CONCLUSION
Inutile de revenir ici sur les conclusions de notre seconde partie : la philosophie spirite n’a ni originalité ni portée religieuse.
Nous aurions dû nous en douter longtemps à l’avance, nous chrétiens, qui savons que « hors du Christ nous ne pouvons rien faire » (1). C’est pour nous un fait de science certaine que Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie (2). Nous savons que Jésus seul est la porte de la bergerie et que quiconque n’entre point par la porte est un larron et un voleur (3). Et si nous le savons, ce n’est pas par l’expérience pins ou moins douteuse d’autrui, ce n’est pas même parce que nous l’avons lu dans l’Evangile, c’est par notre propre expérience.
Toutes les fois que nous avons voulu chercher en dehors du Christ, consolation, soulagement ou espérance, nous sommes retombés découragés ; toutes les fois que nous nous sommes adressés à Lui, nous nous sommes relevés la tête haute ; c’est un fait que notre conscience a enregistré avec plus de pré-
(1) Jean xv, 5.
(2) Jean xiv. 6.
(3) Jean x, 8,
cision encore que n’ont été enregistrés tous les phénomènes spirites, un fait sur lequel ne plane aucun doute. S’il y avait pour nous un doute, nous ne déposerions pas aujourd’hui cette thèse au pied d’une chaire de théologie.
Or, le Christ nous avait dit que si les hommes n’écoutent pas- Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader non plus quand même quelqu’un des morts ressusciterait (1). Nous avons voulu une fois de plus contrôler son dire, et une fois de plus nous avons constaté la vérité de sa parole.
Nous avons Moïse et les prophètes, mais nous possédons plus encore : l’Evangile du Ressuscité. Cet Evangile est, lui aussi, une manifestation d’Enhaut, et cette manifestation, au moins, n’est pas suspecte. Si nous voulons savoir ce qui se passé au-delà du tombeau,regardons à Celui qui a soulevé la pierre du sépulcre pour mettre en évidence la vie et l’immortalité. Cette vie, cette immortalité, Jésus ne se contente pas de la mettre en évidence. Il la donne. C’est encore un fait d’expérience ; nous savons bien qu’à son contact on se sent vivre d’une vie nouvelle.
Mais nous avons, en quelque sorte, dédoublé le spiritisme en ses deux éléments : la doctrine et les faits. Ceux-ci constituent un ensemble que l’on
peut appeler le Psychisme, science nouvelle qui, comme toutes les sciences, procède par observations, expériences et hypothèses.
Grâce à cette nouvelle science, nous avons pénétré dans un nouveau domaine,vaste champ d’expériences où se vérifient des phénomènes analogues à ceux que la Bible relate.
On rejetait ces phénomènes au nom de cet à priori, qu’ils étaient impossibles, en contradiction avec les lois de la nature. Eh bien ! cet à priori est désormais renversé; cette détestable méthode qui consiste à nier un fait parce qu’il échappe à notre conception actuelle des lois du monde matériel, est ruinée par les sciences psychiques. Désormais, on ne dira plus : « Cela est invraisemblable, donc cela n’est pas vrai » ; ou, du moins, quiconque le dira fera preuve d’ignorance.
Oh ! nous ne le disions pas, nous, chrétiens ! La foi des disciples de Jésus a toujours lutté contre un pareil raisonnement. En dépit du flot montant du matérialisme et de l’incrédulité, le chrétien véritable a toujours affirmé sa foi à l’invisible et au surnaturel. *
Eh bien ! aujourd’hui le chrétien n’est plus seul à lutter ; une science, le Psychisme, est devenue son auxiliaire et cette science n’a pas dit son dernier mot. Demain peut-être elle nous prouvera la survivance de l’homme, sinon son immortalité. Et ce sera la récompense du chrétien qui a cru avant
de voir, de voir peut-être après avoir cru.
A ce titre, nous ne devons pas mépriser le Psychisme, car sa partie positive, expérimentale, nous aide à combattre tout un système de négations, en étayant tout un ensemble de faits bibliques sur lesquels, en bonne partie, repose la foi d’un grand nombre de chrétiens.
Et si nous n’avons pas besoin des preuves de cette science, si notre foi repose réellement sur un fait intime, personnel, contre lequel se puissent heurter tous les doutes, briser toutes les négations, si nous sommes forts, en un mot (ou si nous nous croyons forts), n’oublions pas qu’il y a des faibles à nos côtés et que saint Paul a respecté leur faiblesse. Thomas, lui aussi, était faible, et quand il ne pouvait pas croire, Jésus lui fit voir. Thomas voulait une preuve, Jésus la lui donna. Nous n’avons pas le droit de refuser à nos frères, fussentils faibles en la foi, la preuve qu’ils réclament. Notre devoir, si nous ne la possédons pas, est de la rechercher. Le Psychisme ne nous donnera pas toutes les preuves que nous souhaiterions, mais il nous en.fournit une incontestable : c’est que la négation n’est ni scientifique ni raisonnable.
A défaut d’autres, c’est une preuve que Dieu nous envoie et que nous devons faire valoir, en demandant à Dieu qu’elle amène beaucoup d’hommes à s’écrier comme Thomas devant le Christ ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »