À MES AMIS
A MonNSIEUR LE PROFESSEUR VORON Professeur de Clinique Obstétricale
Nous lui exprimons notre respectueuse gratitude pour le grand honneur qu’il nous a fait de présider notre jury de thèse et pour la bienveillance avec laquelle il nous
a accueilli dans son service.
À MES Juces
A MonsIEUR LE DocTEUR PIGEAUD Chef de Clinique Obstétricale
Il nous a toujours témoigné une grande bienveillance. Nous lui devons le sujet de ce travail. Il nous a guidé de ses conseils.
Nous l’assurons de notre profonde gratitude.
A MES MAÎTRES DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE L'ÉCOLE DU SERVICE DE SANTÉ MILITAIRE
https///archive.org/details/ IA41545324 0091
LA VALEUR PRONOSTIQUE DE LA COURBE REPRÉSENTATIVE DU COEFFICIENT DE MAILLARD DANS LES VOMISSEMENTS GRAVES DE LA GROSSESSE
Avant-Propos
Au cours de nos stages à la Clinique obstétricale de la Charité, notre maître, M. le Professeur Voron, nous a montré à plusieurs reprises des malades présentant un syndrome de vomissements graves de la gestation.
À leur propos il nous à dit l’importance qu’il attachait à la recherche systématique du coefficient de Maillard chez ces malades et la valeur pronostique que comportait la courbe représentative des variations quotidiennes de ce coefficient.
Dans une thèse soutenue en 1930, J. Salucki à réuni un certain nombre d’observations recueillies depuis 1927 à l’infirmerie de la Clinique obstétricale.
A leur sujet, il a fait une double étude, d’une part, en réunissant les travaux qui démontrent la valeur du coefficient de Maillard en tant que témoin d’insuffisance hépatique en général, d’autre part en montrant tout l'intérêt présenté par ce test chez les malades atteintes de vomissements graves.
Lorsque nous avons demandé à notre maître de nous
conseiller au sujet de notre thèse inaugurale, thèse que nous désirions consacrer à une question obstétricale, il a bien voulu nous confier le soin de compléter le travail de Salucki en représentant, d’une manière saisissante pour l’œil, les courbes des variations du coefficient de Maillard chez les malades présentant des vomissements graves de la grossesse.
Sur ces courbes s'appuie toute la démonstration de Salucki, mais il ne les avait pas fait figurer dans sa thèse.
En outre, depuis l’année dernière, de nouvelles observations ont été recueillies, certaines d’entre elles par nous-mêmes et ces observations, qui confirment les conclusions défendues depuis plusieurs années à la Clinique obstétricale, méritent d’être rapportées.
Nous diviserons le présent travail entre deux parties bien distinctes :
1° Dans un premier chapitre, nous présenterons onze observations de vomissements graves de la gestation, Cinq ont été recueillies par nous-même, cette année, à la Clinique obstétricale, cinq sont empruntées à la thèse de Salucki, une provient de l’'Hôtel-Dieu où M. le Docteur Gonnet nous à permis de suivre une malade. Nous le remercions de sa grande bienveillance.
2° Dans une seconde partie, nous réunirons onze graphiques, chacun d’eux ayant trait à l’une des malades dont l’observation figure dans le chapitre précédent.
Nous avons estimé qu’il était nécessaire de grouper ces graphiques de façon à mettre en évidence leurs
ee A ES
points communs et à dégager de leur ensemble [a notion de leur valeur pronostique.
Du reste, pour qu'ils ne paraissent pas trop éloignés des constatations cliniques dont ils découlent nous avons placé auprès de chacun d’eux un très court résumé de Pobservation.
C’est essentiellement à cette représentation graphique des variations du coefficient de Maillard que nous consacrons ce travail, aussi nous ne reviendrons pas ici sur les notions se rapportant à la valeur de ce coefficient dans l’insuffisance hépatique en général, cette question ayant été parfaitement traitée dans la thèse
de Salucki.
RTE | RE 4 LÉ sé
Observations
OBSERVATION N° 1 (Thèse de SaLucki)
Mme M.., 30 ans, entrée le 7 août 1929 ; IV° geste.
Première grossesse : normale, enfant vivant.
Deuxième grossesse : fausse couche à 1 mois.
Troisième grossesse : normale, enfant vivant.
Quatrième grossesse : actuelle. D. R., 16-20 mai 1929.
Début des vomissements : fin mai.
Début des vomissements graves : 15 juillet.
A l'entrée : malade amaigrie, léger subictère.
Poids, 42 k. 500 ; pouls, 95.
Examen des urines le 8 août :
- Diurèse : 600 grammes.
Sels et pigments biliaires : 0.
Acétone : ++ COEFFICIENT MAILLARD : 25.
Dans les jours qui suivent l’entrée, l’état de la malade devient inquiétant ; les vomissements augmentent de fréquence, mais le poids monte légèrement et le pouls se ralentit.
