‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 165 sur 195 · IV. — Carte botanique et forestière · texte numérisé non relu

IV. — Carte botanique et forestière

La rédaction de cette carte a été inspirée par les principes suivants :

1° La carte botanique la plus intéressante pour le géographe est celle qui donne l'extension des formations végétales plutôt que les

limites noristiques, principe qui ressort nettement d'nn livre tel que celui de ScJiimper (Pflanzengeographie auf physiologischer Grundlage) ;

2° Les formations végétales sont souvent assez bien caractérisées par une ou deux espèces arborescentes qui y prédominent. En sorte qu'une carte botanique et forestière est en même temps une carte botanique vraiment géographique, ainsi que l'a montré Flahaut (Essai d'une carte botanique et forestière de la France Ann. de Géogr., 1897, pp. 289-312).

Au lieu de distinguer des zones caractérisées par tel ou tel arbre, on a jugé préférable de donner l'extension réelle des forêts, en distinguant par un figuré spécial chaque essence prédominante. La publication de la Harta pâdurilor au l/200,000e nous a rendu possible ce travail. On saisit facilement l'avantage d'un pareil mode de représentation. En même temps qu'il indique l'extension des grandes zones botaniques, il permet d'apprécier l'état actuel du paysage végétal, transformé par les défrichements, dans les différentes régions. Dans chaque zone il distingue au moins deux types de station et d'associations végétales caractéristiques : forêts et espaces découverts, qui peuvent comprendre les stations de prairies, les champs cultivés, etc.

L'extension de la région steppique ressort au premier coup d'œil de l'examen d'une pareille carte. On en a d'ailleurs marqué la limite par un trait fort ; et l'on voit que la situation et l'extension en sont tout autre qu'on ne pouvait le reconnaître jusqu'à présent, d'après les cartes existantes. En avant de la zone steppique, nous avons distingué une zone de steppe de transition, assez large en Olténie, moins étendue en Munténie et caractérisée par la présence de bois encore assez importants, dans les plis de terrain, les vallées et les endroits en général peu humides.

Un certain nombre de formations végétales spéciales ont été en outre distinguées : les formations de saules si caractéristiques pour le Danube et les vallées humides de la plaine, — les formations de roseaux — enfin les formations halophiles des vallées et lacs salés, soit dans la région steppique, soit dans certains points (très limités) de la zone des collines. On ne doit pas oublier, que pour rendre sensible la présence de cette dernière formation on a dû presque toujours la représenter comme bien plus étendue qu'elle n'est en réalité.

Notons enfin que l'extension des forêts et la distinction des essences ne peuvent être considérées comme exactes qu'en territoire roumain.

Pour le versant hongrois des Karpates, nous nous sommes servi du l/300,000e autrichien, et avons utilisé les indications de Pax, Lehmann, ainsi que quelques observations personnelles. Nous avons préféré quelques inexactitudes à une image incomplète, arrêtant le figuré juste à la frontière politique.

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