‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 52 sur 195 · Stefan escu, op. cit · texte numérisé non relu

Stefan escu, op. cit

de l'Oltu, de l'Argesh, de Prahova et même en Moldavie1. L'observateur le plus superficiel ne pourrait manquer d'en être frappé, tant la répétition en est constante. L'origine en est plus difficile à élucider.

La terrasse inférieure est une terrasse de comblement, qui s'étale de plus en plus, au fur et à mesure qu'on descend et finit par former la grande terrasse diluviale de la plaine valaque ; mais sa continuité avec les terrasses des dépressions subkarpatiques n'est nulle part nettement établie. Elle devrait correspondre à la terrasse inférieure de Bumbesci. Quant à la terrasse supérieure, c'est une terrasse d'érosion qui peut dater de l'époque où l'érosion a atteint son maximum d'intensité. En admettant qu'on puisse généraliser les faits que l'étude du Paringu nous a révélés 2, ce moment se placerait après la première période glaciaire, c'est-à-dire à l'époque où l'alluvionnement a été le plus intense dans lés dépressions subkarpatiques et où s'est formée la terrasse supérieure de Bumbesci 3. Cette période de creusement aurait été suivie d'une période de comblement à laquelle on devrait la terrasse inférieure. L'ère actuelle est au contraire une ère de creusement et l'activité de l'érosion est telle, qu'on voit dans la haute vallée du Gilortu, des torrents former des cônes de déjection en débouchant sur la terrasse supérieure.

Quoi qu'il en soit, on ne saurait trop exagérer l'importance géographique de ces terrasses. Là sont les cultures ; les habitations se groupent généralement sur le flanc ou au pied de la terrasse supérieure, partout où elle est entamée par un vallon. C'est à elles que les larges vallées du Jiu, du Gilortu, de l'Oltetu doivent d'être la partie vivante et riche de la région. Les hauteurs qui les séparent ne sont souvent qu'une solitude boisée.

Les caractères généraux de la zone des collines d'Olténie sont en somme très simples et l'on chercherait vainement ici la variété d'aspects de la montagne, ou même celle des dépressions subkarpatiques. On peut cependant noter quelques contrastes entre la partie la plus voisine de la montagne et celle qui touche à la plaine. C'est surtout à la première que s'applique la définition donnée de la zone des collines. C'est une région très montueuse, où les collines

1. L. Mrazec. Quelques remarques sur le cours des rivières en Valachie, loc. cit. et communication inédite.

2. E. de Martonne. Sur la période glaciaire dans les Karpates méridionales, CB. An. Se. 27 nov. 1899, et Contributions à l'étude de la période glaciaire, Bull. Soc. Géol. Fr.% 1900.

3. Considérée comme pliocène par Mrazec. Contribution à l'histoire de la vallée du Jiu, Bull. Soc. Se. Bue. (1900).

atteignent jusqu'à 500 et 600 mètres, alternant avec des vallées de 180 mètres d'altitude en moyenne. Les dos de terrain qui séparent les vallées sont presque entièrement couverts de taillis de chêne pédoncule et de Q. sessiliûora. Sur les points les plus élevés on trouve encore quelques hêtres et des bouleaux. Le sous-bois est formé par des troènes, des nerpruns, des fusains. Les vallons où jaillissent des sources sont déboisés et abritent des groupes de maisons, chacune entourée de son petit champ de maïs. Ce sont les plus anciens centres habités, car il fut un temps où le paysan fuyait les routes. Dans les vallées inférieures à 200 mètres, la forêt a presque complètement disparu. Dans les îles, sur les bords des cours d'eau, on trouve encore des bouquets importants de chênaies, où domine une espèce commune dans la plaine (Q. pub es cens). La végétation est partout très riche, les sources abondent à flanc de coteau, au contact des marnes et des couches sableuses.

Le climat est d'ailleurs très humide. C'est là, particulièrement entre le Gilortu et l'Oltu, qu'est la région la plus pluvieuse de toute la Valachie, en dehors des Karpates, il y tombe plus d'un mètre d'eau (Slavesci 967 m/m, Roiesci, 1,143 m/m)- Ces pluies sont surtout des pluies de printemps 1, très favorables au maïs. Dans les districts de Grorj et de Yâlcea, le maïs représente les 4/5 des céréales cultivées. Les étés relativement secs conviennent à cette culture.

Dans toute cette région qui s'étend à peu près jusqu'à une ligne tirée de Strehaïa à Drâgasani, la densité de la population varie entre 40 et 50 habitants par kilomètre carré. Les habitations sont plus dispersées que partout ailleurs : chaque vallon a sa source, chaque repli de terrain au voisinage des vallées cache un groupe de deux ou trois maisons. Aucun centre important : à l'E. du Jiu, dans les collines de Yâlcea, on sent l'attraction des marchés de Râmnic, Rîureni, Drâgasani. A l'O., dans les collines de (rorju, c'est à Strehaïa ou à Filiasi que se donnent rendez-vous les Olteani.

Ces deux bourgs qui prennent de plus en plus d'importance marquent le commencement d'une nouvelle région où l'on peut voir se perdre graduellement tous les traits qui caractérisent la zone des collines. Là, plus de hauteurs dépassant 300 mètres. Les grandes vallées s'étalent encore davantage. Celle du Jiu dépasse 6 kilomètres de largeur ; la terrasse inférieure y prend de plus en plus d'impor-

1. Roesci : J. 45: F. 85: M. 151: Av. 175; M. 99; J. 179; Jt. 89; At. 38; S. 35; O. 61: N. 87; D. 96 ■/*.

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