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EXPÉRIENCES ET THÉORIES - DE FLOURNOY

Janet et Grasset ont surtout étudié des phénomènes étrangers au spiritisme. Ils n’ont fait, dans ce dernier domaine, que des incursions très légitimes d’ailleurs et parfaitement justifiées, en rapprochant des faits analogues et susceptibles des mêmes explications.

Mais celui qui à l’heure actuelle a le plus étudié le spiritisme, directement et sans intermédiaire, qui a groupé le plus grand nombre de recherches et d’observations personnelles, qui a remonté toute

(1) Maxwell. Phénomènes psychiques p. 283 à 830.

la gamme des expériences spirites, sans rien laisser de côté, c’est à coup sûr le professeur Flournoy, de rUniversité de Genève. Ses observations méritent une place toute particulière dans cette étude, car elles sont complètes et représentent pour lui des années d’un labeur aussi opiniâtre que consciencieux.

L’ouvrage capital du professeur Flournoy est son livre, des Indes à la planète Mars, où l’auteur étudie le cas d’un médium, souvent nommé dans les pages qui précèdent, Hélène Smith, qui possède en somnambulisme le don des langues astrales et qui se dit la réincarnation de Marie- Antoinette. Mais avant d’aborder l’étude de cet ouvrage, voici un cas de typtologie (1) relaté dans le Journal de Psychologie normale et pathologiciue, de Janet et Dumas, qui vaut la peine d’être cité.

a) Un cas de typtologie

C’est un petit fait dans lequel la table s’est trompée et dont l’explication est facile. Un certain M. Bertin apprend d’une table que son cousin, fou et interné dans un asile, est mort. M. Bertin, qui

(1) Journal de psychologie normale et pathologique, dirigé par Pierre Janet et Oeorges Dumas. Alcan, éditeur. Flournoy : Note sur une communication typtologique. Janvier-février 1904.

croit que son cousin est toujours vivant, proteste et la table confirme à deux reprises son message, car c’est l’esprit du mort lui-même qui parle. On vérifie le fait, un ami est chargé de se rendre à l’asile et il trouve le cousin parfaitement vivant et toujours aliéné. La table avait menti.

Esprit farceur, dira-t-on; mais M. Flournoy ne se contente pas de cette explication. Il la cherche et la trouve dans le récit de M. Bertin lui-même. Ce dernier, en effet, se demandait souvent en famille si son malheureux cousin n’était pas mort « sous le coup, dit-il, d’une méfiance peu fondée à l’égard de l’asile où Alexandre G.... est placé; nous nous sommes souvent demandé s’il ne se pourrait pas qu’il ne fût plus de ce monde et que l’on continuât pourtant à envoyer les bulletins mensuels à mon frère pour continuer à toucher la pemsion que ce dernier, qui administre sa fortune, envoie chaque trimestre (1), » Et de plus, M. Bertin croit avoir rêvé depuis peu que son frère était mort. Il est même permis de supposer qu’une espérance vague d’héritage entrait également pour quelque chose dans les préoccupations deM. Bertin, et la table n’avait pas menti, elle avait mis au jour, soit un désir, soit une pensée latente de M. Bertin.

Mais M. Bertin n’est pas médium, lui-même ne parvient jamais à faire mouvoir une table. Coin-

(1) Th, Flournoy, loc. cit.

ment a-t-il pu communiquer sa pensée au médium qui présidait l’expérience et qui ignorait complètement l’existence même du cousin ? Y a-t-il transmission télépathique de la pensée subconsciente à celle du médium ? Peut-être, Flournoy n’y voit rien d’impossible ; mais l’hypothèse est superflue. Cette transmission peut s’opérer par des mouvement imperceptibles et inconscients des mains de M. Bertin. Ces mouvements sont insuffisants pour faire remuer la table, mais cependant la subconscience du médium peut les percevoir et les interpréter, car on l’a vu chez Janet, c’est le propre de la subconscience de percevoir des mouvements ou des bruits imperceptibles pour la conscience ordinaire,et d’appliquer à ces perceptions infinitésimales des calculs, voire même des raisonnements subliminaux.

