EGLISE ST-ALEXIS MATAPEDIA
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L’épinette et le cèdre, en particulier, abondent presque partout, Avec le cèdre, qui est de qualité excellente, on fait une grande quantité de bardeau qui est expédié aux Indes Occidentales ; on en fait aussi beaucoup pour l'usage domestique. Le pin n’est pas d'aussi bonne qualité que celui d’'Ontario, mais l’épinette de commerce est supérieure à celle que l’on trouve dans les autres parties de la province.
Toute la vallée de la Matapédia est abondamment arrosée de cours d’eau et de rivières. Le printemps, à la crue des eaux, ces rivières se gonflent suffisamment pour porter des billots, sur la plus grande partie de leur parcours ; la plupart d’entre elles offrent, sur leurs rives, d'excellents sites pour l’éreetion de moulins et de fabriques de diverse nature. Les rivières Caribou, Sifrois, Mistigouéche, Métis, Assemetcouagan et Humqui sont flottables jusqu’à leur source.
Les lacs, les rivières et cours d’eau en général de cette contrée sont extrêmement poissonneux. Le saumon et la
ruite y abondent. On dit que dans la rivière Causapscal
seule, il se prend chaquehiver pour plusieurs centaines de dollars de truites, que les gens de Campbellton expédient aux Etats-Unis, où la truite est un poisson de luxe.
Les animaux à fourrure y sont également très nombreux ; on y voit en quantité l’orignal, le caribou, la marte, la . loutre, le vison et même le castor; cependant, ce dernier tend à diminuer de plus en plus, par suite de la chasse effrénée dont il est l’objet. Le vison et la loutre dévorent des millions d'œufs de saumon déposés dans les rivières, au temps du frai,
‘ Pour ce qui concerne les moyens de communication dans cette partie de la province, dit M. J. B. Lepage, arpenteur, dans un rapport en date du 1er mai, 1885, j'ai rarement parcouru de pays où il soit plus facile de communiquer par des chemins, dans toutes les directions. Rien ne s’opposerait, entre autres, à louverture d’un chemin de premier ordre, partant de la station de l’[ntercolonial, à Humqui, et pénétrant jusque dans les fertiles terres qui se trouvent en arrière des cantons Nemtaye, Matalik et Milnikek, et qui comprennent une superficie d'environ 850 milles.
‘ Au point de vue de la coïonisation, ajoute M. Lepage, la région de la Matapédia, que j'ai explorée et qui embrasse une éterduc de plus de 1300 milles, offre de bien grands avantages. Toutes les terres, à de rares exceptions, peuvent faire de bons établissements. J’ajouterai qu’elles ne le cèdent en rien aux terres si vantées du Lac Saint- Jean, que j'ai eu l’occasion de visiter. La culture de ces terres, aidée des ressources que peut encore produire, pendant plusieurs antiées, le commerce de bois et des moyens de communication faciles, donnerait le bien-être à des milliers de familles.”
Au sujet de cette même région, M. Joseph Bureau, le célèbre explorateur officiel, s'exprime en ces termes, dans un rapport en date du 12 décembre, 1893.
‘ Dans les cantons de la Matapédia, que je viens de
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DE LA MATAPÉDIA 29 peu de sable, qui est lui même très productif, attendu qu'il est ce qu’on appelle du sable glaiseux.
‘ Dans ces cantons on ne rencontre que très rarement des roches ou du gravier, le sous sol étant ordinairement de glaise pure, qui prend une teinte quelquefois jaune, ou rouge, ou grise, mais qui ne cesse pas d’être très avantageuse, en autant que l’on rencontre cette couche invariablement À sept, dix ou quinze pouces au plus de profondeur.
‘ Pour me résumer, d’après les notions générales que J'ai de cette partie de la province de Québec, je suis prêt à dire qu’à partir du lac Témiscouata jusqu’au bassin de Gaspé, en ligne droite, les terres sont exceptionnellement bonnes, et, en particulier, celles qui sont arpentées et divisées en cantons.”
Les cantons entre lesquels le territoire de la Matapédia a été divisé, et qui ont chacun une contenance de soixante milles en moyenne, sont au nombre de onze et portent respectivement les noms d’Awantjish, de Nemtaye, Humqui, Matalik, Milnikek, Matapédia et Patapédia sur la ligne droite, et de Lepage, Casupseal, Assemetquagan et Ristigouche, sur la rive gauche.
