‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 86 sur 195 · Sur toul ceci, voir P. Eliadè, op. cit · texte numérisé non relu

Sur toul ceci, voir P. Eliadè, op. cit

Ces détails étaient nécessaires pour expliquer l'importance qu'a encore à l'heure actuelle, l'élément grec en Yalachie. S'il a dû abandonner le rôle prépondérant qu'il jouait dans la vie intellectuelle et politique du pays, il y est encore un ferment d'activité économique. Le quartier des Lipscani à Bucarest, est peuplé presque entièrement de Grecs et d'Arméniens, et si les derniers sont assez assimilés pour qu'un œil exercé ait peine à les discerner, le Grec se reconnaît aussitôt et ne cherche pas d'ailleurs à se dissimuler ni à se fondre dans la population. Souvent, après fortune faite, il retourne chez lui. Dans presque toutes les grandes villes, l'épicerie, la mercerie, le commerce des étoffes importées et des modes est aux mains des Grecs. Dans les ports danubiens, le grec frappe à chaque instant les oreilles. Le commerce des blés à Brâila, Galati, Calafat, Giurgiu, est tenu par des Grecs, et les lourdes péniches où s'engouffrent les sacs de blé et de maïs, portent presque toutes des noms grecs pompeux.

Ce qui a grandement favorisé le maintien d'une population grecque, c'est la retraite à peu près complète des Turcs, qui, autrefois, jouaient un certain rôle comme marchands de blé et de bétail l et l'indifférence du Roumain pour tout ce qui est étranger à l'agriculture.

Cette indifférence explique l'immigration constante des négociants allemands, qui parfois finissent par se fixer définitivement clans les grandes villes ; des terrassiers italiens, qui, là comme en Autriche, retournent chez eux tous les ans ; des hommes de peine hongrois, qui de plus en plus tendent à former des colonies importantes dans les districts montueux de Munténie ; des Russes, qui, à Bucarest forment une corporation de cochers élégants, tous affiliés à la secte des scopiti.

Encore le Roumain n'aime-t-il pas n'importe quelle agriculture. Le jardinage est laissé au Bulgare, habitué aux cultures délicates des pays méditerranéens. L'émigration des Bulgares jardiniers date du milieu du XVIIIe siècle, et le mouvement serait parti du village de Ljaskovec, dont les habitants étaient employés à Constantinople '-. Actuellement on les trouve partout, non seulement en Roumanie, mais en Serbie, en Hongrie, jusqu'à Tienne et Moscou 3.

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