XXXIV H. DE LATOUCHE
crétion dont tout le monde me saura gré, par les derniers vers de cette lyre pure et pénétrante qui se cache sous les buissons de la Vallée-aux-Loups et qui pleure dans le silence des nuits autour de la tombe du poëte :
MATINÉfi DE MAI 4854
Pourquoi renaissez-vous dans la pelouse verte, Douces fleurs qu'il aimait, petites fleurs des prés? Pourquoi parer ces murs, et ce toit qu'il déserte» Jasmins de Virginie, aux corymbes pourprés?
Et V0U9, jasmins d'Espagne, aui étoiles sans nombrei Écartez vos festons qui nous charmaient jadis t Qui vous demande, à vous, des parfums et de Tombre, Jeunes acacias si promptement grandis?
Pourquoi viens-lu suspendre, 6 frôle clématite, Ta blanche draperie à sa croisée en deuil?
Ne sais-tu pas qu*ici le désespoir habite.
Que le poëtc aimé dorl sous un froid linceul?
L'ébénior rajeuni balance, gracieuses, A la brise de mai, ses riches grappes d'or, L'oiseau remplit de chants les nuits mélodieuses, Comme si deux amis les admiraient encor.
Pour qui vous parez-vous ainsi, obère retraite? Revêtez-vous de deuil, comme moi, pour toujours : Vous ne le verrez plus, le docte anachorète.
Oubliant sa langueur pour sourire aux beaux jours.