‹ La valise noireChapitre 46 sur 52 · I. Ce d^ret fut donne à Paris au mois de mai · texte numérisé non relu

I. Ce d^ret fut donne à Paris au mois de mai

rassociation pour vingt mille livres, acquerrait par ce seul fait droit de bourgeoisie dans la ville qu'il habitait et serait dispensé de la résidence s'il était officier.

En souscrivant pour la même somme, un étranger acquérait tout les droits des sujets du roi sans avoir besoin de lettres de naturalisation.

La compagnie était exempte d'impôt pour les vivres et marchandises nécessaires à l'équipement de ses vaisseaux. Elle devait recevoir, à titre de prime, trente livres par tonneau pour les marchandises qu'elle transportait aux colonies françaises, et quarante livres par tonneau pour celles qu'elle en rapportait. En cas de guerre, le roi s'engageait à l'assister d'armes et de vaisseaux ; il s'interdisait toute saisie des objets appartenant aux associés; enfin, il se déclarait disposé à leur prêter sans intérêts le dixième de toutes les dépenses qu'ils feraient pendant les quatre premières années, et à ne point exiger de remboursement dans le cas où ils auraient fait des pertes égales à la somme avancée. - La compagnie avait de plus le privilège exclusif

du commerce, le droit de choisir ses gouverneurs, ses officiers et ses juges Elle était dirigée par neuf directeurs élus en assemblée générale, et dont trois au moins devaient être des marchands.

Encouragée par de tels secours la Compagnie des Indes-Occidentales remboursa les propriétaires des Antilles, en prit possession avec les minutieuses formalités alors en usage pour les transmissions des propriétés*, et y nomma des gouverneurs auxquels

1. Les voici décrites par M. de Chambré , à propos de la prise de possession de Saint-Cbristopl^e : c Ayant reçu la clef (de la maison du gouTernetir), j'en ouvris et fermai les portes, j'entrai et ressortis. Je descendis aux officines, où je fis faire feu et fumée; j'y bus et y mangeai. J'entrai dans la chapelle et y fis célébrer la messe après le son de la cloche. J'entrai dans e corps-de-garde, et j'en fis sortir la garnison et la fis rentrer

elle assigna des appointements et des rations au lieu de Timpôt qu'ils prélevaient autrefois sur les colons. Le gouvemement de la Guadeloupe fut confié à M. du Lion, celui de la Martinique à M. de Clodoré, celui de Saint-Christophe au commandeur de Salles, ceux de Marie-Galande> de la Grenade, de Sainte-Croix, à MM. de Théméricourt, Vincent et Dubois. Lorsqu'elle leur adressa leurs commissions, la compagnie les exhorta à faire tous les préparatifs de défense possibles, les prévenant que la guerre avec les Anglais était imminente.

Mais les Anglais avaient déjà pris soin d'avertir les nouveaux gouverneurs à leur manière, en arrêtant, sans aucune déclaration d'hostilité, les barques françaises qui avaient jeté l'ancre sur leurs rades et en s'emparant des navires de la compagnie qui s'étaient trouvés trop faibles pour résister.

flOQS raatorité de la Compagnie des Indes-Occidentales. Je fouillai la terre et tirai des pierres; je coupai des arbres par le pied; j'arrachai des herbes et en replantai d'autres, et je fus ensuite sur le perron, où je fis tirer du canon et crier : Viye le roi et la compa^iet »

M. de Clodoré demanda raison de cette violation du droit des gens à milord Willougby, qui s*excusa d'abord de répondre à sa lettre sous prétexte qu'U ne savait point le français^ et qui finit par déclarer qu'il ignorait complètement les faits dénoncés^ mais qu'il s'en informerait. Il ajouta que tout son désir était de voir les deux nations conserver la neutralité dans les Antilles. Le commandant Wats, gouverneur de Saint-Christophe, renouvela môme l'ancien traité à cet égard. Mais on apprit en même temps qu'il faisait tous les préparatifs nécessaires pour attaquer. Bientôt, d'ailleurs, tous les doutes à 3e sujet furent dissipés. Neuf barques chargées de soldats anglais arrivèrent de Nieves à Saint-Chris- ;ophe et furent suivies de plusieurs navires venant ie Saint-Eustache. Les vigies, qui avaient reconnu ;ur leurs tillacs des casaques de toile tachées de ;ang, des bonnets à visière et de longs fusils, déclarèrent que c'étadt le colonel Morgan avec ses )0ucaniers *.

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