‹ La vaine aventureChapitre 5 sur 21 · GESTES · texte numérisé non relu

GESTES

Tes gestes d'autrefois, légers, vains et légers,

Tu les exilas en des pays étrangers

Si lointains qu'ils n'oseront plus nous déranger.

Si les ciels joyeux te tissent des jupes, Dis, tu n'en seras désormais la dupe ; Ainsi nous le leur rendrons au centuple.

Nous ne voulons plus des esquifs frivoles,

Des esquifs bercés par les barcarolles

Dont la moire bleue flotte aux brises molles,

Ni des mots cambrés, Tircis et Watteau, Sur le talon haut de tel concetto, Car le soleil meurt au front du coteau.

Ris, poudre de riz des galantes fêtes, Robes à paniers, vendanges sont faites, Et laissons le fard aux pâles suffètes.

En vieux histrions las des comédies.

Près du cippe mort de notre Arcadie Nous n'effeuillons plus la blanche Pythie.

Car le soleil glisse en ce ciel d'octobre Ses rayons pensifs aux plis de ta robe — L'eau du bassin lave l'ancien opprobre,

Le bosquet désert oubliera nos noms, Et le faune vert près des Trianons Interroge Écho qui lui répond : Non.

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