J. F. M. A. M. J. Jt. A1. S. O. N. D
Orsova.. 2,069 2,218 3,112 3,694 3,822 3,417 2,856 2,356 2,047 1,850 2,347 2,481
Corabia. 2,46 2,50 3,37 4,80 4,54 4,03 3,30 2.38 1,98 1,96 2,58 2,40 3,03
Giurgiu.,2,42 2,71 3,23 4,63 4,49 4,06 3,14 2,19 1,68 1,64 2,28 2,13 2,88
Braila... 2,25 2,54 2,94 3,67 4,02 3,98 3,34 2,37 1,65 1,49 1,93 2,07 2,69
maximum du printemps est incontestablement d'origine étrangère à la Yalachie. Ce sont les crues alpines et hongroises qui apportent ces énormes masses d'eau dont on peut suivre le flot traversant toute l'Europe. Le retard du maximum d'Orsova à Braila marque la vitesse moyenne de propagation de l'onde qui met plus d'un mois à parcourir ces 800 kilomètres.
Lorsqu'une crue est annoncée à Bazias, on voit d'abord le niveau des eaux s'élever rapidement à l'entrée des Portes de Fer. Les inondations commencent à Orsova avant que le flot principal ait débouché à Turnu Severinu. Dans toute la section de Severinu à Calafat, où la pente du thalweg est encore sensible et le lit majeur peu large, la vitesse de propagation est très grande. On voit en un jour ou deux, le flot gagner Calafat et Bistretu. A partir de là les conditions changent. Les premières hautes eaux de mars s'écoulent encore assez vite, remplissant le chenal principal où le niveau se trouvait très bas ; il leur suffit souvent de cinq à six jours pour atteindre Gura Jalomitei. Mais quand un second et un troisième flots arrivent, les eaux commencent à se déverser par les bras latéraux, envahissant les lacs presque desséchés comme la Balta Potelu, le Lacu Grecilor, le Lacu Calarasilor. De là, elles reviendront par les gîrle, dès que le niveau baissera, déversant lentement une masse d'eau qui soutient le débit du fleuve, en attendant l'arrivée d'une nouvelle onde. La vitesse de propagation de la crue n'est nullement en rapport avec la vitesse du courant fluvial principal, mais avec celle des eaux dans le lit d'inondation l.
A partir de Calarasi, le lit d'inondation, c'est toute la Balta. Avant que les premières hautes eaux aient envahi tout le réseau de canaux étroits et de bras morts, rempli tous les lacs et marécages peuplés de roseaux, il peut bien s'écouler cinq à six jours. Alors seulement, si la poussée continue, on voit les îles et les prairies envahies, le flot jaune et sale d'où émergent seules les cimes des grands saules s'étale des hauteurs de la Dobrodgea à la rive valaque et s'écoule lentement, agité de remous incessants, vers la mer. On ne doit donc pas s'étonner de voir une crue qui apparaît le 1er à Calafat, atteint Bechet le 2, et Turnu M%urele le 3, n'apparaître que le 10 à Calarasi et le 16 à Hârsova (avril 1901). L'écoulement est plus lent encore que la montée des eaux. Le flot met dix jours à s'écouler à Calarasi, près de quinze à Gura Jalomitei.