‹ La Vaccinothérapie TyphiqueChapitre 13 sur 33 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

Pour juger les résultats de la bactériothérapie, nous pouvons employer deux méthodes distinctes. D’une part, étudier les observations des différents auteurs qui ont employé la méthode. D'autre part, examiner les résultats personnels que nous avons obtenus chez nos typhiques traités dans le service.

Ces deux procédés d’ailleurs se complètent mutuellement : |

Le premier a pour lui le très grand nombre de cas sur lesquels portent maintenant les statistiques ; la bactériothérapie a en effet été employée aujourd’hui dans plus de 2.200 cas. Ce chiffre respectable suffit pour éliminer les causes d'erreur qui proviendraient d’une re- , cherche faite pendant une épidémie d'intensité anormale. Ces cas traités s’échelonnent en effet pendant une période de vingt ans.

C’est donc cette recherche qui devrait le plus se rapprocher de la réalité ; mais elle présente d’autres inconvénients : Certains résultats en effet sont donnés de

manière un peu schématique et bien peu d’auteurs rap-

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portent en détail leurs observations, pour se contenter de donner une impression d'ensemble sur la méthode. D'autres ne signalent pas le nombre des morts. D’autres enfin parlent à peine des complications et passent sous silence les rechutes.

Certains auteurs enfin choisissent leurs cas, et n’osent pas injecter les formes en apparence trop sévères.

Aussi à côté des pourcentages généraux croyOns-nous au moins aussi utile de rapporter les résultats que nous avons observés pendant nos recherches sur la bactériothérapie.

Nous ne croyons pas avoir eu affaire à une épidémie particulièrement bénigne puisque pendant que nous faisions nos essais de traitement par les vaceins, dans les services voisins, par les traitements classiques, on soigna à l’hôpital Necker 13 typhiques. Sur ces 13 typhiques il y eut deux morts, ce qui donna un pourcentage de 15. Les deux morts furent dues à des perforations. La durée moyenne de ces cas fut de vingt-six jours.

De même, dans les mois qui précédèrent nos recherches, nous eûmes l’occasion d'observer 40 cas de fièvre typhoïde traités par les bains froids. Sur ces 40 cas . nous retrouvons huit morts, ce qui fait un pourcentage de 20. La durée moyenne de ces différents cas a été de 27 jours 7. Il y eut trois rechutes ou 7 ‘/..

Depuis le mois de juillet 1913 et pendant les six mois qui suivirent, nous avons employé exclusivement la vaccinothérapie, instituant le traitement le plus précocement possible, dès que le diagnostic a été posé et

confirmé soit par la séroagglutination, soit lorsque

celle-ci était négative par l’hémoculture. Nous comptons les jours de maladie à partir du moment où le malade a été obligé de s’aliter.

Nous n'avons voulu éliminer aucun des cas qui se sont présentés : nous pouvons même dire que nous avons surtout traité les cas d'apparence sévère, car bien souvent, On nous a prié d'inoculer dans les services voisins les cas très graves, en présence desquels la thérapeutique habituelle semblait insuffisante.

Nous tenons à remercier ici les chefs de service et nos collègues qui ont bien voulu nous permettre de suivre ces malades.

En général, et pour mieux juger la valeur de la méthode, nous n’avons autant que possible voulu instituer aucun autre traitement.

Cependant, dans quelques cas (obs. XIII, XV) en présence de la gravité des phénomènes généraux et des symptômes nerveux nous avons dû faire donner des bains. |

Nous eroyons d’ailleurs que l’on doit associer les deux thérapeutiques. La vaccinothérapie n’a pas pour but de supprimer les bains, 'et le traitement de choix sera certainement l'association des deux méthodes qui toutes les deux ont fait leur preuve.

Mais comme la vaccinothérapie semble diminuer la période fébrile, on pourra raccourcir aussi la durée pendant laquelle on devra donner des bains qui sont toujours péniblement supportés par les malades.

De mème en présence d’une hypotension trop considérable, ou lorsque la myocarde commençait à faiblir,

OT RE on n’a pas hésité à donner au malade de l’adrénaline (obs. XIII, XVII, XVII).

Enfin il a été parfois nécessaire d’adjoindre au traitement des injections d’huile camphrée ou de strychnine. dBf

Tous nos autres cas ont été traités exclusivement par le vaccin de Besredka.

Bien entendu pendant ce temps les malades restaient au régime lacté intégral, et jamais nous n’avons fait reprendre l’alimentation progressive avant dix jours d’apyrexie complète.

Nous avons toujours commencé par injecter 1 centimètre cube de vaccin pour continuer de deux en deux jours par 2 centimètres cubes. Chez un enfant de 15 ans cependant les réactions nous ayantsemblé un peu vives, nous avons un peu espacé les injections et jamais dépassé 1 eme. 1/2. (obs. XV).

Le nombre des injections faites à un même malade a été très variable ; nous ne croyons pas qu’on puisse donner à ce sujet des règles fixes.

Il faut avant tout tenir compte de l’état général du malade, des réactions qu'il présente et continuer les injections jusqu'à l’apyrexie complète. Cependant, il nous semble que si à la 4° le malade n’a pas réagi il y a peu de chances pour que les injections suivantes fassent tomber la fièvre.

Telles sont donc les données sur lesquelles nous pouvons nous baser pour étudier l’action des vaccins au cours de la fièvre typhoïde.

Tout d’abord, si nous cherchons à avoir une impres-

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