Et Flournoy conclut : « c’est le consultant qui guide lui-même les réponses et règle les coups de table. Seul il n’arriverait pas à le faire, mais ses variations de pression imperceptibles et involontaires sont ressenties par les mains du médium qui les traduit en secousses du meuble et joue ainsi sans s’en douter le rôle d’un appareil amplificateur. »

b) Genèse de quelques prétendus messages spirites

C’est le titre d’un article publié dans la Reçue philosophique de 1899, p. 144.

Il ne s’agit plus ici de table, mais d’écriture automatique ou si l’on veut médianimique.

l^'CAS. — M''®Z..., de Genève, reçoit le message d’un religieux d’Italie qui lui dit : « Je suis mort d’une liuxion de poitrine. » Or, il n’en est rien. Mais voici des antécédents psychologiques.

Z... avait fait des efforts pour convertir le religieux au protestantisme et l’idée de sa mort avait dû accompagner dans son esprit ce désir de conversion. De plus, ce jour-là, un abaissement considérable de température (vérifié à l observatoire) s’était produit. Elle le savait délicat de poitrine et attendait de lui une lettre qui n’arrivait pas. S’il y a un esprit farceur, cet espdt n’a pas plus fait que l’esprit (subconscient) de Z... lui-même.

CAS. — Un esprit révèle à M. T..., professeur à Genève, que son fils, employé de bureau, vient d’être mis à la porte pour avoir volé des cigarettes à son patron. Le père court immédiatement trouver le chef de bureau qui lui donne d’excellents renseignements sur son fils. Deuxième manifes-

tation de l’esprit qui assure au père que le chef de bureau l’a trompé. Cette fois le professeur court trouver le patron lui-même qui confirme les bons renseignements. L’esprit se manifeste alors une troisième fois et dit : « Pardon, je t’ai trompé. » Ce cas ressemble singulièrement à l’histoire de M. D... et des deux officiers.

Mais voici le secret de l’énigme. Depuis quelque temps, M. T..., trouvait que son fils fumait trop, celui-ci lui avait répondu : « On fume au bureau, le patron lui-même, et ses cigarettes roulent, on pourrait même les lui chiper. » On avait également demandé à M. T..., si son fils ne quittait pas le bureau. Le jeu normal des soupçons et des inquiétude s’était traduit par un phénomène subconscient et automatique.

Ces études de Flournoy nous révèlent toute sa méthode qui consiste à rechercher chez le médium les idées ou préoccupations subconscientes qui peuvent présenter un rapport avec les phénomènes obtenus.

c) Des Indes à la planète Mars

Cette méthode s’est montrée victorieuse dans le cas d’Hélène Smith. Ce médium dont M. Flournoy a eu maintes fois l’occasion d’affirmer l’absolue bonne foi, demoiselle de magasin à Genève, très

honorable et de bonne famille, se prête aux manifestations d’un esprit qui se nomme Léojiold et qui se dit l’âme désincarnée du célèbre Cagliostro (le Joseph Balsamo d’Alexandre Dumas). Cet esprit se manifeste à elle dans des visions à l’état de veille, et plus fréquemment dans le somnabulisme naturel. Il la protège dans le danger, la guide en toutes choses et s’est complètement emparé de sa personnalité. Elle même se croit d’après les révélations de Léopold la réincarnation d’une princesse hindoue du xv® siècle, laquelle aurait été l’épouse de M. Flournoy, et la réincarnation plus reculée de Marie-Antoinette.

Trois séries d’expériences dirigées par l’éminent pi’ofesseur nous transportent successivement dans le sérail du prince hindou (M. Flournoy lui-même), à la cour de Louis XVI et sur la planète Mars. Ce sont les trois cycles du médium, cycle royal, cycle oriental et cycle martien.

