‹ La valise de MolièreChapitre 8 sur 24 · Hîstàri r/< la Régence, t. I, p · texte numérisé non relu

Hîstàri r/< la Régence, t. I, p

xxxvi NOTICE DES FRAGMENTS.

table, » comme c'était l'usage, et comme on le lui reproche dans une des comédies-pamphlets de Montfleury (i).

On en prit copie, attendant, pour les rendre publiques, la mort du ministre, trop ami des partisans.

Il mourut le 6 septembre i683. Quelques mois après, le 5 mars 1OS4. les comédiens italiens qui prenaient leur bien où ils le trouvaient, et qui, suivant la législation du temps, pouvaient emprunter aux œuvres de Molière tout ce qui n'en était pas imprimé , firent jouer sur leur théâtre la scène de la Fille de Chambre. C'est ainsi qu'ils appelaient celle que nous donnons ici.

Ils l'avaient intercalée dans le premier acte de leur farce : Arlequin, empereur dansla Li.ne {2\ De qui la tenaient-ils r Sans doute de Dominique qui y jouait la soubrette, avec le masque d'Arlequin.

On sait qu'il avait été en relation d'amitié avec Molière. Peutêtre la lui a> ait-il entendu réciter à lui-même à l'un de ces soupers du samedi, chez le peintre Yario, où ils se rencontrèrent si souvent pendant l'hiver de 1671 (3\

Si maintenant on vient nous dire qu'un des auteurs de la Comédie Italienne a fait cette scène, et que l'édition de Nuremberg, qui l'attribue formellement à Molière, ne prouve rien, je soutiendrai fort et ferme qu'alors personne, aux Italiens pas plus qu'au Théâtre-Français, n'aurait été capable de l'écrire telle qu'elle est : Regnard courait encore le monde en 1684, Dancourt tâchait d'être avocat, Palaprat n'était pas de retour à Paris, et Dufresny attendait Regnard pour travailler à la Comédie Italienne.

Quant à M. de Fantouville ou Fatouville, à qui l'on prête la pièce dans les anciens livres sur le théâtre (4 ', on sait que c'était un homme de Palais, prodigieusement riche, qui prenait de toutes mains l'esprit de ce qu'on appelait ses pièces (5), surtout quand c'était, comme ici, de l'esprit de Molière.

(i) Impromptu de F Hôtel de Conde\ Se. iv.

(2) Le Théâtre italien de Ghe', ardi, 1701 , in-8, t. I, p. 123. Je n'ai pu voir l'édition de 1695, publiée à Genève. Il paraîtrait, d'après une note du Catalogue des livres de M. de N., 1856, in-S, p. 28, no 20S, que la scène y figure sous le nom de Molière, comme dans YHistno Gallicusde Nuremberg.

(31 Palaprat, Œuvres, 171 2, in-8, t. II, préface, p. 25.

(4^ Anecdotes dramatiques) t. I, p. 98-99.

(5) V. le* Mémoires de l'abbé Lcgendrc, Paris, 1 863, in-8, p. il.

LÀ

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