M. Benson Williams, arpenteur provincial chargé de faire une exploration officielle des cantons de Humaui, de Lepage et de Causapscal, vient d'adresser au commissaire des Terres Publiques des rapports très circonstanciés de sa triple exploration. Après avoir dépeint l'aspect général du pays de la Matapédia qui présente une succession uniforme, et pour ainsi dire régulière, d’ondulations,
de collines semblables à de longues vagues, de vallons largement ouverts, sans qu'on puisse apercevoir nulle part ni montagnes, ni rochers, ni élévation considérable, ni reliefs rocailleux, ni bas-fonds exposés à des gelées précoces, ni savanes enfin, mais seulement un pays suffisarnment accidenté pour permettre un égouttement facile des eaux, un pays agréable à contempler et à parcourir, possédant un sol fertile, du bois et de l’eau en abondance, pouvant être défriché et établi À un minimum de dépenses et de travail, coupé de nombreux lacs, de cours d’eau flottables et très poissonneux, dont les plus considérables sont la rivière Humqui ct la rivière Causapscal, M. Benson Williams termine son étude par des observations générales, mais très précises, dont nous croyons devoir faire les extraits qui suivent :
lo. Ilumqur — Le sol —* Sans exagération, le sol de ce canton est de première qualité et éminemment propre à la culture. C’est une “terre jaune,” de nature plastique, exempte de roches et même de cailloux ; on n’y distingue que quelques petits fragments d’une pierre calcaire, d’une sorte de tuf, très friable, qui se désagrégerait rapidement et s’assimilerait au sol mis en état de eulture. Ce sol produirait en abondance du foin, des grains et des racines fourragères ; il est d’une qualité uniforme et ne diftère que par la couleur, qui est tantôt jaune, tantôt brune, tantôt gris foncé, presque noire, correspondant respectivement aux diverses espèces de culture que l’on veut faire, ecrtaines cultures préférant une terre jaune, d’autres une terre brune. ..,., ; mais il serait difficile de trouver nulle part un sol dans son ensemble aussi généreux ; qu'on le parcoure lot par lot, rang après rang, on n’y trouvera jamais aucun dépôt ;‘erreux ni rocheux, mais toujours il offre
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un niveau égal qui permet à la charrue de manœuvrer sans obstacle et de creuser tout de suite ses sillons, les feux de forêt ayant en outre d’avance préparé le défrichement.
‘“ Le climat de ce pays est de plus très favorable à l’agriculture, On n’y connaît gnère les gelées précoces ; la neige tombe de bonne heure et couvre la terre avant qu’elle soit gelée, les printemps ne sont pas tardifs, et la neige, tombée en abondance, ayant préservé le sol de la gelée, le fermier est en mesure, dès que celle-ci disparaît, de fuire ses semailles, contrairement à tant d’autres endroits de la province où la terre est si gelée, au printemps, qu’on est obligé d'attendre des semaines avant de pouvoir commencer à semer.
‘ D’apres mes observations personnelles et les conversations que j'ai eues avec des gens désireux de prendre des lots dans le canton Humaqui, les perspectives de la colonisation sont magnifiques. M. le curé attend un grand nombre de familles, au printemps, des cantons de l'Est et même du Manitoba ; je n'ai aucun doute que beaucoup de colons sérieux viendront ici et prendront des lots là où ils seront certains de pouvoir s'établir tout de suite.
‘“ Sur les hauteurs et les versants c’est le bois franc qui domine ; dans les bas-fonds c’est le cèdre. Mais il y a absence complète de bois de commerce. Néanmoins, le colon trouvera sur n'importe quel lot tout le bois nécessaire à ses constructions et à son usage ; il n'aura pas à faire de défrichements et ne rencontrera quelque difficulté que dans les cédrières. Sa récolte dépassera ses besoins et il pourra en écouler le surplus par le chemin de fer, qui est À sa portée. C’est pourquoi je recommande instam-
ment au gouvernement de faire compléter les arpentages et de mettre en vente le plus tôt possible toutes les terres de ce canton.”
Caxron LepaGe-— Le sol est ici absolument de la même nature et de la même apparence que dans Humqui, avec cet avantage de plus que les ruisseaux y sont nombreux où coule une eau douce, exceptionnellement bonne, et les espaces plus grands où le feu a détruit le bois, offrant ainsi au colon pauvre une terre défrichée d'avance, où il n’a qu’à labourer et à semer.
