À SE
Fig. 49. — LA PIERRE SAINT-MARTIN.
Pseudo-dolmen dans les bruyères, aux confins d'Appoigny, Perrigny, Charbuy et Fleury. Grès quartzeux au milieu des sables.
On peut juger de la maigre végétation forestière où les bouleaux constituent la fütaie. Les habitants, armés de fourche, enlèvent l'humus pour les riches cultures maraîchères.
romaine pavée de mosaïque à fleurs, décorée de marbres et pourvue d’hypocaustes, calorifères à air chaud circulant dans l'épaisseur des murs. |
De l’époque celtique, on (2) ne connaît comme monument (?)
(1) Dictionnaire archéologique des Gaules.
(2) Ficatier, Catalogue des monuments celtiques de l'Yonne, A. f. a. S., 1887,
que la pierre de Saint-Martin, au milieu des brüyères, sur les confins d’Appoigny, Charbuy, Perrigny et Fleury (Fig. 49).
Emergeant du sol sableux, sur une longueur de 2 mètres, une largeur de 1 mètre 80 et une hauteur de 0 mètre 30, cette pierre est légèrement concave à sa partie supérieure. On en a déduit qu'elle avait été taillée pour des sacrifices humains! Nous y voyons simplement un gros galet de grès trop dur, trop lourd et trop loin des centres pour être débité ou emporté. Sa situation au milieu des bois a pu lui donner de l'importance comme borne et lieu de rendez-vous.
Pour en terminer avec les types d'habitations, il nous reste à dire un mot des châteaux, fermes et moulins. Leur description ne rentrant pas dans notre cadre, nous signalerons seulement que les châteaux les plus pittoresques ôccupent le fond de la vallée, entre le ru et ses biefs : Avigneau (Fig. 50), Fontaine- Madame, Villefargeau.
À chacun des châteaux est annexée en général une exploitation louée à un fermier et parfois un moulin.
Certaines fermes isolées etindépendantes, comme Beaulche et. Bonpain (fig. 51), comportaient aussi une résidence.
Les bâtiments entourent une vaste cour. Ils sont flanqués d’un
Fig. 50. — CHATEAU D’AVIGNEAU.
Avec ses larges fossés d’eau limpide, le château d'Avigneau est la résidence féodale la mieux conservée.
pigeonnier circulaire renfermant des centaines de « boulins », ou pondoirs de moins en moins habités.
Il y a tendance au démembrement des domaines complets dont nous avons parlé.Le château devient maison de campagne, la ferme maison d’agriculteur-propriétaire, et le moulin tombe en ruines.
Il n'existe plus de moulin à vent en activité. On rencontre seulement quelques silhouettes sur les sommets calcaires (Fig. 3).
Fig. 51. — FERME DE BONPAIN A SAINT-GEORGES.
Dans le fond, derrière la meule de paille, on aperçoit le colombier.
Le vent y remplaçait la force motrice qu’on ne pouvait emprunter aux cours d’eau souterrains. :
IT. HYGIÈNE. — Nous n’envisagerons ici que l'influence du sol et de l’eau. En 1863, Duché recherchait les différences dans la faille des conscrits soumis à la révision. Ses conclusions ne sont pas très nettes. La moyenne d’une vingtaine d'années lui a donné 5 à 6 0/0 d’exemptés pour défaut de taille dans le canton de Toucy (crétacé inférieur et moyen), et 4 0/0 seulement dans celui de Coulanges-la-Vineuse (jurassique supérieur). Mais le canton de Courson, qui s’avance en coin à Pesteau dans notre vallée et est entièrement calcaire (jurassique moyen etsupérieur), comporte 9 0/0 d’exemptés. Le sol ne peut donc être mis en cause. Il y a là une question de race.
Plus nettes sont les différences, au point de vue des épidémies transmissibles par l’eau.
Les fèvres typhoïides ne sont pas rares dans la région calcaire. Fort heureusement, les hameaux sont assez espacés et elles n’atteignent que ceux qui boivent l’eau contaminée où s’alimente chaque agglomération. Comme précaution hygiénique, on prend celle de mettre beaucoup de vin dans l’eau, préservatif qui en vaut bien un autre !
Les dernières épidémies de choléra ont sévi en 1832, 1849 et 1854. Dans la première moitié du xix° siècle, Sonnié-Moret (1) a constaté l'immunité des terrains humides, sableux et: argileux de la Puisaye et au contraire l'intensité du fléau dans les calcaires jurassiques.
(1) Recherches sur l'influence du sol sur le choléra dons l'Yonne. Bull, Soc. Sc. Y., 1851,
En y ajoutant les observations de Duché (1) pour 1854, nous avons établi les coefficients de mortalité suivants :
Etage géologique 1832-1849 1854 Moyenne Calcaires oolitiques supérieurs . 2.2 0/0 3.2 0/0 2.7 0/0 Crétacé inférieur argileux. . . . \ à 0.53— 0.35 — Albien silico-argileux . . . . . . RAR 2:52 1.34—
L'influence de la nappe commune où les habitants puisent l’eau se fait sentir d’abord dans l’oolithe supérieure qui n’est pas filtrante, puis dans les sables albiens où les puits sont pourtant disséminés.
