence des nombreux microbes répandus à la surface de la peau. Mais, le parasitisme cutané n’est pas encore bien connu malgré les recheiches de Nuna, Bordoni, Bizzogno, Quinquaud.

Nous verrons plus loin les nombreux microbes que l’on a rencontrés dans le vaccin, parmi lesquels se trouvent les staphylocoques divers.

Escherich a toujours retrouvé les micro-organismes pyogènes dans les couches superficielles du derme ; pour Welsch, la désinfection absolue de la peau n'est pas possible, et, selon lui, le staphylococcus epidermis albus résisterait à tous les lavages et brossages. Mora et Tavel sont du même avis.

Les microbes pathogènes et pyogènes seraient donc d’une façon normale les hôtes de la peau,

Dklühfl et Cozkttk - La Vaccina et I» Vaeeinalion 5

COMPLICATIONS DE LA VACCINE

pouvant demeurer longtemps inactifs, et se réveiller sous une influence quelconque en acquérant une virulence nouvelle et plus grande. Pasteur a démontré d’ailleurs la possibilité pour un virus atténué d’acquérir une virulence plus grande ; les associations microbiennes peuvent aussi augmenter la nocuité des différents microbes associés.

Différentes épidémies d’impétigo vaccinal ont été observées : ce sont celles de Rugen (i885), de Sedow (i885). d’Eiderstedt (1886), d’Eberfeld (1887), en Allemagne. On a incriminé dans ces cas un principe étranger au vaccin. En France, Dumontpallier avait déjà émis cette opinion en 1876, dans ses éludes sur le pemphigus d’origine vaccinale. *

Selon le Dr Perron, de Bordeaux, Y impétigo vaccinal est une éruption généralisée qui produit de la fièvre et donne naissance à des bulles, dont la grosseur varie du volume d'un pois à celle d’un centime, qui apparaissent sur le visage et moins abondamment sur le tronc et les membres.

Cette éruption se communique directement et localement sous celte forme d’une personne à une autre. D’autres épidémies d'impétigo vaccinal eurent lieu dans le cercle de Schlawe, en 1887, dans le cercle de Clèves, et à Eichewald, dans le cercle de Messcrilz.

Mais, toutes les vaccinations qui produisirent

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ces dernières épidémies avaient été faites avec de la lymphe animale conservée.

L’immunité vaccinale n’est pas de longue durée chez les vaccinés qui ont subi ces accidents, car la réceptivité vaccinale existe de nouveau quelques mois plus lard, ainsi que l’a prouvé Oumontpallier.

Kaposi, Payn, GilTaud, Radeiiffe, Crucber, Koch et d'autres ont trouvé, dans le contenu des vésicules d’impétigo, des champignons et des cocci réunis en groupe.

Vaccines ulcéreuses. Vaccines chance if orrnes. Parfois, d’autres accidents se produisent : à la pustule vaccinale succède une ulcération, qui, par ses caractères, peut donner le change, et taire croire à la syphilis. Aussi, a-ton désigné encore la vaccine ulcéreuse sous le nom de vaccine ehancriforme, pseudo-chancre vaccinal, vaccine ecthymato-ulcéreuse (Leloir). *klle apparaît le plus souvent du huitième au quinzième jour chez des enfants jeunes, chétifs, malingres, scrofuleux. Cependant elle a été constatée dans la deuxième enfance, et chez des enfants de la campagne, vigoureux et robustes, comme le témoigne l’épidémie de la Motle-aux- Hms, en France, étudiée en 1889, par Leloir et Jlervieux. Sur trente-huit enfants vaccinés, trente-sept furent atteints; les vaccinations avaient été faites avec du vaccin humain. L’ul-

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céralion était arrondie comme une pièce de cinquante centimes et présentait, au toucher, la dureté d’une rondelle de cuir; elle s’accompagnait chez quelques-uns d’adénopathie. Mais, il n’y eut pas d’accidents consécutifs dans la limite de temps assignée à la période secondaire de la syphilis : ce dernier diagnostic fut donc heureusement éliminé. Dans la discussion qui eut lieu à l’Académie de Médecine, le 3 décembre 1 88c> , sur cette épidémie, Vidal rappela que, d’après les expériences de Pourquier, de Montpellier, le vaccin de génisse, devenu blanchâtre et trouble, contient des microbes spéciaux, des microcoques, dont l’inoculation produit sur la génisse des accidents analogues à ceux de la Motte-aux-Bois. Hervieux avait aussi rappelé précédemment qué le vaccin animal est facilement putrescible. La vaccination, toute simple que soit l'opération, peut encore être la voie d’introduction d’autres microbes dans l’organisme humain, d’agents ssptico-pvohémiques et s'accompagner alors d’accidents locaux et généraux plus ou moins graves.

Alors, on observe des dermites, de la lymphangite, des adénites, parfois suivies d’abcès, des phlegmons simples ou diffus, de l’érysipèle, de lagangrène foudroyante (llutchinson en a publié un cas), de la septicémie. Balzer a rapporté une observation de vaccine compliquée de gangrène, au cours d'une syphilis maligne précoce.

