‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 49 sur 195 · L. Mrazec et Teisseyre. Le sel de Roumanie, loc. cit · texte numérisé non relu

L. Mrazec et Teisseyre. Le sel de Roumanie, loc. cit

5. E. de Martonne. La crue du Jiu en août 1900. Ann. Instit. Météorol. de Roumanie, 1900.

rivières et forment de véritables terrasses, mais il est assez rare que les marnes aient été mises à découvert.

La zone des dépressions subkarpatiques dont l'origine est liée aux faits les plus importants de l'histoire du sol valaque est vraiment une région unique en Olténie. Nulle part on ne retrouvera cette alternance de croupes étroites et de vallées démesurément larges ; des vallées relativement étroites, séparées par de larges plate-formes sont au contraire la carctéristique de la zone des collines où l'érosion est le facteur principal du relief.

Mais ce ne sont pas seulement les formes du terrain qui font l'originalité de la zone subkarpatique. Le climat y offre des particularités curieuses. Les pluies y sont notablement inférieures à celles que reçoivent les hautes collines d'Olténie. Par un régime de vents d'E. et du S.-E., on doit s'attendre à ce que des hauteurs comme Mâgura Slatiorului, Dealul lui Bran, Dealul Bujurescu, forment écran pour les dépressions qui se trouvent derrière elles. Malgré l'insuffisance du nombre des stations ce résultat était déjà mis en lumière dans la carte dressée par M. Hepites 1. Nous avons essayé de le rendre plus sensible par un dessin des courbes qui tînt compte de la disposition du relief. On peut voir qu'un minimum très marqué s'étale sur la dépression de ïârgu Jiu et qu'un autre minimum longe le pied des monts du Lotru (v. Carte des pluies).

L'hydrographie de cette région n'est pas moins curieuse. Sur le fond aplani des dépressions où la pente est assez forte encore, mais considérablement plus faible que celle des vallées de montagne, les rivières débouchant des Karpates présentent tous les caractères d'un cours d'eau qui cherche le chemin le plus court sur un cône de déjection récent. Souvent, elles se divisent en plusieurs bras dont l'importance est variable. Leur lit, creusé peu profondément, est incapable de contenir la masse d'eau qui arrive brusquement de la montagne par des gorges étroites et profondes. Les eaux canalisées comme dans un tube fermé se précipitent à la manière d'un jet de pompe dans les dépressions. Le Jiu est particulièrement terrible, lorsque de grosses pluies ont gonflé les torrents qui se réunissent dans le bassin de Pétroseny. L'étroit défilé du Surduc joue alors le rôle d'une sorte d'écluse qui arrête un instant la crue, mais la lâche bientôt, d'autant plus violente et furieuse. Au mois d'août 1900,

Page 1