VACCINS ET MALADIES INFECTIEUSES
Ces vaccinations animales auraient leur raison d’ètre pratiquées quand viendrait une épidémie. « Les revaccinations ont pour but de combattre la variole, elles ont aussi un autre avantage : elles peuvent mettre obstacle à l’éclosion d’autres affections zymotiques, telles que les lièvres éruptives ». « On rend réfractaire, en inoculant une maladie distincte de celle contre laquelle on cherche à prémunir » (Charrin).
Citons quelques cas où ces vaccinations ont été faites, et nous verrons quelle peut être l’influence d’une infection nouvelle sur une maladie infectieuse en voie d’évolution.
Vaccine et coqueluche. — Plusieurs cas de guérison par la vaccine animale ont été cités pour la coqueluche. L'Union médicale en a publié deux cas en 1889,1e Bulletin médical, e n 1891, en cite aussi : ce sont ceux du Dr Cacharo, publiés dans The Tlievapetttic Gazette. « L’auteur ayant eu à vacciner un enfant atteint de coqueluche, remarqua que, presque immédiatement après la vaccination, la coqueluche s’améliora beaucoup. Le premier fait dù un peu au hasard, lui donna l’idée d’expérimenter l’action du virusvaccin dans cinq cas de coqueluche excessivement graves. Dès que la fièvre produite par Dévolution des pustules se montra, 011 constata une amélioration rapide de la coqueluche, la toux spasmodique fut remplacée par une toux
catarrhale non quinteuse, toux qui disparut elle-même au bout de huit à dix jours ».
D’autres cas de guérison ainsi obtenus ont été publiés par d’autres observateurs.
L’un de nous obtint, en 1890, et en buil jours, une guérison par la vaccination chez un enfant Agé de deux mois, et atteint d’une coqueluche grave. Jenner avait déjà remarqué que les enfants vaccinés depuis peu étaient préservés de la coqueluche, et que la vaccination d’un sujet non vacciné, atteint de celte maladie, avait pour elîet immédiat d’en atténuer les manifestations et d’en diminuer la durée.
En 1895, nous avons vacciné un enfant de dix mois atteint d’une coqueluche très pénible. 11 avait environ trente quintes par jour, et autant la nuit. On nous appela après une quinte qui avait failli le faire mourir d’asphyxie ; il fut. guéri de celte maladie dans la semaine qui suivit la vaccination.
Vaccine et grippe. — Le Dr Jasiewicz s’est bien trouvé en soignant quelques cas d’inlluenza par la vaccination, ainsi que deux cas d’érysipèle d’origine grippale. La Semaine médicale (1890) a publié une noted'un médecin allemand, le docteur Goldschmidt, dans laquelle il dit que les vaccinations ou plutôt les revaccinai ions préventives contre la variole avec le vaccin animal conféraient l’immunité à l’égard de l’intluenza.