Le 8 août : poids, 42 k. 500 ; pouls, 92.
Le 11 août : poids, 42 k. 800 ; pouls, 88.
Le 14 août: poids 42 k. 800 ; pouls, 80.
Examen des urines le 14 août :
Diurèse : 850 grammes.
Acétone : ++ . COEFFICIENT DE MAILLARD : 27,5.
la
Le coefficient de Maillard décèle donc l’aggravation de l’état général, alors que le poids et le pouls ne laccusent même pas.
Les jours suivants, amélioration considérable des vomissements et de l'état général ; le poids passe à 42 k. 850, 43 k., 44 k. pour atteindre 45 k 800 le jour du départ.
Examen des urines le 19 août :
CoEFFICIENT DE MAILLARD : 6,9.
Examen des urines le 24 août :
La malade sort de l’infirmerie complètement guérie et la grossesse continue.
Dans cette observation de forme sévère de vomissements graves de la gestation, le coefficient de Maillard à suivi fidèlement les variations de l’état de la malade alors que le poids et le pouls, tests beaucoup moins sensibles, ne donnaient pas de renseignements précis.
OBSERVATION N° 2 (Thèse de Sazucxi)
Mme H.., 21 ans ; entrée le 30 juin 1929. I pare.
Pas de fausse couche. Pas d’antécédent. Bonne santé habituelle. D;CR.,723-27 mars 19291
Début des vomissements : 3 jours après la fin des règles.
Début des vomissements graves : 1° juin.
A l'entrée : amaigrissement considérable (15 kgs), constipation opiniâtre, douleurs et troubles gastriques. Examen complet négatif.
Poids, 36 k. 700 ; pouls, 105.
Examen des urines le 31 juin :
Diurèse : 600-700 grammes.
Pigments biliaires : 0.
Sels biliaires : +++
Acétone : +++
Durant les 2 jours qui suivent l'entrée, la situation ne change pas.
Le 1” juillet : poids, 35 k. 800 ; pouls, 100.
Le 2 juillet: poids, 35 k. 340 ; pouls, 98.
Puis le pouls continuant toujours à baisser, le poids augmente dans les jours qui suivent : 35 k. 900 ; 35 k. 980 ; 36 k. 450 ; 56 k. 800. |
Le 8 juillet, il a atteint 37 k. 100 ; le pouls est à 90.
A cette date, on fait un examen des urines :
Diurèse : 1.000 grammes.
Sels biliaires : traces légères.
Acétone : +++
Le léger fléchissement du coefficient de Maillard confirme l’amélioration de l’état de la malade.
Le 12 juillet : l’amélioration est très nette.
Poids, 39 kgs ; pouls, 84.
Examen des urines : Diurèse : 1.300 grammes.
Sels biliaires : traces légères.
Acétone : 0.
Le 15 juillet : la malade sort guérie.
Poids, 39 k. 700 ; pouls, 80.
Dans cette observation, les courbes du poids, du pouls et celle du coefficient de Maillard ont la même signification, elles indiquent une amélioration progressive de la malade.
Toutefois, malgré ce parallélisme manifeste, nous donnons plus de valeur à la courbe de Maillard qu'aux deux autres ; en effet, ses variations sont plus amples que celles du poids et, l’autre part, elles obéissent à moins d’influences secondaires que celle du
pouls.
Mme D... 36 ans ; entrée le 28 octobre 1930. IX pare. ;
Première grossesse : avec vomissements, mais menée à terme; enfant bien portant.
Deuxième grossesse actuelle : D. R., 8-13 août 1930.
Début des vomissements : 20 août.
Début des vomissements graves : 20 septembre.
A l'entrée : amaigrissément considérable (12 kgs), subictère, foie gros, vésicule douloureuse.
Poids, 61 kgs ; pouls, 120.
Examen des urines : | | COEFFICIENT DE MAILLARD : 21,77.
Le 30 octobre : poids, 62 k. 700 ; pouls, 110. Examen des urines le 30 octobre :
Diurèse : 300 grammes.
Acétone : +++
Le 4 novembre, les troubles digestifs se sont améliorés
Poids, 65 k. 900 ; pouls, 113.
Examen des urines le même jour :
Acétone : 0.
Cette amélioration ne dure pas et on assiste à une véritable rechute ; les phénomènes digestifs reprennent, le pouls baisse toujours, le poids faiblit légèrement, seul le coefficient de Maillard accuse cette rechute.
En quelques jours il monte rapidement, fait un véritable clocher et le 12 novembre il atteint 28,76 ; puis il retombe brusquement en même temps que les troubles digestifs disparaissent ; la malade reprend du poids, son pouls baisse encore et le 15 novembre elle quitte le service.
À cette date : poids, 66 kgs ; pouls, 80.