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CONS PRE DV

LA VALLÉE DEŸBEAULCHE 45

Neige. — La neige tombe pendant quelques jours chaque mois entre le 15 décembre et le 1** mars. Elle séjourne rarement plus de deux semaines. La hauteur ne dépassant que rarement O0 m. 10, la circulation n’est jamais interrompue. En 1909-1910, il n’est tombé que quelques flocons jusqu’à fin janvier.

Evaporation. — Vers 1850, on a mesuré l’évaporation à la surface d’un large bassin à Laroche (1) (alt. 85 m.) et constaté qu’elle était sensiblement égale à la chute des pluies au moins pour l’ensemble des cinq années d’expériences. Le maximum d’évaporation a lieu de mai à juillet (100"" environ par mois) et le minimum en novembre, décembre et janvier (10 à 20"").

En avril 1909, l’évaporation a atteint exceptionnellement 84"" et la pluie 24"" au lieu de 47. D’où sécheresse extraordinaire au printemps.

Il ne faut d’ailleurs pas trop généraliser ce qui a trait à l’évaporation. C’est sur elle et non sur la pluie, comme on le croit généralement, que les forêts exercent leur influence. Les expériences de la région de Nancy ont montré que l’eau évaporée atteignait hors hois 55 à 64 0/0 de l’eau reçue et -sous bois 19 à 24 0/0, c’est-à-dire deux à trois fois plus.

Or nous n’avons pas d’observations de la région boisée de la rive gauche de la vallée de Beaulche. Ce problème, trop

négligé, reste à approfondir.

h) ORAGES. — L'observation des cartes d’orages ne donne pas d’autre indication qu’un entraînement général dans le sens des courants principaux OSO à ENE; c’est-à-dire qu'ils suivent à peu près une direction normale à la vallée de l'Yonne. Très redoutés par les viticulteurs, à cause de la ‘ grêle, ils ont donné lieu à l’observation suivante d’un artilleur agricole, M. G. Guyot, d’Appoigny (1) : « Lorsqu'’elles avaient été fusillées par les Bergnots (Villefargeau), les nuées orageuses se dispersaient et n’arrosaient plus Perrigny que sous la forme de légères ondées tout à fait anodines. » Nous ne partageons pas cet optimisme, étant donné que, même dans les orages non combattus, la chute de grêle est très limitée en durée et en étendue.

(1) Tarbé de Saint-Hardouin, Mesure de l’évaporation à Laroche. Ann. Ponts et Chaussées, 1852, I, p. 249.

(1) Fédération agricole de l’Yonne. Auxerre 1e" fév. 1909.

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En 1908, Pourrain a eu ses vignes et ses moissons hachées par une chute exceptionnelle de grêle.

i) OBSERVATIONS PHÉNOLOGIQUES. -— Les êtres vivants synthétisent les différents facteurs du climat, aussi est-ce avec regret que nous constatons qu’on abandonne de plus en plus les observations phénologiques pour se contenter d’analyser quelques-uns des phénomènes au moyen des instruments. Ainsi les observations nous manquent même pour Auxerre de 1892 à 1901.

Nous avons résumé en un tableau celles que nous possédions (Fig. 15). :

L’oscillation des dates culturales ne dépasse jamais deux semaines. Cela n’est pas dû seulement à une sensible égalité

Années 1885 86 87 88 89 90 91 94 1900 O1 02 03 04 05 06 07 03 C9

Premier chant du coucou

Floraisou de la primevère Bourgeonnement dela vigne |-

Epiage du blé luzerne

Fenaison

prairies

blé

Moisson aie =

Floraison du Ra | Récolte des. noix Vendanges LE

Fig. 15. — DATES DE LA VÉGÉTATION.

des conditions de chaque saison, mais aussi, croyons-nous, aux habitudes acquises héréditairement par les plantes d’opérer leur évolution dans un délai donné et à la routine des agriculteurs qui ont tendance à faire les récoltes aux mêmes dates afin d’équilibrer leurs travaux.

Il n’en est pas de même des phénomènes printaniers du départ de la végétation. Le bourgeonnement de la vigne et la floraison des primevères subissent des oscillations en date atteignant un mois. :

Les courbes de l’année 1891 montrent comment le retard

Sept.

- £ Octobre

du printemps s’est atténué jusqu’à l’automne. Après 1901, on obtient une avance générale d’une semaine due à la culture de variétés de plus en plus précoces et aussi au changement d'observateur.

Nous possédons la date des bans de vendange à Auxerre depuis l’année 1700. Les moyennes que nous avons établies conduisent aux dates suivantes :

1700 à 1749 1750 à 1799 1800 à 1849 1850 à 1899 2 octobre » octobre 5 octobre 80 septembre

Ces faibles variations montrent que le climat n’a pas changé depuis deux siècles. Si l’on vendange un peu plus tôt, c’est par crainte de pourriture et par suite de la sélection de cépages précoces.