Les deux premiers dénotent chez M'*® Smith, une certaine somme de connaissances historiques, dont l’auteur relève patiemment l’origine dans les lectures certaines ou probable, en tout cas possibles, de son enfance. La facilité qu’elle emploie à jouer les différents rôles de sa vie royale ou orientale, s’explique par les goûts de grandeur innés qu’elle a manifestés de tous temps, la distinction réelle de sa personne, et la conviction qu’elle a quelque fois exprimé étant enfant, de remonter à des origines

illustres et inconnues. Et M. Flournoy parvient à force de recherches, à reconstituer dans la subconscience d’Hélène, une foule de romans parallèles à ceux qui s’élaborent dans les séances.

Dans le troisième cycle, Hélène Smith se transporte sur la planète Mars et donne quelques échantillons de la langue et de l’écriture de cette planète. Mais cette langue n’est que la doublure exacte du français : même nombre des mots, même place des mots, même rôle des conjonctions et des relatifs. (Depuis l’apparition de l’ouvrage « des Indes à la planète Mars n le professeur Henry, de Paris, a même relevé des analogies étymologiques. ) M. Flourno}^, surpris de cette ressemblance, interroge l’esprit qui s’avise alors, mais alors seulement de modifier sa langue pour parler un nouveau jargon ultra-martien cette fois, très grossier et qui a cours sur les astéroïdes (1).

M. Flournoy a également recueilli par le même procédé des échantillons des langues lunaire (il y a peu d’habitants sur la lune, mais il y en a parait-il) et uraniene ; cependant il n’a pu en obtenir la traduction (2).

Il serait trop long de suivre l’auteur dans ses recherches mêmes les plus intéressantes et de dé-

(1) Cf. Flornoy, Nouvelles obsercations sur un cas de somnamha- Usme acec glossolalie.

(2) Id.

couvrir avec lui la formation subliminale, si magistralement étudiée, de tous les romans d’Hélène Smith, romans subconscients, bien entendu, polygonaux comme dirait Grasset.

Une de ses communications au IV® Congrès de psychologie de 1900 pourrait servir de conclusion à son ouvrage « des Indes à la planète Mars )). Tous les faits qu’il décrit sont les jeux de l’imagination candide et infantile, un réveil des couches primitives de l’individu, une survivance, excroissance anormale des phases du développement psychique depuis longtemps dépassées. Tout pour lui se borne au rôle de la perception inconsciente, de la mémoire latente et de l’imagination subliminale (1).

d) Le supranormal

« Tout se borne au rôle de la perception inconsciente... » n’est pas cependant une expression absolument adéquate à la conclusion de Flournoy. Son chapitre sur le « Supranormal » le prouve.

Laplace a dit : « Nous sommes si éloignés de connaître tous les agents de la nature et leurs divers modes d’action, qu’il ne serait pas philoso-

(1) Cf. IV® Congrès de psychologie, 1900. Observations psychologiques sur le spiritisme.

phique de nier les phénomènes uniquement parce qu’ils sont inexplicables dans l’état actuel de nos connaissances. Seulement nous devons les examiner avec une attention d’autant plus scrupuleuse qu’il paraît plus difficile de les admettre (1). >

M. Flournoy s’approprie ce principe qu’il développe à la façon d’Hamlet : « Pour des êtres bornés comme nous, il y aura sans doute toujours plus de choses sur la terre et dans le ciel que dans nos philosophies, et il est prudent de ne rien nier à priori, pas même les faits qui nous semblent les plus absurdes et dont la réalité bouleverserait de fond en comble toutes nos notions reçues (2). » Autrement dit : « Tout est possible (3). » Cependant le poids des preuves doit être proportionné à l’étrangeté des faits.