Dans l'argile, au contraire, chaque puits est indépendant du voisin. Sonnié-Moret a émis l'hypothèse d’un rôle anticholérique de l’alumine des argiles (??).
La nature du sol a-t-elle une influence directe ou indirecte sur l'aliénation mentale ? Les statistiques qu’on (2) a données à ce sujet ne sont pas concluantes, car des facteurs multiples n’ont pas été éliminés. Si les chiffres accusent la proportion la plus élevée d’aliénés dans les terrains d’alluvions, cela tient à ce que toutes les villes de notre département occupent les bords des rivières.
En gros, le nombre de fous est plus grand dans le calcaire que dans l’argile. Les sables donnent la moyenne.
Il a aussi été établi que la population vigneronne était moins prédisposée à la folie et à l'alcoolisme que le reste de la population (3). Le vin du crétacé inférieur est plutôt dangereux par son acidité que par son degré alcoolique s’il est pris en excès.
III. DÉMOGRAPHIE. — Divisions administratives. —: Presque toute la vallée de Beaulche appartient au canton d’Auxerre-Ouest par les communes de Chevannes, Villefargeau, Perrigny, Saint- Georges (en entier), Charbuy (presque en entier), Monéteau (partie du hameau de Sommeville), Appoigny (portion non habitée).
Au canton de Toucy appartiennent pour les trois quarts les communes de Diges (la plus étendue) et de Pourrain ;
A celui de Coulanges-la-Vineuse : Escamps et Coulangeron en entier, Migé (hameau de Prénereau) ;
(1) Choléra dans l'Yonne. Annuaire de l'Yonne, 1885, (2) Rousseau, Congrès scientifique d'Auxerre, 1858. (3) Belgrand 1850. — Renaudin 1860. — Wahl 1907. (Soc. Médi-
cale de l'Yonne.)
Au canton de Courson, la pointe de Merry-Sec (hameau de Pesteau).
Dans nos statistiques, nous prenons les communes de Diges et Pourrain en entier, ce qui suffit largement à compenser Prénereau, Pesteau et les moulins de Sommeville.
Il est curieux de constater que dix communes qui se regardent d’un flanc à l’autre d’une vallée n’ont pas ni centre ni route collective, tout le mouvement étant attiré latéralement vers Auxerre et Toucy.
Dans la délimitation des territoires communaux, on a suivi des contours assez naturels et pris autant que possible des arêtes topographiques ; ainsi les Chasseignes appartiennent partie à Diges et partie à Escamps, les Chesnez sont répartis entre Perrigny, Monéteau et Auxerre.
Par contre, les hameaux de Prénereau, Pesteau et Crolle tournent le dos au centre de leur commune. Une division plus naturelle édifierait une Mairie à la Grilletière pour réunir les hameaux des vallées qui y confluent.
Population. — Chaque village ayant conservé sensiblement la même proportion d'habitants vis-à-vis de ses voisins, nous ne donnerons que la dernière statistique (1906) pour les neuf communes de :
Coulangeron (355 hab.), Escamps (815 hab.), Diges(1.447 hab.), Pourrain (1.230 hab.), Chevannes (1.224 hab.), Villefargeau (355 hab.), Charbuy (1.125 hab.), Saint-Georges (596 hab.), Perrigny (492 hab.). 47
Il s’agit là, comme on le voit, de communes relativement importantes, puisqu'une seule possède moins de 500 habitants. Mais la dissémination des habitations ne donne à aucune l'aspect de bourg qu'elles ont tout à côté dans la zone jurassique.
Seule Diges possède une place publique digne d'attention. . Elle est vaste et entourée d’édifices et de magasins. Comme les routes y aboutissent en biais, on ne remarque pas qu’il n’y a là qu'un placage et point d'habitations en arrière. Le centre de Diges n’est qu'un marché. Il existe des centres secondaires à Volvant (école, adjoint au maire, pressoirs, tuilerie mécanique), Sauilly (gare; école, ocrerie). Bien que le chemin de fer passe à quelques mètres au-dessous de la place publique, la:station Diges-Pourrain est située à 2 kilomètres. Celle de Leugny se trouve également sur le territoire de Diges. Cependant cette petite ville, qui comprend quatre écoles, trois stations de che-
min de fer, une scierie, une tuilerie, deux ocreries et des moulins, offre, sauf sur la place, le faciès rural développé au maxi-
mum.
Voici le taux de la population agglomérée et de la population éparse pour les communes les plus disséminées :
Population agelomérée = TR — 0/0delapopul. Population Etage géoiogique Commune absolue totale éparse Albien Charbuy. 69 hab. 60/0 1056 hab.
