Marianu. Nunta la Romani, p
4. Voir Marianu. Nunta la Romani, pp. 70-80, d'après Slavici et Reissenberger.
5. Marianu. Nunta la Romani, p. 208. Nascerea la Romani, p. 182. <;. \. Elude. Nunta lâraneasca, Revista Rom., 1901, n° 38.
La condition de la femme dans la famille est encore assez humble. C'est à quoi font allusion les doine tristes, dont on connaît d'innombrables variantes l9 qui accompagnent le départ de la jeune mariée. Elle a, dans le ménage, sa large part des travaux pénibles, surtout dans la région des plaines de Munténie, où la population est encore très faible, par rapport à la production agricole. Une chanson populaire, plus d'une fois citée, la représente active et travaillant du matin au soir :
« Elle balaye la maison, allume le feu, prépare à manger, apporte l'eau de la fontaine, toujours la quenouille en main... Elle court à grands pas, moissonne l'orge et le fait griller dans le chaudron... 2 »
Vieillie de bonne heure par la maternité et le labeur, ce sera bientôt la baba aux traits fanés et ridés, qui tourne son fuseau d'un geste machinal, assise sur le seuil de la porte. Les enfants sont directement sous sa coupe jusqu'à huit ou dix ans; mais, dès qu'ils peuvent travailler, ils sont beaucoup plus entre les mains du père. Lorsqu'il y a séparation, c'est au père qu'ils reviennent 3.
En somme, il reste peu de chose de l'ancienne organisation de la famille, comme de la propriété collective. L'esprit individualiste est, malgré tout, assez marqué chez le paysan, et ce trait de caractère, qui paraît vraiment fondamental, a dû contribuer à la disparition d'usages et d'idées dus à des influences slaves. Dans l'ancien droit roumain, on trouve des dispositions d'après lesquelles les parents (rude) avaient le droit de faire opposition à la vente de biens par la veuve ou les enfants du chef de famille, et même de les reprendre en désintéressant l'acheteur 4. On a constaté qu'on ne possède aucun testament antérieur au XVe siècle, ce qui donne à peu près la date à partir de laquelle les anciennes propriétés collectives, régies par l'ancêtre ou le frère aîné, ont commencé à s'émietter 5.
Le paysan valaque actuel a un vif sentiment de la propriété individuelle et des distinctions sociales. Il reconnaît, dans le village, des frunta§i et des caudasi, riches et pauvres (mot à mot : premiers et derniers), qui ont leur place assignée dans toute cérémonie. D'un