H. DE LATOUCHE XXXV
Nous be l'entendrons pins celte yoix adorée, Qaû dans des vers si frais, chantait ces frais taillis, Qui naguère, plus grave et du ciel inspirée, Forma de saints aecords» des anges accueillis.
Aqi. goûts simple? et purs, à ces yallons fidèle, Par un rayon d'avril il était réjoui ; Ses regards épiaient la première hirondelle Et le premier bouton à Taube épanoui.
Et moi, quand s'apaisait cette fièvre brûlante, Qui sur ta couche, hélas! souvent te retenait, Que j'aimais à guider ta marche faible et lente, A sentir à mon bras ton bras qui s'enchaînait!
Quoi! pour jamais absent, tendre ami que je pleure! £n vain je crois te voir aux. lieux où lu n'es pas. Et, pour te retrouver, c'est loin do ta demeure. C'est dans l'enclos des morts qu'il faut porter ses pas!
Et le prlnteiups revient avec son gai corlëge, On voit les fruits germer, le feuillage frémir^ La vigne couronner le pin qui la protège :
Dans cet ingrat séjour, je suis seule à gémir!
Tout chante, aime, fleurit, incessante ironie!
Pour mes yeux qu'ont brûlés tant de veille et de pleurs.
Pour ce cœur dévasté, plein de ton agonie.
Que font saigner encor tes dernières douleurs !
Oh! viennent les frimas, Tinclémente froidure. Et, dans les bois flétris, les longs soupirs du nord! Et la neige étendant sur la molle verdure Son suaire glacé, d'une pâleur de mort !
L'âme stérilisée où toute joie expire Du retour des saisons ne comprend pius la loi. Mes pleurs sont plus amers à voir le ciel sourire, Et la vallée en fleurs s'épanouir sans toi!
Paulinb .