Crétacé infér. et albien Diges. . 118 — BEN, HR Albien et cénomanien POURRAIT SD El 01075 Crétacé infér. et oolithe Chevannes. 371 — 30 — 853 — Oolithe et crétacé infér. Escamps. . 267 — 48 — D18 — Au total,la vallée de Beaulche a une population de 7.630 habi-
tants, soit 45 par kilomètre de 1906 (Fig. 52.) Si l’on prend ce chiffre pour unité, les proportions sont respectivement de 1,1 pour 1820, 1,2 pour 1850, 1,18 pour 1881, 1,05 pour 1896.
Il y a donc eu augmentation de 1/10 dans la première moitié du xix° siècle, puis stationnement jusqu’en 1880. Ce palier est dû à cette circonstance spéciale qu’on a construit alors la voie ferrée d'Auxerre à Gien. En fait, la population sédentaire n’a cessé de décroître depuis 1850 à raison de 10 0/0 tous les trente ans. Il n’y a là rien que de très naturel : les machines ont chassé l’ouvrier agricole.
Il n’y a ni émigration ni immigration saisonnière. Dans la partie sud, une partie des laboureurs se recrute par l’Assistance publique.
Le nombre des commerçants, des hommes d’affaires et de représentants des religions
carré d’après le recensement
Fig. 52. — KILOMÈTRE-CARRÉ TYPE DE LA MOYENNE DE LA VALLÉE.
Montmercy, hameau de Saint-Georges sur l’albien-aptien. Une quarantaine d'habitants répartis dans une dizaine de maisons cultivent des terres et des vignes (celles-ci se trouvent en proportion exagérée). Une seule grande propriété avec terres agglomérées. Le cinquième de la surface est occupé par les bois. Le développement des routes atteint un kilomètre et demi.
semble avoir aussi diminué.
La vallée n’a rien perdu pour cela de son activité.Chaque jour,
chemin de fer, voitures et automobiles amènent d'Auxerre, d'Ouanne ou de Toucy commerçants vendeurs ou acheteurs, géomètres, médecins, etc.
La dépopulation par émigration de propriétaires ne s'est guère fait sentir que dans la région calcaire, à cause du bas prix des blés et de la crise phylloxérique.
Les variétés de production de la zone sableuse ont empêché toute décadence agricole, à l’inverse des régions pratiquant la monoculture.
Professions. — Si l’on en excepte quelques ocriers et la fabrique de chaises de Chevannes, toute la population se livre à l’agriculture ou aux industries annexes. Nous rangeons parmi ces dernières la meunerie (8 moulins, les 2 -huileries, la boulangerie (1) qui devient de plus en plus importante avec l'abandon du four domestique, la distillerie ambulante des marcs, les battages à vapeur et même les industries du bâtiment, les auberges, épiceries et écoles indispensables à la population rurale et dont le nombre n’a rien d’exagéré.
On compte à peine 3.000 ménages en tout. Plus de 2.000 se consacrent uniquement à la culture. Ils se répartissent ainsi (statistique agricole de 1898) :
Propriétaires exploitants 1880 ; fermiers, 65; métayers, 4ou5; ouvriers et domestiques, environ 200.
Si l’on en excepte les bois, les 4/5 de la superficie sont exploités par les propriétaires. Un grand nombre de petits agriculteurs, surtout à Saint-Georges, louent des parcelles de terre à des propriétaires forains.
La majorité des grands propriétaires habitent Paris ou Auxerre, Leurs fermiers, au nombre d’une soixantaine, sont en majeure partie originaires de la Puisaye et du Morvan, Clamecycois. Le propriétaire local est plutôt vigneron et il aime l'indépendance, préférant, dit-il, un petit « chez lui, qu’un grand chez les autres ».
Le métayage est tout à fait l'exception.
Division de la propriélé et morcellement du sol. — La contenance moyenne de chaque propriété est d'environ 6 hectares. Sur un total de 3.000 exploitations, on en compte un millier de moins d’un hectare et qui sont sans importance, sauf lorsque l’horticulture y est possible.
(1) Escamps possède une boulangerie mécanique. 242
De un à cinq hectares, la propriété commence à fixer son homme. On en compte 850. De 5 à 10 hectares, les 600 propriétaires se suffisent et occupent un cheval. L'ensemble de la petite propriété, de un à dix hectares, comprend la moitié des exploitations et même les deux tiers si on néglige la poussière de 0 à 1 hectare dont nous avons parlé plus haut. Son régime n’a guère varié depuis un siècle. Le morcellement cultural entre autres n’est pas plus grand, quoi qu’en pensent certains économistes
La contenance moyenne des parcelles est d’une vingtaine d’ares, 27 ares en tenant compte des fermes peu morcelées.
Dans la région calcaire, il faut labourer plus de surface pour obtenir le même revenu ; la contenance moyenne des exploitations s'élève à 9 hectares à Coulangeron au lieu de 6 hectares pour l’ensemble de la vallée. Aussi estimons-nous que la limite maxima de la petite propriété s’y fixe autour de 15 hectares.
