‹ La Vaccinothérapie TyphiqueChapitre 14 sur 33 · AS. AE · texte numérisé non relu

AS. AE

sion générale nous voyons que pour presque tous les auteurs qui ont employé la méthode elle est nettement favorable.

Seuls Raw, Deléarde et Leborgne, et plus récemment Dufour puis Vincent font des réserves sur ce mode de traitement et ne croient pas en avoir obtenu de grands avantages.

Pour tous les autres auteurs, les symptômes s’atténuent, et même précédant la baisse de température, on voit la stupeur diminuer ou disparaître, le malade n’a plus l'aspect typhique ; il parle et s'intéresse à ce qui se passe autour de lui. .

La langue devient humide, même si on n’associe pas d’autre traitement, même si le malade n’est pas baigné.

C’esten vingt-quatre heures que se fait cette transformation d'autant plus nette d’ailleurs que le traitement a été commencé plus près du début de la maladie. P.-E. Weill qui a expérimenté la méthode chez l'enfant va même jusqu'à dire que les injections modifient autant la typhoïde que le sérum antidiphtérique modifie la diphtérie.

Sans aller aussi loin que ce dernier auteur, nous croyons nous aussi que la vaccinothérapie influence très favorablement l’état général des typhiques.

La stupeur en particulier disparaît rapidement presque tous les typhiques se réveillent à la suite de l’injection, et à ce point de vue, nous devons citer en particulier une de nos malades (obs. XIV) qui dèsle lendemain de la première injection s’asseyait dans son lit et causait

avec ses voisines.

Dans beaucoup de nos cas nos malades accusaient rapidement du bien-être, ils se sentaient beaucoup mieux et réclamaient très rapidement à manger.

Il est cependant certains de nos cas où ces symptômes n’ont pas apparu aussi nettement, et même une fois un délire assez intense est survenu à la suite des injections (obs. XV). |

Comme autre phénomène assez constant, bien que sujet à de nombreuses exceptions nous devons signaler à la suite de piqûres une diminution considérable de la diarrhée : de 5 à 6 les selles se réduisent à 1, et même dans plusieurs de nos cas, elle fut remplacée par une constipation opiniâtre qui nécessita des lavements.

D’après certains auteurs une polyurie nette ferait rapidement suite aux piqûres. Meakings et Forster, Chantemesse insistent beaucoup sur ce symptôme. Nous devons dire que nous n’avons jamais eu l’occasion d'observer ce fait. Peut-être est-il dû à ce que la stupeur ayant disparu on pouvait faire boire plus facilement les malades. Dans nos observations, la véritable crise de polyurie n’a guère apparu qu’au moment où la température commençant à descendre, la convalescence apparaissait.

Nous avons recherché l'action de la vaccinothérapie sur la pression artérielle.

M. Josué avait bien insisté sur l’action favorable de la méthode sur le cœur ; dès la première injection, il observe une diminution marquée du nombre des pulsations et une sédation très nette des manifestations car-

dio-vasculaires. Par opposition nous devons signaler là

717 — les cas de collapsus cardiaque observée chez les enfants à la suite des injections.

Au cours de nos recherches, nous n’avons pas retrouvé ces symptômes de manière aussi constante, et nous ne pouvons donner de règles fixes à ce sujet. Tantôt en effet la tension artérielle reste ce qu’elle était; tantôt elle s'élève de quelques degrés, tantôt enfin nous l'avons vu baisser légèrement sans qu’on sache si l’on doit mettre cette chute de pression sur le compte du traitement, ou sur le compte de l’évolution normale de la maladie.

Quant au nombre des pulsations elles restent en général au mème chiffre, la courbe du pouls suivant un tracé parallèle au tracé de la température et descendant en mème temps que cette dernière.

Le dicrotisme n’a jamais été influencé.

Ainsi que nous l’avons vu, la rate augmente à la suite des injections, et les taches rosées prennent très fré-

quemment une intensité extrême.

L'action de la vaccinothérapie sur la température est un peu plus complexe.

D’après la plupart des auteurs quiont précisé les phénomènes observés, à la suite d’une légère phase réactionnelle, ou à la suite d’un état stationnaire, la température baisse nettement d’un demi-degré à 1 degré, et cette amélioration survient en général de trois à cinq jours après l'injection.

Hollis cependant, tout en considérant la méthode comme favorable déclare que la fièvre reste aussi éle-

vée que dans les cas non traités.

Parfois, mais rarement, c'est la première injection qui détermine cette chute: cela se voit surtout dans les cas pris tout à fait au début, et ces formes rendues abortives doivent être rapprochées des fièvres typhoïdes traitées pendant la période d'incubation.

