‹ La vaine aventureChapitre 8 sur 21 · L'ÉTANG · texte numérisé non relu

L'ÉTANG

Vois, il a la bouche close ; Il est si discret, l'étang !

Dis-lui des vers, de la prose, Ou même toute autre chose ; Si tu vois bouger 1 étang, Viens-t'en me chercher, viens-t'en.

A quoi songe cette eau verte Qui sommeille ou qui attend, Où vont à la découverte Les fils de la Reine Berthe, Les longs fils soyeux d'antan Qu'elle filait en chantant ?

Tout au fond gît l'amertume

Des souvenirs attristants,

Et dans la Vase posthume

I,e corps — ce dit la coutume —

Du bon chevalier Tristan

Qui mourut fol à vingt ans.

Songes éclos en ces vases, Troubles moires miroitant Sous des écharpes de gazes Sont de longs rêves sans phrases, Des rêves à d'autres temps — Car il est très vieux, l'Étang.

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