DÉCOUVERTE DE LA VACCINATION
Médecine par l'expérimentation, 1881), a signalé (l’une façon magistrale comment Jenner fit sa découverte.
Il faudrait une plume plus autorisée que la nôtre pour faire un éloge digne de cet homme qui a été proclamé un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité.
« L’observation, mise au service d’un homme de génie, est arrivée par sa seule force à saisir les rapports des phénomènes et, par une induction rigoureuse, à en établir la loi, d'où elle a fait dériver la pratique de l’inoculation vaccinale qui constitue la plus belle découverte de la médecine x> (IL Bouley).
Jenner a mis à profit l’observation des faits et la tradition populaire : il en a conclu à l’action certaine de la vaccine. Par l'expérience ensuite, il a démontré victorieusement Pefficacité et la vertu préservatrice de la vaccine,
Jenner s’était installé à Berkeley, dans le Glocestershire, en 1776, comme médecin variolisateur. La tradition populaire voulait que les personnes appelées à soigner et à traire les vaches fussent communément épargnées par la variole. En s’inspirant de ce fait, Jenner remarque que ces personnes, sans cesse en rapport direct avec les vaches, s’inoculaient dans leur métier, et à leur insu, une maladie de nature pustuleuse existant chez la vache. L’inocu-
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lalion variolique qu’il pratiquait aces personnes restait stérile. Alors, poussé par le génie, il voulut expérimenter avec le virus provenant du cow-pox de la vache qu’avait contracté accidentellement une jeune servante par une égratignure de la main.
Le i4 mai 1796, Jenner prit du virus sur une des pustules de cette jeune femme (du nom de Sarah Nelmes) et l’inocula au bras d'un enfant de 8 ans ( James P/iips ) par deux incisions superficielles; la vaccination eut un plein succès : deux belles pustules se développèrent. II fit ensuite ii eet enfant deux inoculations varioliques qui échouèrent.
Jl renouvela la même expérience sur un enfant de 5 ans et demi avec lo virus pris sur des pustules développées sur les mamelles de la vache : il eut un égal succès. La découverte de la vaccine était faite, et la vaccination inventée. L’immortalité de Jenner était consacrée en mémo temps que son titre de bienfaiteur do l'humanité. Il avait remporté un grand triomphe en substituant la plus bénigne des maladies à la plus désastreuse et l’immunité acquise contre celle-ci par le bénéfice de céllo-ià ('). (*)
(*) La Russie a célébré en 1896 le centenaire de la découverte de la Vaccine par Jenner qui, de son vivant, reçut de la Grande Catherine un magnifique diamant avec de longues et chaleureuses félicitations.
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Eu 1798, Jenner publia son Traité qui devait faire connaître partout la vaccination et aider à sa diffusion dans le inonde entier. (An inquirij inlo the causes and effects of the variolœ vaccines a diseuse discover ed in some of the Western conties of England parlicularly Olowcestershire and Knoion by lhe marne of cow-pox, London, 1798).
La vaccine fut introduite en France par le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, qui la fit connaître dès son retour d’exil à Paris le 1 1 nia1
Le 3o mai suivant, un Comité médical fut chargé d'opérer les vaccinations, d’en observer et consigner les effets. Institué sous les auspices du ministre de l’Intérieur de celte époque, de Bonaparte, du Préfet de la Seine, Frochot, aidé parle Ministre des Affaires étrangères, Talleyrand-Périgord et par Woodville, médecin anglais qui vint de Londres en France pratiquer les vaccinations, le Comité médical multiplia ses essais, et partout, dans les principales villes de F1 rance, se formèrent des comités semblables. En i8o3, Ghaplal, ministre de l’Intérieur, sur le rapport de H allé, recueillit des préfets les renseignements nécessaires sur la vaccine et les épidémies varioliques ; il forma le Comité central de la vaccine dont llusson fut le secrétaire général. Mais, à partir de 18-20, le service de la
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vaccine fut confié à l’Académie de Médecine qui en a conservé la direction jusqu’à notre époque.
Aussitôt son introduction en France, la vaccine fut acceptée avec enthousiasme : les pouvoirs publics et le corps médical rivalisèrent de zèle et d’ardeur pour vulgariser la découverte jennérienne. Dans les écoles, dans les églises, partout, on recommanda la vaccination. Les maires et les ecclésiastiques prenaient la lancette pour vacciner. Napoléon lPr, confiant dans la vertu préservatrice de la vaccine, faisait inoculer son fils, le duc de Reichstadt.
Kn Allemagne, Ralhorn et Slromayer, en 1801, pratiquèrent la vaccination qui, de 1802 à 1804, se répandit dans l'Inde, aux Iles Philippines. Elle devint même assez rapidement obligatoire dans certains pays, en 1807, (ians la Bavière, en 1808, dans le grand duché de Bade, en 1810, au Danemark, en 1816, en Suède, et dans le Wurtemberg, en 18 18, et en Angleterre, en 1 8 5 3 , par la « vaccination extension act», et en Allemagne, en 1874.
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