Mais en général une seule injection ne suffit pas, et si on note une ébauche de réaction favorable ; au bout de trois jours, la température remonte aussi élevée qu'elle était ; il faut de nouvelles piqûres pour maintenir et accentuer l'amélioration.

Dans les cas que nous avons eu l'occasion de traiter nous n'avons jamais observé, a de très rares exceptions près, d’élévation réactionnelle de température.

En général, à la suite des deux premières injections la courbe de température est restée ce qu'elle était

“avant,et ce n’est guère qu’au lendemain de la troisième piqûre, c’est-à-dire du quatrième au septième jour après le début du traitement que se déclanche véritablement la descente. Parfois celle-ci se fait progressivement et régulièrement par véritables oscillations descendantes.

Dans d’autres cas ce sont de grandes variations thermiques que l’on observe ; c’est un véritable stade amphibole qui semble déclanché, et il faut une quatrième piqûre pour entraîner l’apyrexie.

Quelquefois les résultats sont encore plus beaux et la chute se fait brusquement vers 37.

Dans un de nos cas (obs. III) le courbe a évolué par plateaux successifs, chaque baisse de un degré faisant nettement suite à une injection.

Très rares sont nos cas ou la courbe thermique n’a

pas élé nettement influencée par le vaccin (obs. IV, XIII, XV, XVI, XX, XXII).

Nous voyons donc que les grands symptômes de la maladie (stupeur, température, diarrhée) sont tous favorablement influencés par la bactériothérapie ; et l’impression d’ensemble qui se dégage de tous:ces faits est nettement en faveur de la méthode.

Ces résultats sont d’autant plus nets d’ailleurs que la typhoïde est plus bénigne ; et comme l’a bien montré M. Josué, les formes moyennes tournent court, et les formes graves évoluent comme une typhoïde normale,

Les résultats enfin sont surtout concluants chez les enfants ; le vaccin demande en effet à l’organisme un travail réactionnel. L'organisme de l’enfant répond avec une très grande intensité à toutes les excitations. Chez l’adulte sain le processus de défense se fait encore assez bien ; mais chez les sujets profondément tarés la ré- . ponse de l'organisme à la vaccination se fait moins complètement et surtout moins rapidement.

Comme nous l'avons vu l'époque où le traitement a été institué a aussi une grosse importance, et plus le traitement est proche du début de la maladie plus les résultats sont rapidement et complètement influencés

de manière favorable.

A côté de ces résultats d’ensemble, certains points maintenant demandent à être précisés. La vaccinothérapie raccourcit-elle la durée totale de la maladie ?

Sur ce point les avis des différents auteurs sont très

partagés. Nous croyons cependant que dans l’ensemble

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la convalescence survient plus rapidement. Si nous prenons les chiffres extrêmes rapportés par divers auteurs nous voyons que la guérison survient entre le 12° jour et le 33° jour de la maladie.

Mais là bien souvent les observations ne sont pas rapportées avec assez de détail, et bien des auteurs ne disent pas à quel jour de la typhoïde en était le malade lors de la première injection.

Aussi lorsque nous avons voulu faire une moyenne, avons-nous pu seulement retenir 368 cas rapportés avec une précision suffisante pour qu'on puisse se baser sur eux.

Pour ces 368 cas, la température atteint en moyenne 37 vers le 24° jour de la maladie.

Peut-être plus intéressant encore est de rechercher la moyenne des différents auteurs.

Les meilleures statistiques à ce point de vue sont celles de Sacquepée et celle de Wilson qui rapportent une moyenne de quatorze à quinze jours.

Thiroloix, Richardson, Leishman arrivent à dixsept à dix-huit jours. Chantemesse a comme moyenne d’apyrexie, vingt et un jours ; Semple vingt-trois ; Josué et Ardin Delteil vingt-six jours.

Ce dernier auteur divise d’autre part ses résultats en 3 groupes ; et voit les cas traités avant le 5° jour durer seulement dix-neuf jours, tandis que les cas traités entre Le 6° et le 10° jour durent en moyenne vingt-trois jours, et les cas traités après le 10° jour ne guérissent qu’au bout de trente quatre jours.

Enfin Meakings et Forster présentent le plus gros

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chiffre, l'apyrexie débutant pour eux en moyenne le 28° jour. Mais là encore il y a une amélioration nette sur les cas non traités qui dans leurs statistiques restent fébriles jusqu'au 37° jour ; ce qui fait une différence de neuf jours en faveur de la méthode.