Or il est certain que Flournoy a constaté des cas de lévitation, de télépahie et de lucidité. Tant qu’il s’agit de M“® Smith, son médium habituel, l’auteur semble passer par des alternatives bizarres d’affirmation et de doute ; il craint d’avoir eu la berlue (4), ce qui ne l’empêche pas d’affirmer des faits et d’émettre des théories, par exemple : « la télékinésie (lévitation), dit-il, suppose que l’être

(1) Laplace. Essai philosophique sur les probabilités^ 1" édition, Paris 1814, p. 110.

(2) IV' Congrès de psychologie, loc. cit.

(3) Flournoy, Des Indes à la planète Mars^ p. 345.

(4) Idem, p. 415.

poss^ide des forces agissantes à distance, ou projette par moment comme qui dirait des espèces d’organes préhensibles, surnuméraires, invisibles, capables de manier les objets à la façon de nos mains... Tels les pseudopodes éphémères — mais visibles — que l’amibe lance dans toutes les directions, etc., etc. (1). »

Mais devant les expériences de Cli. Richet, plus de doute, ni de berlue, M. Flournoy a vu :

« Depuis ce moment, dit-il, je crois à la réalité de la télékinésie (lévitation) par la contrainte de la perception sensata et ocidata certitadine pour emprunter l’expression de Galilée » (2). L’aflirmation du fait s’impose à lui. Et chose curieuse, sa certitude n’est pas ébranlée par la raison que le médium de Ch. Richet se nomme Eusapia Paladino qu’on accuse un peu partout de fraude et qu’on prétend avoir pris « la main dans le sac ». Ce jourlà, dit-il, « l’excellence du contrôle et l’évidence des phénomènes y défiaient toutes les critiques et suppositions de fraudes qu’on avait pu leur objecter dans d’autres occasions. M. Myers s’est déclaré convaincu et pour esquiver l’authenticité des phénomènes de télékinésie qui se produisent en présence d’Eusapia Paladino, je n’aperçois actuel-

(1) Cf. Flournoy. Des IndéSy p. 354.

(2) Idem., p. 357.

lement d’autre échapatoire que l’espérance d’en découvrir une ultérieurement. » (1)

at'iî ..r

;-tr § 4. — LA FORCE PSYCHIQUE

Les théories de Janet, de Grasset et de Flournoy, quelles qu’en soient les variantes, peuvent se résumer en un mot : le subliminal, qui explique d’une façon satisfaisante la typtologie, la médiumité, parfois aussi la clairvoyance, les apparitions de formes lumineuses (2) et, dans une certaine mesure, la télépathie.

Parmi les catégories de phénomènes que, sur la foi de Berthoud, nous avons considérés comme faits acquis à la science, il reste la lévitation et la télépathie en général que les différents auteurs paraissent attester ou affirmer réellement mais n’expliquent pour ainsi dire pas.

Ces faits-là doivent-ils être classés en dépit de Berthoud, lui-même, parmi les phénomènes douteux ?

En réalité, télépathie et lévitation sont affirmées très positivement par certains auteurs et expli-

(1) Flournoy. Des Indes...^ p. 358.

(2) Nous n’avons pas reparlé dans ce chapitre des apparitions de formes humaines, mais elles rentrent évidemment dans la catégorie des visions d'Hélène Smith observées par Flournoy et ressortissent de son explication générale.

quées par d’autres théories. Mais sur ces théories qui sont beaucoup plus simples, il n’est pas nécessaire de s’étendre aussi longuement que sur celles qui précèdent ; on peut les résumer d’un mot : La force -psychique.

Cette force psychique est quelquefois désignée sous le nom de fluide ; mais c’est une affaire de mots et nous nous sentons incapables d’établir une différence réelle entre cette force et ce fluide. L^électricité est-elle un fluide ou une force ? A l’heure où les vieilles théories matérialistes sont battues en brèche, où la découverte du quatrième état des corps et du radium tend à considérer la matière comme un des modes de l’énergie, à l’heure où s’écroule le vieux dualisme entre l’esprit et la matière, et où dans la Revue scientifique (1) le docteur Gustave Lebon explique en quelque sorte la dématôrialisutiôn de la matière, il est difficile de faire une distinction sérieuse entre fluide et force psychique. Jadis on eût discuté, aujourd’hui c’est inutile.