De dix à vingt hectares, les moyens propriétaires sont au nombre de 300 seulement. Ils occupent deux chevaux et emploient la faucheuse et des tâcherons au moment des récoltes. Le nombre des aides varie aussi avec la proportion de vigne. Jouissant d’une certaine aisance et bien considérée, cette catégorie de propriétaires fournit en général la classe dirigeante : conseillers municipaux, syndics agricoles, etc.
A partir de 20 hectares, on trouve autant de fermiers que de propriétaires exploitant 70 domaines de 20 à 50 hectares et seulement 25 (un pour cent) de plus de 50 hectares. Dans cette dernière catégorie, ne rentrent que des fermes agglomérées et louées. Souvent leurs propriétaires s’y réservent une maison de campagne qualifiée de château et un bois d’une certaine étendue pour la chasse. Les châteaux étaient très nombreux, une quarantaine, soit quatre au moins par commune.
La moitié de ces propriétés se sont morcelées. Nous sortirions de notre cadre de géographie physique en en cherchant les raisons économiques et sociales. Les considérations dans lesquelles nous sommes entrés sont suffisantes, nous l’espérons, pour donner l’idée du pays comme milieu de vie. Signalons toutefois que les mauvaises terres des biens communaux dits « usages » ont été, dans la plupart des communes, vendues par adjudication aux habitants qui les ont considérablement améliorées grâce à l’animus domini ainsi acquis.
IV. ToPONYMIE. — Si l’imagination joue un certain rôle dans la reconstitution de la topographie ancienne, elle s’est donné libre carrière dans la recherche des origines des noms de lieu. Nous avons constaté les opinions les plus contradictoires et les plus anti-naturelles des amateurs locaux :
Quantin, Dictionnaire topographique de l'Yonne, qui ne remonte qu'aux textes latins. 1862.
Robineau-Desvoidy : Etymologies celtiques de l'Yonne, ouvrage manuscrit d'un sceptique justifié vers 1850.
Prot, Recherches sur les étymologies des noms de lieu dans l'Yonne. Manuscrit de la fin du xix° siècle, très complet, mais arrêté à la lettre U (1), vers 1890.
Beaulche. — D'abord quelle est l’étymologie du mot Beaulche ?
Quantin trouve ce mot signalé pour la première fois vers 680 (cartulaire général I, 18) : Belcha fluvium. En 1162, on
Fig. 53. — FERME DE BEAULCHE
Dans une ile, au milieu de la vallée, la ferme constitue une vraic forteresse Le ru de Beaulche coule de gauche à droite en arrière du rideau de peupliers.
écrit Belchia (II, 237) et en 1299 : bisiehe (abb. Saint-Marien), terme encore en usage chez les habitants. Au centre de la vallée, dans une île, se trouve située la ferme de Beaulche
(1) Nous désignerons ces trois auteurs sous les initiales : Q, R-D, P.
M. Longnon, professeur au Collège de France, a bien voulu déterminer quelques étymologies et surtout appeler notre attention sur la difficulté du problème. =.
LA VALLÉE DE BEAULCHE ill
ressemblant à une forteresse (Fig. 53). Elle est mentionnée dès 1230 sous lé nom de Belcha (cart. de Crisenon) ou Belchia; Belcha domus fortis, c’est-à-dire « fort » en 1248 (Gallia Chistiana, XII, n° 94, preuves du diocèse d'Auxerre).
Quant au bois de Beaulche, les historiens n’en parlent pas.
Lebeuf (Histoire du diocèse d'Auxerre) a cherché dans la vallée une ville consacrée à la déesse Belcha qui y aurait eu sa statue.
Belcha est donc la racine latine que nous avons proposé de traduire par « la Beaulche » et non le ou la Beaulches, Bauche{s]}, Baulche!s], suivant les auteurs.
Mais d’où vient Belcha ? Cette fois grammatici certant.
Robineau-Desvoidy lui assignaïit la racine celtique « belch, bolc », haut et rude. Le ru de Beaulche serait la rivière des tertres raboteux !
Mais dans une étude spéciale (1) sur les cours d’eau de l’ancien diocèse d'Auxerre, le même auteur l’appelle rivière de la division, de la découpure (belch), parce qu’elle limitait le diocèse avec le ru de Charbuy qui clorait (car) le diocèse.
Prot prétend qu’il se rattache à la racine Bek qui a fait ruisseau chez les Germains. Ce serait donc le ruisseau tout court, le ruisseau par excellence ! Mais le modeste ru de la Biche, son voisin septentrional et intermittent, aurait la même origine.
Dans son récent essai sur l’onomastique des rivières, Raoul de Félice cite parmi les mots d’origine celtique l’irlandais « balc », fort, qui éclairerait l’étymologie du ru de Beaulche, torrent à la vérité, mais non puissant.
