‹ La vaine aventureChapitre 14 sur 21 · LE VOYAGEUR · texte numérisé non relu

LE VOYAGEUR

Sur le chemin jonché d'iibsence, Le pèlerin marche à pas las ; Que douce est la terre de France A qui revient d'autres là-bas. —

Le voyageur marche à pas las, Retrouvant l'âme de naguère En l'air éperdu de lilas, Mais cette àme le désespère. —

Que douce est la terre de France !

Mais la brume en ce cœur lointain !

Sache que sans nulle souffrance Elle s'endormit au matin. —

A qui revient d'autres là-bas Lauré de la gloire éphémère, Tout front se penche, on parle bas, La chambre s'emplit de mystère. —

En l'air éperdu de lilas Balance une angoisse tardive.

Cloche si faible, ô faible glas, O n'est-ce pas, c'est la missive!

Elle s'endormit au matin

Les bras croisés sur la poitrine

Le prêtre pria en latin

Et l'on vit passcM- l'Intcrsigne. -

LA VAINE AVENTXrRE. 59

Ah voyageur, pourquoi partir Pour ceindre la pourpre de Tyr ?

Maintenant tu pleures, tu pleures, Tu te repens : il n'est plus l'heure. —

Elle s'endormit hier matin Songeant au voyageur lointain...

Naguère seul est l'espérance Sur le chemin jonché d'absence.

Voliipl,'- (le la Douleur, et l'incorrigible Fatuité de se croire le seul à souftVir, D'être aux ébats du petit dieu l'uniciue cible Et de se griser de son sang, fort élixir.

Au point qu'on souhaite une belle inaccessible Pour frôler plus longtemps aux harpes du Désir Le thème aux longs accords de détresse invisible Que brode un chant de flûte en un faible soupir.

Mais il reste, ô mon frère, à notre âme inquiète, Même enfui l'air qui se voudrait éterniser Malgré l'obligatoire et prochaine défaite,

Et le triomphe s'acclamant en le Baiser, La tristesse de toute joie où se reflète Le front bilatéral du Sort h l'œil rusé.

BRLXDISI

Au son •des-iyres, des flûtes, du cor, Expert en maint astucieux décor Corsé de l'irrésistible escalade, J'eusse pu draper non moins qu'Alcindor La cape traîtresse au vent de bravade, Et, calamistré de tendresse fade, Astragaler mamour (ô l'âge d'or !) De ce qui toutes les ravit encor.

64 LA VAIXE AVENTURE.

Puis, aux balustres d'un fol acrostiche, Conter galamment un tourment postiche Et clamer au dol, au vol, au faquin, Palsambleu fort jaloux, ventre de biche, De votre œillade au signor Arlequin.

Cependant qu'alors mon grimaud Valère Lutinant Dorine — eh ! l'heureux fripon ! — Narguerait de loin ma feinte colère Et marierait la mandille au jupon.

A quoi bon !

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