A défaut d’autre mot, le mot ne fait rien à la chose, nous appellerons/o/’cc psychique ce qui agit à distance dans la télépathie, ce qui s’extériorise dans la lévitation, « ces forces agissantes ou ces espèces d’organes capables de manier les objets à la façon de nos mains » dont parle Flournoy, ou

(1) Novembre 1901.

encore « cette action physique encore inconnue » que suppose Janet. Gasparin dit fluide, Crookes dit force psychique et Myers, qui tient à la distinction, parle de segments de l’organisme qui peuvent s’extérioriser.

Il est évident qu’en faisant intervenir un tel agent dans la télépathie ou la lévitation, on peut tout expliquer ; aussi la question n’est plus de rechercher la nature de cette force, peu importe, ses résultats seront toujours les mêmes, mais plutôt de la prendre sur le fait et pour cela deux moyens se présentent ; .

1® Constater ses résultats ;

2“ Constater directement son existence.

a) Les Résultats de la force psychique

Les résultats de cette action que nous appelons sans préjuger le moins du monde de sa nature « force psychique », éclatent incontestablement dans les enquêtes de Flammarion et de la Société des Recherches psychiques au sujet des phénomènes de télépathie.

Dans sa traduction libre de Phanfasms of the Licing, Marillier par une critique sérieuse cherche à éviter : 1“ les erreurs d’observation, 2" les erreurs de narration, 3“ les erreurs de mémoire; après quoi il dresse le tableau des différents degrés de

certitude que peuvent présenter les cas de télépathie. Ce tableau très instructif dénote une rigueur de méthode qu’il importe d’apprécier au risque d’une citation un peu longue.

Tableau des différents degrés de certitude que peuvent éprouver les cas de télépathie

a) Cas où l’événement qui est arrivé à l’agent et sa date sont consignés dans des notices imprimées ou dans desdocu ments contemporains que nous avons examinés ou bien nous ont été rapportés par l’agent lui-même, indépendamment du sujet, ou par des témoins indépendants, et où :

10 Le sujet («) a consigné par écrit son hallucination avec sa date, au moment où il a éprouvé cette hallucination (nous avons vu le document ou nous sommes de quelque manière assurés < de son existence) ou bien (^) il a avant l’arrivée des nouvelles fait part de son hallucination à une ou plusieurs personnes, par le témoignage desquelles, le fait peut être corroboré ; ou bien (y) il a été entraîné immédiatement par l’intensité de son impression, à quelque action spéciale qui peut être prouvée par des témoignages extérieurs, écrits ou oraux.

2® L’existence de documents mentionnés en 1 « et 1 y est affirmée; mais nous n’avons pu examiner ces documents; ou bien on affirme que l’hallucination a été racontée à une ou plusieurs personne en (1 €) ou que l’action exécutée sous l’influence de cette hallucination a été connue d’une ou plusieurs personnes en (y 1) mais parce qu’elles sont mortes ou pour toute autre cause, la personne ou les personnes à qui l’hallucination a été racontée, ne peuvent plus corroborer le fait.

3® Le sujet affirme qu’immédiatement après l’arrivée des nouvelles, il a consigné Thallucination par écrit ou il l’a racontée ; mais la perte des papiers, la mort des amis, ou toute autre cause empêche de donner aucune confirmation du fait.

Le sujet affirme qu’il a remarqué la coïncidence quand il a appris les nouvelles, mais qu’il n’a pas consigné le fait par écrit, et n’en a parlé à personne qu’après un certain intervalle de temps.

h) Cas où le sujet est notre seule autorité par la nature et la date de l’événement qu’il affirme être arrivé à l’agent.