Suivant l’état d'esprit des chercheurs, nous sommes donc en présence d’une déesse, d’âpres monts, d’un torrent ou d’un ruisseau. Devant cette diversité, qu’il nous soit permis de ne pas conclure, suivant d’ailleurs l’exemple de Hælder (2).
TOPONYMIE GÉNÉRALE. — La topographie, l’eau, la nature du sol, la végétation, les animaux, le mode de tenure, l’habitation, les personnes et la religion ont fourni les désignations de lieu :
Noms d'origine topographique. — Le plus caractéristique est le mot Thureau (Saint-Georges), : le Tor ou Teur celte était une butte ou élévation.
(1) Robineau-Desvoidy. Etymologie des cours d'eau de l’ancien diocèse d'Auxerre. Bull. Soc. Sc. Y. 1850.
(2) Altceltischer sprachschatz, Leipzig, t. I, col. 369, v° Belcha.
Les Montonneaux, ferme au sommet d'une eroupe entre Volvent et Escamps, ont sans doute la même origine (bien que l'article appelle un nom de personne), ainsi que la Téte-Noire (sommet noir) sur Perrigny.
Les Révillonnes (Diges) désignent de petits ravins.
Fréquent dans les lieux-dits du cadastre, le terme Vau désigne les minuscules hameaux de Vaumarloup sur le ru d'Escamps et de Vauluisant qui renfermait un étang à mi-côte en face Chevannes .
La Piefourne, au pied et en amont, n'aurait rien de commun avec l'oiseau pillard. On devrait écrire pie-fourle, quartier de terre (piat) où les parcelles étaient séparées par des fossés, comme le gâteau appelé furle (P.).
Il est probable qu'autrefois on aboutissaif au Cul -de-sac par une impasse venant de Saint-Georges ou de Montmercy et s’arrêtant à l’orée du bois.
Chéry, grosse ferme et chapelle sur Coulangeron, aurait été mieux desservi puisqu'on le rattache à carreria, voie romaine.
Noms ayant leau pour origine (1). Dans les vallées sableuses, l’eau suinte par une multitude de minces filets, comme à la Barbottière de Chevannes. Dans les calcaires, au contraire, elle sourd en sources abondantes, comme à Ffontaine-Madame, Nantenne (celtique nan — source ou vallée), Avigneau (Aquinolium).
Lorsque leur périmètre d’alimentation est étendu, elles forment immédiatement un ru (rivus) comme à Riot (Diges) et Rio (source : de Perrigny); enfin, le ru peut devenir un fort torrent (Beauîche ?) qui se jette dans une large vallée au lieu dit Les Contours, c'està-dire les méandres de l'Yonne (Fig. 11).
Noms dérivés du sol arable. — Abandonné à lui-même, le sol s’enherbe et constitue un pâturage, pastineria : la Patinerie (Escamps), Dans les vallées étroites et sans alluvions, comme les fonds de vallée du kiméridgien, le pâturage est naturellement petit pastellum, d'où Pesteau (2) ? P.
Les friches (boletium) occupées par les bruyères auraient donné Montboulon (Saint-Georges). P.
Le défrichement s’opère d’abord en arrachant les broussailles (étang des Archis, pour arrachis), puis écobuant, surtout dans les terres sableuses ou humides : Bois de la Brâlerie de Pourrain bois des Brandons de Diges. |
(1) Diges voudrait dire pays abondant en sources, ou encore digh — deagh — bon, paroisse fertile (R-D). Raoul pensait que Diges serait l'Aquis segesiæ à 22 lieues de Sens et d'Orléans et dont les Romains auraient apprécié les eaux ferrugineuses.
(2) Mais Pesteau s’est écrit Pistosiolum (878) et Piscosiolum, se rattachant à d’autres racines. É
Varennes (Diges) désigne un sable léger et le bray, üun sol vaseux comme celui des marnes aptiennes à Bréandes près Perrigny.
Pourrain qui s’écrivait Pulverenus au vi siècle (puis Polrenus), doit sans doute son nom à la nature sableuse de la majorité de son territoire (albiem).
La ferme de Bonpain (Fig. 51) d’un côté de Saint-Georges s'oppose à celle de Mocquesouris de l'autre côté. On prétend que cette dernière ferme produisant uniquement du vin et du fourrage, les souris n'avaient rien à y gratter. P. On rencontre, en France, une trentaine de moulins portant ce nom. La situation aurait singulièrement changé : le petit plateau entre le ru de Mocquesouris et Perrigny compte parmi les plus fertiles pour les céréales.
Noms dérivés de végétaux. — La Forêt (Diges) se retrouve dans les hameaux ou fermes des Bois-Clairs, des Bruyères de Perrigny, du Petit-Bois, de Servan (Cervennum — selve — sylve. P.), de Bruyère (Villefargeau) corrompu en la Gruère à Charbuy.
Tous ces hameaux se trouvent situés sur la rive gauche au niveau des marnes aptiennes ou sur les sables plus ou moins argileux de l'albien où les bois sont clairs et remplis de bruyères (Fig. 49).