Nous n’avons pas trouvé de relation entre la température moyenne annuelle et la date des récoltes. Il n’en est rien. Nous pensons donc avec M David que les règles provenant de la somme des températures à partir de 0° ne donnent pas de résultats utiles. La végétation est loin de progresser régulièrement. Il y a arrêt complet en certains jours de froid ou de faible luminosité. Cependant la somme des températures fait rentrer dans le total les degrés de ces mêmes journées. Il y aurait lieu de reprendre la question en faisant sur les diagrammes thermométriques la somme des températures à partir d’un optimum variable d’ailleurs pour chaque période de la végétation pour chaque plante. On pourrait prendre comme base provisoire la température minima exigée par le débourrement ou la germination, par exemple 4° pour les céréales). Il y aurait lieu d'introduire aussi un coefficient pour la luminosité (1).

En année normale, la chute des feuilles est lente et graduelle jusqu'aux premières gelées. L’automne 1876 fit exception. Grâce à des averses abondantes dans la troisième décade d'août, les feuilles avaient conservé toute leur vitalité jusqu’au 10 novembre. Le 11, c’est-à-dire le jour même de la Saint- Martin, une gelée à — 6° les fit toutes se détacher d’un coup. Des peupliers semblait ainsi descendre un rideau onduleux et continu. (Relation de M. David.)

(1) En 1783, l’été à été très chaud, mais les brouillards ont régné d'avril à août. Les céréales n'ont pas grainé et on a observé de nombreux eryptogamies et parasites. (Blin, Observations météorologiques dans le bon vieux temps. Bull. Soc. Sc. Y., 1908, 2.)

Nous reviendrons à propos des cultures sur les observations de cet ordre. :

Les hirondelles quittent en général la vallée de Beaulche du 25 au 30 septembre. Leur départ ne semble pas en rapport comme on le croit avec la cessation du beau temps, mais peut être retardé par la froidure de l’été qui retarde les secondes couvées (1).

j) CLIMAT. — Les altitudes étant faibles (100 à 300 m.), la vallée de Beaulche appartient surtout au climat séquanien. L'influence de la forêt nous a paru sensible uniquement sur l’évaporation qui cause la fraîcheur des nuits, mais n’influe guère sur la pluie ni sur la tenypérature moyenne annuelle.

On signale comme très froids les hivers 1708-09, 1788-1789, 1829-30, 1879-80, 1888-89 et 1908-09. Dans tous s’introduit le chiffre 9. La moyenne de décembre 1879 à Auxerre fut de — 8°7, inférieure de 11° environ à la normale. Cet hiver dépasse en rigueur ceux de 1789 et 1829.

Les pronostics ont toujours exercé la sagacité des agriculteurs et il nous paraîtrait possible de prévoir le temps 24 heures à l’avance en utilisant : 1° le Bulletin du Bureau central météorologique ; 2° une dépêche qui viendrait d'Auxerre ; 3° quelques instruments enregistreurs locaux; 4° l’expérience des observateurs ruraux.

M. Fauchereau (2) a cru trouver une prévision dans l’observation des étangs fréquents dans la zone albienne. Il est généralement admis qu’une dépression atmosphérique coïncide avec la pluie et provoque le dégagement des bulles de gaz du fond des étangs. M. Fauchereau pense au contraire que la limpidité parfaite de l’eau annonce la pluie. « Si la surface devient moins transparente, si elle se ride d’une couche cendreuse », cela annonce le retour du beau temps. « Si au premier jour du beau temps l’eau reste claire, c’est que la pluie doit reprendre; si au contraire elle devient moins transparente, si quelques immondices remontent du fond à la surface, c’est que le beau temps durera. » L'eau laiteuse annoncerait un orage. M. Fauchereau, qui était tonnelier, enseigne de même qu’il faut soutirer le vin limpide par temps couvert à l'inverse de ce que l’on enseigne. Nous n’avons pu faire personnellement d'observations suivies à ce sujet.

(1) David, Soc. Sc. Y., 1908, 2, p. LxviIr.

(2) Pronostics,

Si l’on compare le climat du petit bassin de la Beaulche avec celui de la vallée voisine de l'Yonne, en amont de Monéteau, on ne remarque que les différences suivantes

Température de l'air un peu moins élevée à cause de l’altütude ;

Humidité plus grande à cause de la nature du sol, des prairies et des bois;

Brouillards généraux et non linéaires;

Evaporation moins intense à cause des bois ;

Retard de près d’une semaine dans les époques de maturité.

Nous n’avons pas trouvé parmi les populations de la vallée de Beaulche usage de proverbes originaux. Il nous paraît, d’ailleurs, qu’on s’exagère trop leur importance. Ce ne sont

souvent qu’occasion à jeux de mots.

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