Grecescu. Conspectul florei romane, pp
4. Salix Reichardii, S. silesiaca, S. Tubra, S. viminalis, Alnus incana, Myricaria germanica, Tamarix gallica, Hyppophœe rhumnoïdes (Brândza-Grecescu).
Sous l'ombre profonde du hêtre, on cherche vainement les fleurs. Les mousses et les lichens parent les fûts élancés des arbres séculaires ; des fougères (Aspidium, Scolopendres), quelques liliacées (Allium ursinum, Scilla bifolià), des orchidées (Cephalenthera, Neottia), et quelques ombellifères amies de l'ombre (Sanicula), forment seules le tapis du sous-bois. Ce n'est qu'au printemps qu'on trouve une riche feuillaison de fleurs, profitant de la feuillaison tardive du hêtre. La plupart sont fanées dès qu'apparaissent les premières feuilles. La belle anémone des Karpates, les pulmonaires, les touffes délicates des spirées ont disparu en juin. L'oseille sauvage, avec les orobus jaune et rouge, la mercuriale pérenne, la violette des bois, les lamium, végètent encore jusqu'à la fin de la feuillaison complète du hêtre. En août, le sous-bois est dépouillé et nu l.
Les clairières sont, au contraire, d'une merveilleuse richesse, quand la dent du mouton n'y a pas encore passé. Là croissent en foule, au milieu d'une herbe drue, les renoncules, les lamium, les grandes scabieuses, des marguerites aux larges fleurs, toute une série de chardons à grosses inflorescences roses ou blanches, les fleurs délicates des polygala, des melilots, se mêlent aux clochettes bleues des campanules.
La zone subalpine supérieure ou zone du sapin, commence vers 1,200 mètres. Le hêtre disparaît et la forêt est presque entièrement formée par le sapin argenté (Abies pectinata, en roumain brad) et l'épicéa (Picea excelsa Link, en roumain moliv) ; on les trouve encore jusque vers 1,400 mètres, mêlés à des érables faux-platane (Acer pseudoplatanus), rarement à des pins sylvestres. Plus haut, on rencontre quelquefois des mélèzes. Mais ce bel arbre tend, ici comme partout, à disparaître à peu près complètement. Le mélèze et le pin cembro manquent complètement en Olténie2. On les signale dans le Retiezat 3.
Le sous-bois est encore plus pauvre, dans la forêt de conifères, que sous le feuillage du hêtre ; mais les moindres éclaircies sont envahies par une foule de fougères, de lycopodiacées, tapissés de renoncules des Karpates (Ranunculus carpathicus), de myosotis, de valérianes (Val. montaîia, V. tripteris). Au milieu des touffes d'un
I.BrÂndza, op. cil. — Pax. Grundzûge des Pflanzenverbreitung in den Karpaten, I, p. 135.