Les broussailles (gaud, guald, wald, all.) auraient été essartées pour l'établissement de colons à Godot (Diges) ? P.
Parmi les essences, le chêne domine; on s’en aperçoit aux désignations des Chéneaux, voisin de Montchenot (Diges) et des Chesnez (Perrigny-Monéteau). Le Châtaignier ne désigne qu’un bois de Villefargeau. Le tremble (tremulus), essence hydrophile, a pu croître au sommet du plateau de Chevannes, grâce à la présence des argiles à lumrachelle qui entourent la ferme de Trémilly. P: Le bois du Coudray (Escamps) doit son nom au noisetier (coudrier); peut-être le ru de Vert est-il le ru des Vernes (aulnes). Plus rare est le Cormier qui a donné son nom à la ferme de Saint-Georges. La Charmée de Pourrain est peu boisée.
Le Grand-Buisson (Diges).a une origine analogue aux Groseillers de Perrigny et aux Huilliers d’Escamps. La chose paraît extraordinaire. Rien de plus simple d’après Prot : les gros-hayers sont les gros buissons et les Huilliers (1) constituent un diminutif des hueyers (hu-yers) — haies. En aval du Pont-de-Pierre, sur la rive gauche, se trouve de climat des Grandes-Hayes.
Nos ancêtres n’ont pas oublié le Verger (Perrigny), Vergeot (Pourrain), ni le prunier qui prospère dans les sols calcaires de Migé à Prénereau (Prunellum en 1283).
(1) Huiliers s’écrit indifféremment avec un ou deux 1. La culture du noyer et des graines oléagineuses a toujours été en honneur dans la région calcaire. Il est possible que les huiliers aient effectivement possédé un moulin à huile, mais alors on aurait dit les huileries ou l’huilerie. Les Huiliers doivent être un nom de personne.
Les graminées se développant dans les friches servent à désigner le bois du Chaumois (Appoigny) et le hameau de Semilly
(Escamps) qui viendrait de Semiliacum — Chaumillis. P. Toutefois le suffixe acus s'accolait de préférence au nom d'un gentilis romain.
A Pourrain, le Gazon était sans doute plus tendre.
Noms dérivés des animaux. — Au pied de Saint-Georges est bâti Chanteraine (et non Chantereine) rappelant l'idée des coassements de la grenouille (rana).
Les oiseaux fréquentaient volontiers les Bois-Grivaux (?), (plutôt nom de personne) de Diges et des Courlis (Charbuy). Mais -l'homme a su de bonne heure les retenir au Colombier (Diges), chaque ferme en possède un et c’est à la vallée de Beaulche que M. Joly a emprunté les descriptions de son Oratio pro columbis.
La volaille eut toujours de l’importance sur le plateau calcaire de Grapoule qui s’est écrit Gratte-Poule (Coulangeron).
Malheureusement, elle avait des ennemis parmi Les Renards de Saint-Georges et de Perrigny (la Renaudine), termes qui se rattachent aussi plutôt aux habitants.
Au moins le lapin de Garenne (Coulangeron et Diges), la Biche de Chevannes, les Lappereaux de Bréandes et de Mont-Levrault (Escamps) sont inoffensifs.
La « vache du pauvre » devait être assez répandue à Pourrain (Maison des Biques), «elle fréquentait le bois de la Haute- Chèvre sur les confins de Villefargeau.
Le petit ru intermittent de Pisse-bœuf dévale des sables ferrugineux de Perrigny qui colorent ses eaux.
Noms dérivés du mode de tenure. — Prot, qui se rattachait le plus souvent à l’histoire, avait découvert dans un grand nombre de mots les modalités différentes de l’attache des serf à la glèbe : les Martins, les Pourrains, des Patriciens (Perrigny), etc. La plupart de ces interprétations ne résistent pas à l’analyse, sauf Coulangeron pour Collangeron, colonica, maison de laboureur.
Arqueneuf s’est écrit Ricoronus, Recognitum, ete. Ces mots peuvent faire allusion au régime sous lequel était placée la terre : arca nova — nouvelle limite (P.), ou terre reconnue ?
Les seigneurs habitaient de riches châteaux (burg), comme celui de Ribourdin dont les ruines sont encore imposantes à Chevannes, Leurs Gardes (Pourrain) occupaient des maisons forestières.
Toutes les dîmes étaient réunies dans les greniers (Grand et Petit Grenon) à Saint-Georges. :
Noms tirés de l’habitation. — Les manoirs (Bois de Bonteint pour bondin ? P.) n'étaient pas rares. Dans le désert des Bruyères de Charbuy, la moindre chaumière constituait un Beau-repaire:
de Villefargeau, on jouissait d'un Beau-regard et plus loin, sur Chevannes, d’un Bel-air.
