Jirecek. Das Fùrstentum Bulgarien
E. de Martonne. — La Valachie.
Planche 1.
XVII. — Kula, haute maison en brique, répandue dans tout le Nord de la péninsule des Balkans.
XVIII. — Maison de paysan à Bumbesci- (Olténie). Type (1''- maisons de la zone montueuse de la Valachie.
suffisant à elle-même. La maison, avec l'étable gui lui fait face et le grenier élevé au-dessus clu sol par quatre pieux d'angle à une hauteur de un mètre, est comprise à l'intérieur d'une cour qu'entoure une palissade formée de brandies tressées autour de pieux verticaux, ou de planches grossièrement ajustées. Parfois un portail surmonté d'un toit en lattes comme celui de la maison donne accès dans cette petite forteresse (v. pi. J). En arrière s'étend le verger planté de pruniers, dont les fruits servent à fabriquer la tuica, et le champ de maïs, dont les épis dorés s'entassent à l'automne dans le grenier, à l'abri des rats.
Dans la région des plaines, l'habitation est toujours plus simple. La maison fait face directement sur la route. Le grenier se trouve accolé à un des murs. Le jardin s'étend derrière.
Les conditions de construction sont d'ailleurs différentes suivant la région. Le type le plus commun de maison dans toute la région montueuse de la Yalachie est la maison en bois, construite à peu près sur le modèle de la stîna de montagne, avec son toit en lattes (sindrele), très incliné et dépassant de 50 à 80 centimètres (v. pi. I). Un mur de pierres sèches, élevé de 20 à 50 centimètres au-dessus du sol, forme généralement les fondations. Le toit repose le plus souvent, comme dans la stîna, directement sur les parois. La plupart du temps, les trous des murs sont bouchés avec de la terre et la surface égale ainsi obtenue est blanchie à la chaux. Une sorte de galerie fait le tour de la maison, abritée par l'avancée du toit (pridvor). On y met des objets accessoires, on y étale le linge, on y mange et on y couche même en été. Au voisinage de la montagne et dans les hautes collines d'Olténie, on voit fréquemment la galerie surélevée jusqu'à lm50 à 2 mètres au-dessus du sol, formant balcon ; la maison présente alors un rez-de-chaussée, sorte de cave ou cellier, et un premier, seul blanchi à la chaux (pi. I).
La maison en bois est la demeure préférée du paysan roumain. Dans les villages pauvres, où l'on tend à remplacer le bois par le pisé, les lattes par le chaume, Yungurean, ancien berger, ne peut se passer de la maison rustique qui lui rappelle la stîna. La maison en bois n'est cependant possible que dans un pays forestier. Plus on s'éloigne des Karpates, plus le bois devient cher. Les lattes (sindrele) en bois de sapin, qu'on va couper dans la montagne à la fin de chaque été, sont vite hors de prix. Déjà, près de Târgu Jiu et Carbunesci, on reneoiître des toits de chaume. En Munténie, à partir
de Pitesei, en Olténie, à partir de Filiasi, on ne trouve plus jusqu'au Danube que des murs de terre. Les quatre angles de la maison sont seuls formés par de solides poutres fourchues qui supportent la charpente du toit, et les parois sont constituées par un treillis de branches enlacées autour de piquets verticaux, sur lequel on projette avec force un mélange de terre, de paille et de bouse de vache, de façon à le faire entrer clans les intervalles 1. Ce procédé existe depuis longtemps, la députation administrative d'Olténie décrivait déjà
en 1719 avec dégoût « mit gestreichter flechtwerk und mit S. Y.
(salva venia) koth etwasz angeworfene hàuser2. »
Dans les endroits les plus pauvres de la région steppique, sur le bord du Danube, où le bois est complètement inconnu, on fait des murs entièrement en terre battue et séchée entre deux planches 3.
Maisons de bois et maisons de terre, voilà les deux types principaux d'habitation paysanne en Yalachie. On peut voir d'après les esquisses ci-jointes (figure 36) que leur répartition géographique est nettement en rapport avec les conditions pli y-
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Kigure 36. — Répartition par départements des maisons en terre (A) et des maisons en bois (B), d'après Crainiceanu :
l. moins de 10 maisons pour 1,000 habitants — •2. de 10 à 20 — 3, de 20 à 60 — 4, de 60 à 100 — 5, de 100 à 150 — G, de 150 à 200 - 7. plus de 200.
1. Procédés bien décrits par Manulescu. Igiena teranului, Bue.. 1805. voir iig, 4 el i. pp. 22-23 (montrant des maisons en construction),
' Antwort der Verwaltungsdeputation, Joe. cit., p. 310.
3. Communes de Sovâresci, Piatra, Suhaïa, Fôntânele, Voevodu, etc. (Dép' Teleorman). — Manolescu, <>i>- oit., p. 23.
siques 1. La prépondérance des maisons en bois est frappante en Olténie, où la région des collines est bien plus étendue, et l'on comprend que le Roumain y ait pris pied plus vite et plus facilement qu'on Munténie. Si les renseignements dont on dispose permettaient de faire les calculs par régions naturelles, on verrait sans doute se manifester de façon frappante la localisation des constructions en bois dans la région forestière et montueuse.
Qu'elle soit en bois ou en terre, la maison paysanne est d'ailleurs presque toujours étroite et construite au mépris des lois de l'hygiène. Les fenêtres sont larges à peine de 50 centimètres et hautes de 70 ; le plus souvent bouchées avec du papier 2. Pour entrer par la porte, il faut se baisser. A l'intérieur, deux chambres, le cellier (celar) où l'on garde les ustensiles nécessaires aux travaux des champs avec les provisions de bouche, et la chambre d'habitation (tinda) où se trouvent un ou deux bancs recouverts de couvertures qui servent de lit, une table grossière en bois et une sorte de poêle primitif (fig. 37). C'est exactement la distribution de la stîna. En hiver, tout le monde se rassemble autour du poêle dans la tinda et l'on peut voir cinq ou six personnes dormir dans une chambre large de trois ou quatre mètres au maximum , avec les chiens , les porcs , les moutons roulés sous la table et les lits.
La maison de terre battue où hommes et animaux dorment pêlemêle dans une atmosphère puante et chargée de gaz par un mauvais poêle, n'est pas encore ce que la Yalachie peut offrir de plus malsain et de plus primitif. La députation administrative d'Olténie, en 1719, parle avec horreur de ces paysans qui habitent dans des trous sous terre, comme des bêtes sauvages, « gar unter der Erde wie das wilde Yiehe. » Ces habitations souterraines, qui avaient tant étonné, au XVIIe siècle, le jésuite Avril 3, qu'on trouve mentionnées,
Figlre 37. — Pian d'une maison de paysan valaque. — A droite, la chambre d'habitation avec deux lits-(L) et une table (T); à gauche le celar avec le coffre (lad a, i.) et le foyer (Vatra, V).
1. Les calculs ont été faits d'après les renseignements fournis par les médecins de canton [medici de plaçi). — Crainiceanu. Igiena tëranului roman, pp. 43-44. Sans se faire illusion sur l'exactitude absolue de ces renseignements, on peut les admettre comme suffisants pour des moyennes par départements.