‹ La vaine aventureChapitre 17 sur 21 · I.A VATNE AVK.XTl'RE · texte numérisé non relu

I.A VATNE AVK.XTl'RE

S'il faut pour ne pas qu'elle meure Tout l'or enfoui dans ma demeure, Vous pouvez l'emporter sur l'heure;

S'il lui faut la bonne parole Qui raffermit et qui console, Dites-lui qu'elle est un peu folle ;

Et s'il lui fallait davantage, Qu'elle sache qu'avec courage Un jour je ferai le voyage ....

Et si ce n'était point assez, Dès que la pluie aura cessé Je m'en irai pour l'embrasser. »

Mais les grands oiseaux sont muets, Aux paroles du cœur mauvais — Ils ont déployé leurs duvets

Vers celle qui là-bas s'esseule Sans même une chanson d'aïeule Pour lénir en son lit d'éteule

La fièvre injuste de son front Après un si mortel affront — Et les cv^nes ne reviendront.

WOJ^DS

J'aurais cru que nos malsaines promenades Parmi l'ombre entremetteuse des charmilles Avec sourires mi-banaux et mi-fades Suffiraient au désespoir de nos familles,

Et que le contact des juvéniles chairs Joint à l'ambiance des désirs en fleurs Eveilleraient enfin le mal doux-amer Qu'en vain je quiers aux terrasses d'Elseneur.

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En toi-même tremblaient autant de pétales Qu'un vent surgi les peut d'un coup défeuiller, Et tout autre eût abusé d'heures fatales Pour mieux que simplement ratiociner.

Oui — tout autre, en bon diable, en médiocre ermit* Egrenant le rosaire d'anciens credos, Eût pratiqué non sans remords hypocrite La douceur de ternir les vierges halos.

Mais pourquoi se targuer de l'arme d'Achille ? (Le cœur me descendit jusqu'en le talon) — Au fond je ne trouvais pas le temps si long, Fût-ce au risque de te sembler malhabile,

Parce que par certain soir propre au poème Tels mots efflués comme si j'eusse aimé De ma lèvre sagace au jeu du dilemme,

LA VAINE AVEXTURE. 75

C'hai meurs et sybillins, sans ce que renie Par maîtrise ou pudeur la chère Ironie, Furent plus vraiment vrais que si j'eusse aimé.

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