Cf. Mannhardt. Antike Wald und Feldkûlte, Berlin
2. Cf. pour des exemples analogues. H. Hubert et Mauss. Essai sur la nature et les fonctions du sacrifice, Année Soc, II, 1899.
3. Mariaxu. Nascerea la Romani, p. 142. L'origine balkanique de la croyance aux Ursitoare Ursile paraît résulter des rapprochements établis par Saineanu avec des contes albanais, sudslaviques, grecs, etc. (Basmele. pp. 145-147).' Cf. Strauss. Die Bulgaren, p. 170.
4. Mariaxu. Inmorminterea la Romani. — Burada. Datine poporuiui roman la înmorminterea, Iasi, 1882.
attache à son petit doigt, les monnaies qu'on jette dans chaque ruisseau rencontré pendant le transport du corps, le pomu, symbole de l'arbre qu'il trouvera sur son chemin dans l'autre vie, sont des faits qui se rattachent à un cycle d'idées aussi bien latin que slave, turc, ou même égyptien.
Ce qui mérite d'être noté, c'est la ressemblance frappante de certains usages matrimoniaux avec ceux des slaves de Bosnie l, et les affinités balkaniques de toutes les croyances relatives aux démons des maladies 2 et aux vampires. L'origine balkanique du vampirisme ne fait plus de doute depuis le travail de Hock 3. Toutes les précautions prises en Valachie pour que le mort ne devienne pas vampire se retrouvent chez les Bulgares 4.
Pour tirer des conclusions fermes de tous ces faits, il serait nécessaire de les classer, de les rattacher à plusieurs types, et de les localiser géographiquement. Malheureusement, un pareil travail serait rendu très difficile par la multiplicité des usages locaux, dus à la fidélité du Roumain aux coutumes de son village, qu'il transporte partout où il s'établit. C'est ainsi qu'au cœur des steppes de Munténie, on retrouve, dans les villages de Mocani, l'étendard de la noce transylvaine. D'ailleurs, peut-être est-il déjà un peu tard pour que les faits les plus intéressants n'échappent pas à une pareille enquête. Aux environs des villes, bien des coutumes se perdent. Les orâtiune, récitées jadis de mémoire avec toutes leurs variantes, sont maintenant imprimées à Bucarest et distribuées par les colporteurs 5 !
De ce rapide exposé se dégage cependant quelque chose. C'est une idée déjà plus nette du caractère ou, du moins, des tendances d'esprit du paysan valaque. Il est impossible de ne pas être frappé du goût de la représentation, d'un certain instinct de grandeur, qui se fait jour dans tous les détails des cérémonies de la noce et, notamment, dans ces interminables orâtiune où le marié est toujours qualifié de