‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 50 sur 195 · Hepites. Régime pluviométrique de la Roumanie, Bue · texte numérisé non relu

Hepites. Régime pluviométrique de la Roumanie, Bue

l'onde atteignant clans le défilé 15 mètres au-dessus de l'étiage, débouchait à Bumbesci à huit heures et arrivait à Târgu Jiu à midi. En une henre, le niveau du fleuve montait de deux mètres, les digues étaient renversées, des prés, des jardins étaient inondés sur plusieurs kilomètres. La ville ne dut d'être sauvée qu'à sa position élevée et à la bonne construction de la digue cimentée qui la protège l.

Ces inondations justement redoutées ne sont qu'un pâle souvenir des débâcles qui devaient, à l'époque quaternaire, ravager le bord des Karpates. C'est à elles qu'on doit sans doute le manteau épais de limon, tantôt d'aspect presque loessoïde, tantôt mêlé intimement de cailloutis qui recouvre partout les alluvions des dépressions subkarpatiques. La fertilité du sol est due à ce limon. Nulle part il n'est assez épais pour que l'eau soit rare; les marnes qui affleurent çà et là maintiennent le niveau d'eau à une faible distance de la surface. La pluie est d'ailleurs encore assez abondante, jamais moins de 750 m/m. Le régime est moins capricieux que dans la plaine et ne connaît pas de sécheresse d'automne. Ce sont les mois de mai et d'octobre qui sont les plus humides 2. La température est plus douce que dans les parties élevées de la zone des collines et les hivers de Târgu Jiu sont moins froids que ceux de Craïova.

Tout concourt pour assurer une vie facile à une population agricole assez nombreuse. En dehors des surfaces d'inondation, les dépressions sont entièrement couvertes de champs et de prairies. Les croupes séparatrices ont souvent conservé des restes importants de l'antique forêt de chênes qui s'étendait sur presque toute la région. Le voisinage de la montagne est une nouvelle source de revenus et un débouché pour l'activité d'une population très dense. Sur les pentes inférieures paissent des troupeaux de vaches qu'on rentre à l'hiver. Parmi les hommes de quarante ans, on en trouverait difficilement un qui n'ait été cioban dans sa jeunesse. À l'automne, avant les premières chutes de neige, on voit encore monter et descendre des caravanes de bûcherons, piquant des bœufs qui traînent, d'un pas lent, la câruta remplie de bûches mal équarries, ou poussant des chevaux chargés de sindrele, lattes préparées pour boiser les toits et assemblées en paquets.

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