‹ La valeur religieuse du spiritismeChapitre 36 sur 40 · THÈSES · texte numérisé non relu

THÈSES

L’étude de l’hypnotisme et de la suggestion, les découvertes récentes sur la matière radiante, les rayons Rœntgen et le radium, les expériences de Nancy sur les rayons N, ont créé dans l’esprit public et dans la mentalité des savants, un courant favorable à l’étude du spiritisme.

« Nous sommes si éloignés de connaître tous les agents de la nature et leurs divers modes d’action, qu’il ne serait pas philosophique de nier les phénomènes uniquement parce qu’ils sont inexplicables dans l’état actuel de nos connaissances. Seulement nous devons les examiner avec une attention d’autant plus scrupuleuse qu’il paraît plus difficile de les admettre. »

Laplace. — Déjà cité.

« Tout est possible. — Le poids des preuves doit être proportionné à l’étrangeté des faits. »

Floiirnoy. Des Indes.,, p. 345.

Le spiritisme est vieux comme le monde. Sa doctrine ne nous apprend rien de nouveau. Sa

morale, qui ignore le péché et la conversion, n’est pas chrétienne. Sa logique pousse au déterminisme.

L’identité des esprits est impossible à établir.

On ne peut nier, à priori, l’existence d’intelligences supra-terrestres capables de produire les phénomènes spirites. Toutefois la théorie des esprits n’explique pas leur contradiction ; la théorie catholique des manifestations démoniaques n’explique pas non plus la médiocrité et l’ignorance des révélations spirites.

D’autre part :

La perception inconsciente, la mémoire latente, l’imagination subliminale suffisent à expliquer les phénomènes de typtologie et de médiumité.

L’existence d’une force psychique ou d’une action à distance peut expliquer la télépathie.

L’extériorisation d’un organisme peut expliquer tous les phénomènes matériels actuellement constatés, étudiés ou affirmés par les spirites.

En un mot, le spiritisme s’explique sans les esprits.

Les esprits ne sont que les reflets des mentalités qui les évoquent.

L’existence d’un agent naturel invisible et encore impossible à définir (force, fluide ou radiation) ressort clairement, à nos yeux, de certaines expériences.

L’existence d’un corps spirituel (astral, pneumatique, éthéré, ou périsprit des spirites) n’implique aucun dualisme métaphysique entre l’esprit et la matière.

La valeur religieuse des doctrines spirites est nulle. L’intervention l’éelle des esprits, si elle était prouvée, ne constituerait pas une source de connaissance religieuse.

Le Psychisme, c’est-à-dire lespiritisme dépouillé de sa doctrine, fait rentrer dans le domaine de l’expérience une foule de faits bibliques niés par le rationalisme au nom de l’expérience.

Ces faits n’en sont pas moins des miracles, car l’explication de leur mécanisme ne leur enlève pas leur caractère surnaturel.

Le surnaturel est le corollaire de la liberté divine.

La résurrection de Jésus-Christ est le fait capital sur lequel repose la foi chrétienne.

Tous les détails des récits évangéliques relatifs à cette résurrection sont, à nos yeux, suffisamment établis par la critique la plus rigoureuse.

Si nous connaissions la nature exacte de l’esprit et de la matière, nous expliquerions tous ces détails.

Le périsprit, tel qu’il est défini par les spirites, ou, à son défaut, l’agent naturel postulé par notre thèse VII, permet de tenter une conciliation entre la nature spirituelle du corps ressuscité de J.-C. et tous les phénomènes physiques qui accompagnent la résurrection.

Quelles que soient, et quelque incomplètes que soient les théories psychiques ou métaphysiques proposées pour expliquer la résurrection de J.-C., cette résurrection demeure un fait. L’histoiâcité de ce fait ne saurait, en aucune façon, se laisser ébranler par le mystère qui l’enveloppe.

Le Psychisme possède une réelle valeur apologétique.

xMontauban, le 16 février 1905.

Le Président de la soutenance, Henri BOIS.

\v : Le Doyen,

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