La destination de habitation distingue le Châtelet (Villefargeau), la Motte (château féodal), la Villotte (Chevannes), Sommeville (summa villa, grande ferme), de la Bergerie (Villefargeau) et des modestes cabanes (cavannæ) de Chevannes au x° siècle.
La maison de culture et les champs sont fréquemment entourés de haies ou de clôtures : d'où Champclos (Pourrain), la Barcelle — la clôture (Perrigny), des Courris et la Cour-Barat (Diges), La Cour, ancien centre de Perrigny, auquel on rattachera peut-être Le Placeau de Charbuy.
Maulny (Chevannes) doit-il se rattacher à malum nidum xII* siècle (mauvais nid), comme le Maulny de Saint-Maurice.
La Borde de Chevannes et la Fermière d'Escamps décèlent facilement leur origine.
La Grilletière n’est autre chose qu’une barrière; fermait-elle Ja vallée au débouché des nombreux vaux secs qui s’y concentrent ?
Les Murs ont donné leur nom aux Meurs (Pourrain). Il existait à Charbuy un étang des murs ou des meurs. Cette alternative indiquée dans un arpentage de 1560 aux archives de l'Yonne a contribué à nous faire admettre cette étymologie. Après avoir soulevé l'hypothèse de moræ (mares), Prot l’abandonnait disant « Nous doutons que les mares soient nombreuses sur cette éminence des Meurs. » Or, elles sont multiples grâce à la nature du sol. Conclusion bonne d’une raison mauvaise.
Le bois de la Cave sur Migé ne doit pas se rapporter à une construction, mais plutôt à des cavités maturelles dans le calcaire portlandien, comme des balmes ou baumes du Midi.
Charbuy viendrait de Carbaugiacus, qui voudrait dire cabanes (baugiacus) dans la forêt (celte : car) ? P. Robineau-Desvoidy y voit viande (car), vache (bau) et ruisseau (gi) ! Etudiant les rivières du diocèse, il y trouve aussi une limite (car) antagoniste da la Charité-sur-Loire ! !
Noms dérivés de l’industrie. — $e passent de commentaires les termes de : la Charbonnière (Escamps), le Pressoir et la Verrerie (Diges), les Tuileries abandonnées de Migé, Chevannes, Villefargeau, Perrigny, celles de Volvent, Escamps, Cassoir actives, les Moulin-Brüûülé, Moulin-Neuf (aujourd'hui en ruines).
Le moulin dAvigneau à cessé son Clacot, quant à celui du
Tacot (Monéteau), il continue à tacoter. Ce terme de tacot dési-
genera les petits trains à vapeur qui traverseront la vallée, et on trouvera peut-être plus tard des hameaux du tacot. Voilà
de l’étymologie onomatopologique future !
Quant au Moulin-Boirot, c’est une petite ferme au bas de Saint- Georges qui doit tirer son nom d’un certain Boirot.
Les Moulinards — petits moulins — sont encore actifs, mais concentrés en un seul près la halte d’Escamps.
L’une des anciennes mesures était le pichet. Prot n’hésite pas à lui attribuer le nom des Pichots (Diges) et des Piquées (Pourrain), étant entendu qu’il s’agit aussi de noms de personnes, comme nous allons de voir.
Noms dérivés des personnes. — Ce sont naturellement les plus nombreux.
La Puisaye était limitée à l’Est par la vallée de Beaulche. Mais l’influence de Toucy qui en faisait partie s’étendait comme aujourd’hui sur Diges et sur Pourrain. Or, au xvi° siècle, on a établi une sorte de cadastre et donné aux hameaux les noms des familles qui les occupaient alors (1).
Belgrand (2) a fait une autre remarque qui se trouve cadrer avec le faciès géologique de la Puisaye : les hameaux dus à l’imperméabilité et à la pente du terrain portent des noms de famille. Cette appellation cesserait brusquement à l’oolihe. Ex. : Coulangeron et Vallan. Conclusion exagérée : Villefargeau, Saint- Georges, Perrigny et Charbuy comportent les mêmes sols et peu de noms de personnes.
Voiei le nom de ces hameaux, tous précédés de l’article Les :
Sur Diges : les Barats, des Beaufumés, les Bougets, les Boivins, les Calins, les (Chasseignes, les Coignats, les Deschamps, les Frittons, les Guéramns, les Guicharmres, les Jolivets, les Pichots, les Proux, les Simonnets, Moulin-Cottin et Moulin-Ragon.
Sur Pourrain : les Beinées, les Bonnaults, les Godeaux, les Piquées, lés Monts-Martins. — Les autres appartiennent au bassin Tholon.
Sur Escamps : les Baudons, les Jacquots.
Sur Saint-Georges : la Guillaumée.
Sur Chevannes : les Moruts et sur Coulangeron, les Chocats.
Tous sont situés sur le flanc gauche de la vallée.
Ces noms désignent encore des familles dans le pays. On remarquera leur variété. Fort heureusement, les répétitions sont rares. 4
Il arrive que le nom de certains hameaux soit ignoré de l’autre côté de la commune. A Diges, Pourrain ou Charbuy, il faut chercher, pour l'obtenir, an moins un conseiller municipal ou le garde champêtre.
