III
Ici on ne peut manquer de reconnaître un type bien marqué de régime continental, avec pluies d'été et sécheresse hivernale, tel qu'on l'observe en Russie.
Comment donc expliquer la pureté du ciel en été et la dépression de l'humidité de l'air, qui va de pair avec celle du sol, pour le plus grand dommage de l'agriculture ? La raison en est facile à saisir si l'on songe aux températures extrêmes atteintes pendant les mois d'été et à l'évaporation active qui doit en résulter. Si les précipitations tombées en été représentent 35 % de la somme annuelle, la couche d'eau qui s'évapore pendant le même temps représente 43 % de l'évaporation annuelle. Les plaintes de l'agriculture ne sont donc pas vaines, et il est juste de parler d'une sécheresse d'été, bien que la quantité de pluie y soit plus abondante qu'en hiver.
Il faut ajouter que ces précipitations se produisent le plus souvent à la suite de violents orages qui déversent, en un court espace de temps, une énorme quantité d'eau. La moyenne du maximum de précipitations recueilli en 24 heures atteint 93 m/m, au mois de juillet, à Bucarest. Le 10 juin 188G, on a recueilli 65 m/m en une heure ; à Curtea de Arges, le 7 juillet 1889, une pluie d'orage précipitait, en 20 minutes, 204 m/m 2 !
Le nombre des jours de pluie n'est pas sensiblement plus élevé en été qu'en hiver (26,2 contre 25,7) ; c'est au printemps qu'il est le plus fort (31,2). L'automne, plus que l'hiver lui-même, est la
1. Athènes : nébulosité moyenne, 3,8 ; hiver, 5,5 ; été, 1,5. Jours clairs : hiver, 6 ; été, 44. — Eginitis. Climat d'Athènes, Ann. de V Observatoire nat. d'Athènes, t. I,
2. Hepites. Régime pluviométrique de Roumanie, p. 65. Toutes les données relatives aux précipitations sont empruntées à ce travail.
véritable saison sèche (23 jours de pluie), et, dans les années mauvaises, la période sans pluie peut commencer dès le mois de juillet. C'est ainsi qu'en 1895 la sécheresse dura 96 jours, du 8 juillet au 11 octobre, à Dabuleni (Dép. de Romanati) ; en 1896, elle atteignit 98 jours, du 16 juin au 21 septembre, à Yitomiresci (Dép. d'Arges). Les mois les plus pluvieux ne sont d'ailleurs pas tous des mois d'été. La période humide comprend surtout les mois de mai, juin et juillet, qui, à eux seuls, donnent 37 % du total annuel.
En somme, le régime pluviométrique de la Yalachie offre les plus grandes affinités avec le régime de pluies continental, qui prévaut dans la Russie méridionale ; la sécheresse y est seulement plus précoce et plus marquée en automne qu'en hiver, comme le montre le tableau suivant, qui donne le pourcentage des précipitations mensuelles en Yalachie (I) et en Russie (II) l.