Nicoleano, pp
3. Même remarque que pour La vigne au sujet des chiffres donnés pour l'étendue des vergers par divers documents. Nous avons adopté les chiffres de la Carte statistique agricole, en général supérieurs à ceux des évaluations pour 1898 du Monit. oific.
4. Voir G. N. Nicoleano et V. S. Brézéano. Etat de l'Arboriculture en Roumanie, sp. pp. 18-21.
sont loin d'être ce qu'on peut appeler une boisson hygiénique. La culture des prunes et la fabrication de la t,uica semblent cependant gagner en importance, d'autant plus que la production du vin faiblit.
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Figure 42.
Proportion de la surface de chaque département occupée par les champs de
pruniers, calculée d'après la Carte statistique agricole de la Roumanie. I , moins de 0,1 % — 2, moins de 0,5 - 3, moins de 1 - 4, moins de 1,5 - 5, moins
de 2 — 6, plus de 2.
Le tableau de l'activité rurale, en Valachie, ne serait pas complet si l'on négligeait l'exploitation forestière, qui tient une grande place et est, sans doute, appelée à en tenir une plus grande encore dans la vie économique du pays. Malgré ses étendues de plaines steppiques, la Valachie est encore, grâce à ses hautes montagnes et à ses collines boisées, assez riche en forêts (23 % de la surface totale). Si l'on met à part la zone des plaines, où les forêts, réduites à des lambeaux insignifiants, sauf sur la haute et basse terrasse d'Arges, ne représentent pas plus de 5 % de la surface totale, on trouve que la région montueuse de la Valachie est un des pays les plus boisés d'Europe, les forêts y couvrant 34 % de la superficie 1.
En général, l'Olténie est, et a toujours été, plus boisée que la Munténie (v. Carte botanique et forestière). Mais, de toute la zone des collines de Valachie, la partie de beaucoup la plus boisée est la
1. Le calcul de la proportion des forêts dans chaque région naturelle nous a été rendu possible par la publication de la Harta yâdurilor du Service des forêts au l/200,000a.
région élevée et profondément déchiquetée des collines d'Arges (46 %) et de Jalomita-Dâmbovi|a (35,5 %). Il est remarquable que les dépressions subkarpatiques forment une zone découverte (16 %). Leurs terrasses limoneuses ont été de bonne heure défrichées et sont encore un des coins de la Yalachie où la population est le plus dense. Il en est de même de la riche région des collines de Prahova-Teleajna et du Buzeu (16 % et 20 %). La haute montagne est encore, malgré la dévastation des pâtres et des bûcherons, couverte d'un manteau imposant de forêts séculaires (74%). Si, partout où les habitations remontent assez haut, on voit les hautes futaies se transformer en prés-bois (col de Bran, Predeal, etc.), on trouve encore, sur les pentes des Fogarash, ou dans le fond de vallées retirées, comme celle du Lotru, près de Vidra, de véritables forêts vierges, où la hache n'a jamais retenti, où la marche est rendue presque impossible au milieu des troncs géants, tombés les uns sur les autres, et pourrissant sur place.
La nature des forêts et leur état de conservation varient d'une région à l'autre, avec les circonstances physiques, les conditions de la propriété, les moyens de communication. Moins que partout ailleurs, on ne saurait envisager en bloc le domaine forestier.
Dans la région des plaines, les forêts de chêne n'ont jamais été très étendues, mais nous avons déjà eu l'occasion de montrer que certaines parties en avaient pu être, jadis, plus boisées. Actuellement, les surfaces forestières sont des taillis bas de Quercus pubescens et Q. conferta. Les seuls qui présentent quelque étendue appartiennent à l'Etat, dont la part est ici plus grande que partout ailleurs, surtout en Olténie 1. C'est l'Etat qui fait les frais des plantations d'acacias, destinées à fixer les dunes de la terrasse danubienne, à abriter et assainir les villages du Baragan. Les taillis de chêne pédoncule, dans le fond des vallées humides (Jiu, Oltu, Vedea, Arges, Talomij;a) ont seuls quelque valeur pour l'exploitation.
La région des collines a dû être jadis une vaste forêt de chênes mêlés de hêtres et de bouleaux, dans les parties les plus élevées, et conserve encore en bien des endroits ce caractère, en dehors des
1. Olténie : Etat 45 %, particuliers 33 %, communes 13 %, domaines de la couronne 7 %.
Munlénie : Etat 32 %, particuliers 52 %, communes 8 %, domaines de la couinnnes 8 %.
Calculs d'après la Harta pâdurilor, type B.
vallées. C'est là qu'on trouve les espèces de chêne qui ont le plus de valeur, surtout le Stejar (Quercus sessiliûora), qui forme de véritables futaies 1. L'Etat roumain, héritier des immenses domaines des couvents, après la sécularisation de 18G3, possède encore une proportion assez forte du massif forestier, surtout en Munténie, 44 % (communes, 8,5; particuliers, 46,5). Le déboisement a, malheureusement, pris, depuis longtemps déjà, des proportions telles, dans la région du Buzeu et de la Prahova, qu'on peut se demander s'il n'est pas déjà trop tard pour enrayer le mal.
La situation est presque aussi compromise dans la haute montagne, qui, avec ses futaies séculaires de hêtres, ses belles forêts de sapins et d'épicéas, est la région forestière la plus riche en essences d'une haute valeur, mais où l'Etat, seul propriétaire conscient de son véritable intérêt, ne possède que 23 % de la surface boisée (particuliers, 73 % ; communes, 3 %).
Tous ceux qui ont parlé de la situation économique de la Valachie, ont dénoncé l'exploitation barbare des forêts de montagne. Jusqu'en 1840, il n'y avait aucune règle. Chacun coupait où et comme il voulait. Les plus avisés laissaient quelques arbres élevés pour le repeuplement naturel. Le paysan respectait naturellement de préférence le hêtre, de valeur commerciale moindre que le sapin. C'est sans doute là une des raisons de la disparition des conifères, en dehors de la zone élevée 2. La loi forestière de 1881 a soumis au régime forestier les forêts de l'Etat, des communes, des établissements publics, et celles des particuliers situées en montagne. Malheureusement, le personnel manque pour surveiller l'application des règlements 3.
Actuellement, les forêts communales sont bien moins nombreuses qu'autrefois ; la plupart ont été achetées par des particuliers, et l'on ne saurait le regretter, lorsqu'on voit la manière dont sont traitées les parcelles qui en subsistent, soit clans les monts du Lotru, soit dans les monts du Buzeu (v. pi. Gr). A part quelques grands propriétaires, qui possèdent des forêts entières, l'Etat, l'administration des domaines de la Couronne, et celle des hôpitaux de Bucarest, sont seuls à exploiter systématiquement sous le contrôle d'agents fores-
1. Vasilescu. Die Fortswirthschaftlichen Verhâltnisse Rumâniens.