À côté de ces noms d'étymologie vulgaire, il en est d'étymologie savante comme Montmercy (Mons mariacum) (Fig. 52) (3).
Villefargeau ne serait autre que la villa Ferreoli ou Ferreli,
(1) Ann. Y., 4882.
(2) Hydrologie de l'Yonne, Bull. Soc, Sc. Y., 1851. (3) Géographie des pagus, Coll. Lorin, II, 80.
c'est-à-dire de Ferrelus; Orgy, urgiacus; Perrigny (Fig. 47), Patriniacus (vi° siècle); Pouligny (Escamps), Paliniacus; Zrly (Chevannes), Hirelicus, habités respectivement par les gentiles Orgius, Patrinius, Paulinius, Hirelius (diminutif de Hirius).
Noms dûs à l'idée religieuse. La domination étroite de l'Eglise subie par certaines localités, comme Perrigny qui appartemait à l’abbaye de Saint-Germain et où le curé voulait dîmer jusqu'aux arrachis de vignes (1), trouve aujourd’hui sa revanche dans l'indifférence générale de la population. A Charbuy, enterrements et mariages religieux sont tout à fait l’exception. L'église est sans pasteur depuis de longues années. Cet état d'esprit de populations disséminées et occupées à tout âge à un dabeur sans trève doit être très ancien, car les noms dérivés de la religion sont rares.
Une seule localité porte un nom de Saint et encore il est assez récent. Jusqu'au xuI° siècle, au moins, Saint-Georges s'appelait Bercuiacus (2). Ce sont les moines de Saint-Germain qui l'ont débaptisé, sans doute lorsqu'ils y installèrent un collège et un séminaire dont les restes subsistent encore.
La Madeleine de Perrigny était-elle un couvent ?
Pourrain a sa Chapelle au bas du centre et Villefargeau son Bois l'Abbé.
Quant à Monéteau (3), il s'appelait autrefois Campiniacus; on l’a sans doute débaptisé parce qu’il y a un autre -Champigny-sur- Yonne. Monasteriolum (853) est un petit monastère.
Etymologies diverses. — Le moulin Dautun (Migé) ou Dautin se rapporterait directement ou non (par l'intermédiaire d’un nom de famille) à la ville d’Autun fort ancienne.
Nous n’avons pu trouver d’explication pour des mots latins de Scancius (990) et Esquannum (1151) Escamps; Tarva (1220), qui a donné Terves; Cerineum qui a donné Serin.
Et nous n’avons même pas trouvé de racine pour la Sinotte
(1) Archives de l'Yonne.
(2) Prot voit dans Bercuiacus le mot bracus, vallée. Cela ne convient guère à ce village à mi-côte. Robineau-Desvoidy ignorant sans doute ce Bercuiacus dissèque Georges en ge (deux) or (rivière), ce qui en ferait l’inversion d'Orgy !
(3) Par une coïncidence curieuse, le hameau d’amont touchant Monéteau s’appelle l'Éteau. Dans son dictionnaire des patois de l'Yonne, Jossier y voit la rivière resserrée comme dans un étau. Un de nos amis concluait de même en voyant sur la carte géologique les alluvions anciennes former cap de chaque côté de la rivière ! Mais ce rétrécissement a lieu à Monéteau et non à l’Éteau. D'ailleurs, Prot voit dans l'Éteau : Zœti, serfs ou colons d’une certaine catégorie. Que de fantai- S16S..0
184 LA VALLÉE DE BEAULCHE (Perrigny), Montifault qui s’est écrit Montiffaut en 1561, les Monts-Serins — Moncerins en 1488, Volvent ou Volvan et Bourpaume (Diges), Molesme, terme ante-romain d’après M. Longnon, Chanery ou Champery (Eseamps), Grey (Chevannes), non plus que pour le ru de l'Egatio.
L'étymologie exige des études approfondies dans tous les domaines. Son intérêt, comme celui de la géographie et de toutes les branches appliquées, est de synthétiser et de rappeler à chaque instant l'esprit à la complexité des phénomènes naturels dont l'étude constitue non pas les sciences, mais la Science.
Auxerre, mars 1910.
Fig. 54. — CARTE GÉNÉRALE DE LA VALLÉE.
Indiquant particulièrement :
Cotes d'altitude ; Direction des vallées conséquentes vers le centre du bassin de Paris ;
— des failles et effondrements ; — des affleurements concentriques et des vallées subséquentes ; Sources (0), rus et vallées sèches (en pointillé); Distribution des forêts (surtout à l’ouest sur les sables albiens). Voies de communication. — Chemin de fer et routes nationales ; — Routes de la vallée et leurs amorces. On constate qu'aucune ne suit le thalweg;
Hameaux (hachures) ;
Le bassin de la Beaulche est limité par une ligne en pointillé fort.
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