‹ La vaine aventureChapitre 9 sur 21 · LE PARA VENT · texte numérisé non relu

LE PARA VENT

C'est, aux gris attendris des après-midi mièvres, La gravité naïve et presque ridicule Du premier seul à seul sur la route des fièvres, Sur la route, où l'intrus, le passé, se recule.

C'est, en des tours galants, mêmes chinoiseries Oiseaux d'azur planant sur des plaines rosées — Lotus d'argent broché — consolantes rosées Sur des pistils dressés en des forfanteries —

Des poissons fabuleux au ventre d'émeraude Gonflé d'illusions nagent en des nuages A peine endeuillés de la trahison qui rôde A pas violets parmi d'inquiets feuillages.

La pagode où Bouddha boude sera le temple, Et, cérémonieux, le minuscule bonze Prêche, l'air égrillard, pour le mauvais exemple. En brûlant des parfums sur la vasque de bronze.

Les plis discrets enveloppent les voix éteintes, Les voix de rien, peureuses des écholalies Et qui chuchotent d'imperceptibles folies. Lèvres à lèvres, en des fantômes d'étreintes.

Et plus tard les feuillets, en leur âme de moire. De ces vagues baisers d'où naquirent les fièvres, Comme le livre aimé, garderont la mémoire Aux gris plus attendris des après-midi mièvres.

Page 1