Nous-même sur 25 cas que nous avons eu l’occasion d'observer pendant la fin de l’année 1913 nous arrivons à une moyenne de vingt et un jours de maladie. Tandis que nos cas témoins n'arrivent à l’apyrexie qu’au bout de vingt-sept jours en moyenne.

Là encore la méthode raccourcit donc de six jours la durée totale de la fièvre.

Ceci concorde avec tous les résultats des auteurs qui ont comparé la durée de leurs cas témoins avec leurs cas traités ; qui tous gagnent de six à neuf jours par la

vaccinothérapie.

.(Taszeau 1)

Tableau comparatif de la durée moyenne des cas traités et des cas témoins

NOMS : [Vaccinothérapie Témoins Diminution Netter 14 jours 21 jours 7 jours Watters 19,9 — 29,3 — 9 — Hirtz et Gauchery A — 27 — 6 — Ardin Delteil 26,4 — 32,7 — 6 — . Gray 26 — 33,5 — 7 — Meakings et Forster 28 — © 37 — 9 —

Gauchery 6

om a

De plus, si nous examinons maintenant séparément les différents cas que nous avons observés, nous voyons que sept fois nous avons retrouvé des formes abortives. Une fois, la guérison est survenue au 13° jour de la maladie (obs. II), deux fois au 14° (obs. XIX, XXI), deux fois au 15° (obs. XII, XXIV), une fois au 16° (obs. XIV), une fois au 19° (XXV). Ce dernier cas d’ailleurs avait été pris au 12° jour. Tous ces cas ont été guéris du 5 au 11° jour après le début du traitement.

Nous pouvons donc dire que dans plus d’un quart des cas la maladie a tourné court. Or, dans les statistiques habituelles on ne retrouve pas en général une telle proportion de cas bénins ; et ce qui nous semble encore prouver que l’on n’avait pas affaire à des formes spontanément abortives, c’est que bien souvent on a pu voir les taches rosées persister alors que tous les autres symptômes de la maladie et en particulier la fièvre avaient disparu.

Dans la moitié des cas, la maladie a évolué comme une fièvre typhoïde normale traitée par la balnéothéra- -pie ; et il est probable que si on avait associé les deux traitements, on aurait euencore des résultats meilleurs. Dans ces formesla guérison est venue du 17 au 25° jour de la maladie. Enfin le dernier quart de nos cas n’a pas semblé très nettement influencé par le traitement (obs. IV, XIIT, XV, XVI, XX, XXII), la guérison s’est fait attendre un peu plus longtemps, mais n’acependant dépassé que deux fois le 30° jour de la maladie.

De tout ceci il résulte done qu’on peut diminuer la

Dh durée de la fièvre typhoïde par le vaccin ; mais que les résultats sont inconstants, et que si bien souvent on peut voir évoluer des typhoïdes abortives, il est d’autres cas qui ne répondent pas du tout à la thérapeutique.

Une deuxième question était maintenant à préciser. La vaccinothérapie diminue-t-elle la mortalité dans la fièvre ty phoïde ?

Rappelons que dans les diverses statistiques la mortalité varie entre 15 et 20 ‘/, et que la balnéation réduit cette proportion à 9,9 o/..

Or sur 2.256 cas signalés dans la littérature la terminaison fatale n’est retrouvée que 129 fois. Le pourcentage général est donc de 5,71. Nous sommes loin des statistiques habituelles, et nous voyons que le traitement, même comparé aux résultats les meilleurs diminue la mortalité de presque moitié.

Là encore d’ailleurs les statistiques des différents auteurs donnent des résultats un peu différents ; nous allons passer seulement en revue celles qui portent sur un nom- bre suffisant de cas pour que leurs conclusions aient de la valeur.

Les meilleurs résultats sont ceux de Petruschk (17 cas) de Behrind (12 cas), de Nichols (11 cas), de Boi- . net (15 cas), de Weil (16 cas), qui ne signalent aucun . cas de mort.

Ensuite viennent les statistiques d’Ardin Delteil, avec 2,08 °/, de mortalité sur 48 cas traités, celle de Meakings, et Forsters, avec 2,4 °/, sur 41 cas, Puis viennent les

statistiques de Vincent, avec 2,7 ‘/., de Watters et Ea-

Ponte) er ton, de Richardson qui sur 69 cas ont tous les deux deux morts ou 2,9 °/..

La plus concluante de toutes ces statistiques est celle de Petrowitch qui porte sur 460 cas avec seulement 45 morts ce qui répond à 2,9 décès °/,. De plus cette statistique porte sur des sujets déprimés par une longue campagne. On ne peut supposer avoir eu affaire à une épidémie particulièrement bénigne d'autant plus que 220 témoins traités par les bains froids présentent une mortalité de 12,8 °/.. |

Bien que portant sur un nombre de cas moins considérables, nous retrouvons des résultats comparables chez Semple (3,3 °/, sur 60 cas), et chez Hollis (3,9 °/, sur 59 cas).