De plus prendre en considération l’éducation, le caractère, les habitudes d’esprit des témoins. Tenir compte également des divergences entre le récit de l’agent et le fait tel qu’il s’est accompli (1).

Marinier réfute ensuite la théorie de la coïncidence fortuite par le calcul des^, probabilités, et C. Flammarion s’exerce de son côté à la même réfutation.

Eh bien, après toutes ces précautions prises, les savants anglais pour éviter Terreur et pour n’enregistrer que des faits vérifiés par la méthode la plus rigoureuse peut-être qui ait été appliquée dans le domaine des sciences expérimentales (2), c’est par centaines qu’il faut compter les coïncidences d’hallucinations et de vision de faits lointains (morts, maladies ou autres).

(1) Marinier, Hallucinations thclépatiquos, ch. 4.

(2) La p.sychologie, normale ou morbide, est une science expérimentale.

Marinier n’a-t-il pas le droit de conclure que la transmission de la pensée est un fait démontré, et que la télépathie est l’explication probable des hallucinations véridiques ?

Voilà les résultats de la force psychique,

b) La Nature de la force psychique

Mais n’est-il pas possible de constater cette force plus directement et pour ainsi dire de visu ?

Maxwell 'prétend que dans une certaine expérience qui n’a rien de spirite et dont il énumère méthodiquement les conditions, on peut apercevoir au bout des doigts des expérimentateurs une buée que l’on peut comparer à la fumée de la cigarette exhalée de la bouche. Et il appelle cette buée, à défaut d’autres termes, dit-il, l’effluve digital. Les uns le voient rouge, d’autres jaune ou bleu. Ces effluves sont impressionnés par les variations de la température, Maxwell s’étend très longuement sur les jeffluves qu’il a constatés dans les conditions d’un contrôle extrêmement rigoureux, qui revêtent des formes différentes et peuvent produire des impressions de frôlement ou de contact (1).

Le docteur Baraduc a constaté que le corps humain est un centre de vibrations ou ondes hert-

(1) Cf. Maxwell, Les Phénomènes psychiques, p. 119.

ziennes analogues aux ondes de la télégraphie sans fll, que l’on peut mesurer par le biomètre ou vibromètre (instrument composé, en principe, d’un fil de coton, d’une aiguille et d’un cadran). Les vibrations de la santé, de la joie, de la gaîté, repoussent l’aiguille, c’est qu’il y alors excès de vitalité. Dans la tristesse ou la neurasthénie, l’aiguille est attirée. I.,e docteur Baraduc a expérimenté sur deux mille personnes et il en conclut que l’homme est entouré d’une zone vibratoire extérieure.

Est-il besoin de citer les expériences photographiques du docteur Luys, qui fixe sur la plaque sensible l’image vague des ellluves humains ? Ces faits sont connus et aflîrmés depuis de longues années par les magnétiseurs, sans que la science officielle ait daigné s’en occuper.’Mais nous arrivons à un tournant de l’histoire, et ces phénomènes dédaignés reparaissent sous une autre forme et sous un autre nom dès qu’un professeur universitaire consent à les étudier. Les effluves humains, la zone vibratoire, tout cela n’ést autre chose, en somme, que les fameux rayons N, que l’on met en doute, il est vrai, mais que nous avons vus attestés et garantis par des savants tels que Berthelet, Pellat, Pierre Weitz de Zurich, etc., etc.

L’agent capable de transmettre à distance des sensations, des mouvements, qui explique par conséquent la télépathie, la lévitation et qui joue dans tous ces faits le même rôle que les ondes

vibratoires dans la télégraphie sans fil, est trouvé. En attendant d’étudier sa nature et ses moyens d’action, qu’on l’appelle comme on voudra, fluide, force psychique, radiation, peu importe. L’essentiel c’est qu’il existe une action physique qui produit la télépathie, la lévitation et certains phénomènes lumineux tout comme il existe une action psychologique capable de provoquer la typtologie et la médiumité.

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