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La vaine aventure

Or c'est moi qui les ai chassés, Mais vraiment j'en avais assez, De leur tristesse.

Ils ne me disaient jamais rien Quand mon corps s'alliait au tien.

Douce maîtresse,

Mais chatiue nuit de leurs grands yeux, Coulaient des pleuts silencieux Sur ma maîtresse.

Or si tu veux savoir le nom De ces deux enfants qui s'en vont Tristes et pàlef<,

Je te dirai, questionneur :

C'est ma sagesse et mon bonheur Tristes et pâles.

LE CLAVECIX

Grêles, transparents, cristallins souvenirs Dont les chères voix trottinèrent mignardes, Mourez aux longs plis des tentures en larmes De nos jadis, hélas déjà devenirs.

Mourez, pleurées par l'essaim des folles mouches Assassines, vrai chagrin et faux bourdon, Maintenant aussi loin des rieuses bouches Que les bouches sont loin des gentils pardons.

Mourez d'avoir vécu par trop parallèles A nos romances par trop sentimentales, Mourez en rythmes doux, palpitantes ailes Que ne purent sauver de mort les pédales.

Pour moi vous serez les complices aimées, Vous serez toujours les petites gamines AmolUissant la sienne de vos mines.

D'ailleurs volées aux musiques surannées...

Dans l'oubli se sont tus théorbes, rebecs, Flûtes, psaltérions, chœurs blottis aux flancs Du clavecin galant aux fins bois dolents, Dont la frêle âme en essor meurt d'un bruit sec.

O chères voix, voix lointaines, voix parties. Vous fûtes les soirs lilas de nos vouloirs Et les matins rosés de nos accalmies.

Si faibles qu'on pensait vivre en des miroirs.

Dans tes yeux verts comme la mer Un jour j'ai bu le philtre amer, Et depuis lors ma fiancée A jamais par moi délaissée Connut l'horreur des trahisons Et des crimes que nous osons.

Dans tes bras transparents d'ivon-e Dès lors j'ai perdu la mémoire De tout ce qui n'était pas toi Et n'ai plus voulu d'autre foi Que cette inconscience morne Oîi tu m'endors, ô sombre Norne.

Près de ton cœur dominateur, Muet et glacé de terreur Tel qu'un enfant en la nuit noire, A d'autres j'ai laissé la Gloire, L'appel sonore des buccins, Et nie reposant sur tes seins

Taris et vides d'espérance, J'attends désormais en silence Que ta voix, écho du Destin, M'annonce un jour le clair matin, Le matin couronné de vignes Qui sur la nacelle des cygnes

M'emmènera loin de tes yeux, Loin de ton cœur pernicieux Vers la montagne consacrée Aux héros dont l'âme épurée Par la souffrance et par le mal Chante un éternel germinal !

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