‹ La valise de MolièreChapitre 7 sur 24 · NOTICE DES FRAGMENTS · texte numérisé non relu

NOTICE DES FRAGMENTS

G Ueux ans. le livre pas^a en vente, je pus le voir, et copier la

Aucune explication ne l'accompagne. Rien n'indique de quelle pièce inconnue elle a été tirée, ni pourquoi elle ne fut pas jointe

aux éditions françaises qui précédèrent ou qui suivirent de près la mort de Molière.

Ce doit être, selon moi, comme la scène de Gujman, dont nous avons parlé plus haut (T, un fragment de farce. Molière aimait à mettre en scène des docteurs et leur mo ide. La femme du Docteur qui est ici me ferait penser que ce fragment vient du Docîcur amoureux, du Docteur pédant, ou des Docteurs rivaux.

Les attaques as>e.T vives qui s'y trouvent contre les partisans, auront peut-être été cause que Molière supprima cette scène de son répertoire et de ses éditi n-. Nulle part, dans ce que l'on connaît de lui, il n'a pris à parti les financiers. M. Herpin, de la Comtesse <VEsccv*bagnas, qu'il ridiculise, n'est pas à proprement parler un homme de finance, quoi qu'en ait dit Cailha. il e<t receveur des tailles, et ses fonctions toutes publiques ne' pouvaient se confondre avec la position faite aux partisans, gens tes fermes ou des sous-fermes générales, qui furent, un p u plus tard, les traitants de Turcaret.

Molière, c'est une opinion répandue, ne ménagea ces puissances de l'argent que sur une recommandation pressante de Colbert : « C'est une chose remarquable, dit Chamfort(3 , que Mol ère, qui n'épargnait rien, n'a pas lancé un seul trait contre les gens de finance. On dit que Molière et les auteurs comiques du temps eurent des ordres de Colbert. »

Lémontey reprend cette tradition, et l'autorise de son témoignage plus sérieux d'historien: «Molière, dit-il (4). n'attaqua jamais les financiers. On croit que ce fut p <r ordre de Colbert. Ce gran.l ministre pensa qu'il y aurait de VI ^conséquence à diffamer des hommes dont la probité est tout à la fois si difficile et si précieuse . ».

Molière se soumit, mais n'en pensa ni n'en travailla pas moins. es scènes, comme celle-ci, où les hommes d'argent et leurs commis étaient piqués au vif dans leur importance ou leur libertinage, furent jouées par lui. le soir après souper, « au bourde la

1 V, le n° VI , p. xxvi ji.

il) Etude* sur Molière, p. 299-311 .

(3) Œuvres complètes, édit. Auguis, in-8, t. II, p. 4.5.

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