Hirtz et Gaucher y (25 cas), Chantemesse cité par Kolbe (25 cas), Watters (158 cas) arrivent au chiffre de 4 °/,.

Courmont et Rochaix donnent 5,1 c/, dans 39 cas.

Les statistiques suivantes serapprochent beaucoup du pourcentage normal. Nous retrouvons le chiffre de 7,1 chez Sacquepée (28 cas),et chez Netter (14); Josué (12 cas) Smallmann (16 cas) obtiennent un pourcentage de 8,3.

Sadler (92 cas) a un pourcentage de mort de 9,7. Eatin les résultats suivants sont tout à fait défavorables “mais il faut bien remarquer que ces dernières statistiques portent sur un nombre de cas très restreint, et n’ont done pas la mème valeur que les précédentes.

Thiroloix (61 cas ) donne comme pourcentage 11,45, Rieux (16 cas) 12,5, Callison (38 cas) 13 e/,, Sappington (22 cas) 13,6, Raw (11 cas) 18, Roques (24) 20 c/, De- :

learde enfin (6 cas) 33°! de mortalité.

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Telles sont les différentes statistiques que nous avons pu retrouver, certaines de celles-éi ne semblent pas très favorables à la méthode, mais ilnous faut bien dire que certaines d’entre elles portent sur un nombre de cas trop restreint pour répondre à la réalité ; et il nous semble que les résultats apportés par l’ensemble des 2.256 cas doit être pris en considération, et nous nous croyons autorisés à dire que la vaccinothérapie plus que n'importe quelle autre méthode abaisse dans une -très grande proportion la mortalité chez les typhiques et éclaire beaucoup le pronostic de la maladie.

De plus si nous comparons les résultats rapportés par les auteurs dans leur cas traités et dans leurs cas témoins nous voyons, qu’à part 2 exceptions portant l’une sur 6 cas et l’autre sur 11 cas, il y a chez tous les autres auteurs de très grosses différences, toujours en fa-

veur de la vaccinothérapie.

TagceAu [1)

Tableau comparatif de la mortalité dans les cas traités et dans les cas témoins

Vaccinolhérapie Témoins NOMS TE me id te tm Len Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage Smallman 16 0 21 190 18/E Meakings et Forster 41 240 — 10, — Ardin Delteil 48 2,8 — 179 8,38 — Petrowitch 460. 2,9 — 220 12,8 — Gray 126 Goes = QE Hollis L 51 3,9 — 21 19, — Courmont et Rochaix 39 en = Hire Hirtz et Gauchery 25 4 — 53 19 — Sacquepée 28 DT 38 10,5 — Netter 14 7,1 — 11 17 — Jewett 14 7,1 — 30 23. — Watters 158 11 — 100 13 — Delearde 6 33 — 4 25 — Dufour 9 11 — 104 6 — Sablé j 6 SSL 4 25 =—

Nous avons vu au chapitre précédent que les complications de la fièvre typhoïde, hémorragies et surtout perforation étaient influencées de manière favorable rar le vaccinothérapie, nous n’y reviendrons done pas,

nous rappellerons cependant que nous n’avons jamais

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eu l’occasion d'observer de perforations dans nos essais de traitement,

De même nous avons vu que le pourcentage général des rechutes portant sur 1.286 cas nous apporte 91 rechutes, ou 7,07 :/..

Ce chiffre est comparable à bien des statistiques et n'infirme pas la valeur de la méthode, d'autant plus qu'avec une technique mieux réglée et en répétant les injections on pourra peut-être encore augmenter la rareté de cette complication.

En résumé nous voyons donc que tousles auteurs qui ont essayé la méthode sont presque tous d'accord pour lui reconnaître une très grosse valeur thérapeutique. A la suite d’une ou plusieurs injections rapidement la température s’abaisse, le pouls se ralentit et devient mieux frappé, la langue s’humidifie, la diarrhée diminue, la stupeur disparaît, l’état général s’améliore, le malade se sent mieux. Fréquemment, mais cependant de manière inconstante la maladie tourne court et prend forme de fièvre typhoïde abortive.

La mortalité diminue nettement, les complications sont moins fréquentes, moins graves, les rechutes peutêtre un peu plus rares.

Une très bonne impression se dégage donc du dépouiliement de toutes les observations, et il nous semble bien que l’on soit vraiment là en présence du trai- ‘tement de choix de la fièvre typhoïde, tout au moins à l'heure actuelle. |

Celui-ci pour être actif doit être institué le plus tôt

possible dès que le diagnostic est fait, et les cas traités

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précocement sont de beaucoup les plus concluants.

L'idéal serait d’injecter le vaccin presque en période d’incubation. Nous sommes donc loin des périodes déjà anciennes où l’on craignait tant la phase négative. D’ailleurs cette opinion a été confirmée par les observations de Vincent qui pendant les épidémies de Puy-l’Évèque et de Paimpol observa deux inoculations préventives chez des sujets déjà en incubation.

A la suite se développèrent des typhoïdes bénignes, des typhus levisissimus où la température ne dépassa pas 38°5 et où la guérison survint en cinq à six jours. |

Orticoni et Gilles avaient de même rapporté au XIII: Congrès de Médecine des cas analogues.

Ce sont d’ailleurs ces observations qui ont provoqué l'extension de la vaccinothérapie typhique en France.

Nous ne voyons guère qu’une contre-indication à l'emploi de cette thérapeutique. C’est lorsqu'on se trouve en présence d’un sujet irop fortement intoxiqué, d’un organisme affaibli qui ne répond pas ou répond trop fortement aux injections vaccinales.

Dans ce cas, de même que lorsqu'il y a des hémorragies, il faut essayer des doses très faibles et agir avec la plus extrême prudence.

Enfin, l’évolution de la maladie terminée, certaines complications locales dues au bacille d’Eberth peuvent être elles aussi heureusement influencées par l'injection

du vaccin.

C’est ainsi que Leishman a fait fondre en trois jours deux périostites tibiales en injectant des doses infimes de vaccin au centre même de la lésion.

Il n'est pas jusqu'aux porteurs de bacilles qui peuvent bénéficier grandement du traitement. Semple rapporte l’observation d’un malade qui sept ans après une typhoïde grave présentait encore des bacilles dans les urines, Soumis à la bactériothérapie, pendant les trois premiers jours on voit les bacilles augmenter, mais dès la quatrième injection ceux-ci disparaissent et l’état général se relève.

En présence de tous ces résultats, une dernière question enfin demandait à être précisée: c'était de savoir à quel vaccin il fallait s'adresser, et si l’un des trois vaccins actuellement employés présentait sur les autres un avantage véritable ; si l’un de ceux-ci apportait des résultats plus concluants que les autres. :

Nous avons vu que théoriquement tout an moins tous présentaient la mème valeur puisqu'ils étaient constitués par un seul et même corps le bacille typhique jouant rôle d’antigène et qu'ils ne différaient les uns des autres que par leur mode de préparation.

Nous avons vu de même que le vaccin sensibilisé présentait peut-être l’avantage d'éviter complètement la phase négative et surtout d’avoir une action plus rapide et plus régulière.

Or si nous étudions les résultats obtenus par les différents auteurs qui ont employé l’un ou l’autre de ces 8 vaccins nous voyons que ces résultats sont à peu près identiques.

Que l’on emploie le vaccin chauffé, le vaccin sensibi-

lisé ou le vaccin éther rapidement lesmêmes symptômes

= 00 se reproduisent : Amélioration de l’état général, fréquence très grande des formes abortives, absence complète de formes trainantes et prolongées. Les courbes ôbtenues sont très comparables les unes aux autres et le nombre des cas refractaires au traitement se rencontrent avec une fréquence à peu près semblable.

Dans nos essais avec le vaccin sensibilisé les résultats furent a peu près nuls dans 1/4 des cas. Thiroloix avec le vaccin éther signale un résultat nul dans 1/3 des cas.

Quant à la mortalité, au nombre des hémorragies et à la fréquence de rechutes elle est très voisine avec chacun des vaccins et nous ne pouvons faire mieux que de rapporter le tableau comparatif des résultats obtenus

à ce point de vue.

(Tasreau I)

Tableau comparatif des résultats fournis par les divers vaccins

Totalité Vaccin Vaccins Vaccin des vaccins | chauffés | sensibilisés éther Nombre des Auteurs. 146 119 9 16 Nombre total des cas. 2.294 1.949 146 191 ARCS ATOR TER 2.256 1.919 146 191 ne Mori HAUTS 199 103 14 12 SCO E VAE DOTE 5,36 °/. 9:58%/° 6,28 °/, Re. CAS AR RTE 1.286 1.019 140 127 SH dS Rechutes ……. 91 69 14 9 HO Les ere 7207272 6,77 °/o 10 c/, 750827 Hémor. | CAS -"... Rae 718 567 64 SEL ragies Hémorragies 54 al | 6 Te!

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