ERYSIPELE — PHLEGMON — SEPTICEMIE 69

Erysipèle. — L’érysipèle est une complication peu fréquente de la vaccination, elle est surtout rarement mortelle comme le démontrent les statistiques de Lotz : un seul décès sur six cent mille vaccinations pratiquées en Prusse, en 1877, et deux seulement sur un total de onze millions deux cent cinquante-deux mille cinq cent cinquante-quatre vaccinations et revaccinations. Observons toutefois que l’érysipèle est précoce, se déclarant le premier ou le deuxième jour, et restant localisé ; ou tardif, paraissant du septième ou dixième jour, se génèralisant, et devenant très grave.

A Tilospice des Enfants Trouvés de Saint- Pétersbourg, Ranchfuss a vu une mortalité de 6/,3 %dans l’érysipèle ambulant, et de 17,0 u/() dans l’érysipèle localisé.

Phlegmons avec érysipèle plus ou moins généralisé. — A Nantes, du vaccin fut pris chez un jeune enfant de 4 mois à peine, avant de vacciner des soldats : le jour même, il se développa un érysipèle qui le lit mourir, et trente hommes furent atteints de vastes phlegmons et dervsipèle plus ou moins étendu. Il y eut un seul décès chez un soldat dont le tronc, la nuque et la tète furent envahis par l’érysipèle ».

Septicémie. — Des épidémies de septicémie ont été observées à la suite de la vaccination à San (Juirico d’Orcia, à Grabnick et à Asprières.

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A Grabnick (1878), quatre-vingt-dix enfants furent vaccinés pour la première fois le 19 juin

1878. J1 y eut, dans le cours de six à huit semaines, cinquante-trois malades : les uns avaient des éruptions scarlatiniformes et morbilliformes généralisées, d’autres des érysipèles, des fusées purulentes; quinze d’entre eux succombèrent.

Dans deux cas, l’autopsie démontra l’existence d’une résorption purulente. Le vaccin employé avait été depuis longtemps exposé à l’air, il était en voie de décomposition et renfermait des bactéries septiques.

En 1879, à San Quirico d’Orcia, on se servit d’un vaccin « pris au sein de pustules entières enlevées à une vache vaccinifère, le 24 avril

1879, et venant d'un Institut vaccinal privé dë Home. Du 25 au 29 avril, quarante vaccinations furent faites : dix eurent un cours normal, quatre n’aboutirent pas, vingt-six furent suivies d’érysipèles, d’inflammation, d’ulcérations; il y eut un cas do mort sur lequel on n’a aucune indication au sujet des accidents qui ont précédé le décès.

« Quoi qu'il en soit, la vache vaccinifère était saine et avait fourni du vaccin pour d’autres vaccinations qui n’eurent point de suites fâcheuses, mais, suivant la méthode italienne, le petit lambeau de peau portant la pustule avait été excisé sur la mamelle de In vache, et les frag-

SRPTICKMJE

monts de tissu avaient été envoyés aux médecins vaccinateurs.

« Lorsque les pustules arrivèrent, elles exhalaient une odeur de moisi annonçant une putréfaction commençante. 11 est probable que cette putréfaction a développé des liquides septiques qui ont été inoculés avec le vaccin ».

A Asprières, le i3 avril 1 885 , M. le Dr Andrieu vaccinait quarante-deux enlanls; le lendemain, six étaient morts, les autres furent plus ou moins gravement malades. Chez les six enfants qui ont succombé, on a constaté des vomissements répétés, de la diarrhée, une forte agitation, et même chez deux d’entre eux des convulsions. Après la mort, leurs corps se sont couverts de taches noires ou violacées. Ces accidents nes’étaient produits qu’après cinq transmissions de vaccin ; les premières avaient été faites avec du vaccin provenant de l'Institut Charnbon.

MM. Pasteur, Brouardel et Proust, chargés de faire une enquête sur ces accidents mortels, conclurent à une septicémie aigue, sans toutefois que l’examen ou les inoculations eussent pu révéler l’agent septique.

Nous parlerons plus loin des avantages de la pulpe glycéri née ; mais, disons dores et déjà que les catastrophes de Grabnick, San Quirieo d’Orcia et d’Asprières ne sont plus à craindre aujourd’hui, ainsi que le prouvent les recherches

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de Leclerc (i883), Chambard (i883), Vallin (1888), Boyer (1888), Léoni ( 1 889), Ménard et Chambon (1892), Yaillard, Anlony, etc.

La pulpe vaccinale glycérinée, qui est actuellement le vaccin le plus employé en France, n’expose pas aux dangers de pyohémie et de septicémie que nous venons de rappeler.

Des succès ont été obtenus avec des vaccins glycérinés âgés de six mois à un an et plus.

D’ailleurs, le vaccin animal, conservé sous forme de pulpe glycérinée ne paraît pas devenir aussitôt septicémique qu’on l’avait cru, ainsi que l’ont affirmé Hervieux, Au tony, Ménard et Chambon.

Nous avons pu tirer les mêmes conclusions pour la pulpe vaccinale non glycérinée d’une série d’expériences faites en 1890, sur des cobayes, et relatées dans un mémoire communiqué à l’Académie de Médecine.

Blépharite vaccinale. — La blépharite vaccinale est une complication rare de la vaccine et qui est due le plus souvent à l auto-inoculation. Zimmermann en a rapporté un cas en 1892; Schirmer de Kœnigsberg, au Congrès d’ophtalmologie d’Heidelberg (1891), en a cité sept cas. Erich Peiper a vu des pustules vaccinales sur les deux paupières. Les Archives de médecine et de pharmacie militaires font mention d’un cas de blépharite vaccinale chez un médecin militaire, en 1892.

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