DE LA VARIOLE
Depuis la découverte célèbre de Jenner la vaccination s’est répandue dans tout le monde ouvert à la civilisation, et à l’heure actuelle on ne discute plus l’origine de la vaccine, mais on. n'en connaît pas encore la nature et cette question ne sera résolue que le jour où l’on connaîtra le microbe de la variole et celui de la vaccine, dont on admet l’existence.
Jenner croyait à l’identité de la variole et de la vaccine.
De nombreux travaux ont été laits sur celle question. Curner, en 1792, Sacco, de Milan, en 1809, Parola, de Bologne (1826), Grégory, en Angleterre, John Baron, Gérard, de Charleslown, Viborg, en Danemark, Gassner, de Salzhurg, Numann d’I trecht (1825), VonBilling, de Stockholm, regardaient comme probable ou aflirmaieut l’identité de la variole et de la vaccine.
Des expériences furent faites qui concluaient en faveur de l’unicité des deux virus parThiele, de Kasan en i836, Reiter, de Munich, en i83g, Robert Ceely,d’Ayleshurg, en i84o, Sunderland, de Barmen, Adams de Wallham, en Amérique, Haddock, de Brighton, en 1840, Putrnann, de Boston, en i85?..
Plus tard, en France, Depaul appuya de son autorité, à l’Académie de Médecine, ces conclusions en i85ï et en i863.
Mais, déjà en 18Ü9, Reiter lui-même, unicisle, ayant cru avoir, par l'inoculation à une série de vaches, produit une pustule très semblable comme aspect à la pustule vaccinale, lit une inoculation à un enfant qui eut la variole.
En France, Bouillaud, Bouvier, J. Guérin, Piorry, se déclarèrent unicistes en 1 864, à l’Académie de Médecine, tandis que Bousquet n’adinettait pas l’identité des deux virus. En 186'), le 3o mai, Chauveau fit connaître le résultat de la Commission lyonnaise qu’il présidait. 11 concluait à la qualité des deux virus.
Pour la Commission lyonnaise, il était hors de doute que le virus varioleux ne peut se transformer en vaccin dans l’organisme de la vache : « Le virus variolique, en passant par l’organisme de la vache, ne perd aucunement ses propriétés infectieuses, l’expérience nous l’a trop bien prouvé. C’est pourquoi la variolisation médiate.
OsLnïr.t Pt Cozetot. — La Vaccina et la Vaccination 7
comme l'inoculation variolique directe créerait, si elle se généralisait, un foyer permanent d’infection qui couvrirait presque tpute la surface du globe ».
La question a été reprise plus lard. Voigt, Bollinger, Pfeiffer, Warlomont, Fischer, de Carlsruhe, en 1866 et en 1890, F.tcrnod et Haecius en 1892, et Ilime do Bradfort (1092) se déclarèrent unicistes à la suite de leurs recherches expérimentales.
Chauveau reprend ses expériences en 1891, à l’École vétérinaire d’Alfort, et les fait avec le vuriolo-vaecin d’Éternod et Haccius.
« Les résultats obtenus par cette lymphe de Genève sont absolument ceux que j’ai obtenus jadis, dit Chauveau, en inoculant aux animaux de l’espèce bovine la variole humaine de provenance directe ».
« Le virus variolique dans l’organisme des animaux de l’espèce bovine reste virus variolique. 11 ne se transforme point en virus vaccinal et ne manifeste même aucune tendance ii subir cette transformation ».
Pourquier et Ducainp,de Montpellier, ont, de leur côté, fait des recherches expérimentales, et ont conclu à la dualité des deux virus.
Juhel-Rénoy et Dupuy, en 1894, sont arrives par leurs expériences au même résultat.
Au 270' passage d’une souche unique, Pour-