‘ Tout ce que j'ai dit du sol du canton Ifumqui s’applique à celui de Lepage. Je n’ai jamais vu sur les bords du Saint-Laurent de meilleure terre que celle de ce dernier canton en particulier.
Quant au bois de commerce, tel que l’épinette, je dirai, comme précédemment, qu’il n’est pas en q'antité sufhsante pour être exploité. Le terrain de ces cantons est surtout propre à la pousse du bois franc et du cèdre. Les feux ont passé principalement sur les hauteurs et ont laissé les fonds intacts. Là où la pousse nouvelle du bois franc tait son apparition, le colon en trouvera assez pour ses besoins domestiques ; tandis qu'avec le cèdre il pourra façonner des bardeaux, des poteaux de télégraphe, des traverses de chemin de fer, des clôtures.,,... Quand la nouvelle pousse aura atteint sa croissance complète, l’érable, le merisier et le bouleau abonderont ; le bouleau surtout sera d’une grosseur considérable.
En ce qui concerne le climat et les perspectives de la colonisation, je ne puis que répéter ce que j'en ai dit cidessus à propos du canton Humqui. Le plus tôt ces cantons serontouverts À la colonisation, le mieux ce sera ; le pays y trouvera son avantage sous tous les rapports, une nombreuse population ägricole pourra s’y établir et
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l’on verra s’y succéder des paroisses bien établies, où comme cela se voit dans certains autres cantons du pays, ks habitations ne seront plus à des vingtaines d’arpents les unes des autres.”
Casurscaz — % De même que dans les deux cantons précédents, le sol de Casupscal est une riche ‘“ terre jaune,” éminemment propre à la culture du foin, des racines et de tous les grains en général, On ne saurait trop recommander ce canton au point de vue de la colonisation ; celle-ci ne peut, nulle part ailleurs, se développer avec autant davantages de sol, de climat et de facilités d'établissement, avec le moins de frais et de travail pour le colon généralement pauvre et peu en état de supporter les durs travaux du défrichement.”
A une série de questions que le département de lAgriculture et de la Colonisation a récemment adressées à messieurs les desservants des différentes cures et missions de la Matapédia, ceux-ci ont fait des réponses à peu près identiques, de telle sorte qu’il est inutile de les reproduire, chacune d’elles séparément, en ce qui concerne chaque endroit indiqué. Nous les résumons en une seule, dans laquelle le lecteur trouvera tous les renseignements particuliers qu’il désirs avoir.
Ces questions portaient sur les articles suivants :
1° Le climat :
2 Le temps des semailles et de la récolte ;
8° Les céréales et légumes cultivés ;
40 Le rendement par arpent ;
5° La valeur relative des biens des colons ;
G° Les scicries, l'exploitation en général du bois et les profits que les colons en retirent ;
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7° Le marché ;
8 Le prix des denrées ;
9 Les moyens de subsistance des colons, en dehors des produits de leurs terres ;
10% La valeur des terres en partie défrichées ;
11° Les érablières et la fabrication du sucre d’érable.
Toutes les réponses à ces différentes questions affirment avec uniformité, conformément à une déclaration faite par l’éminent arpenteur Alexander Russel, après une expérience de plusieurs années consécutives ; 1° Que le climat de la Matapédia est de dix à douze degrés plus doux que celui de Québec.
2 Les semailles ont lieu au mois de mai et les gelées sont moins à craindre que dans toute autre partic de la province. Les récoltes se font en septembre et en octobre.
3 Les céréales et légumes cultivés comprennent le blé, le seigle, le sarrasin, l’avoine, l'orge, les patates, lesnavets, les choux, les pois, eie......
40 Le rendement varie quelque peu suivant les Iocalités, mais se maintient toujours à un chiffre remarquable, relativement aux autres régions agricoles, Ainsi le rendement moyen du blé, par arpent, est de 20 à 25 minots, celui de l’avoine et de l’orge, 40 à 45 minots, celui du seigle 25 à 30 minots, celui du sarrasin 60 minots. Les pois donnent de 30 à 35 minots par arpent, et les autres légumes rapportent dans la même proportion à peu près.
5° La valeur relative des biens des colons dépend, biens entendu, du degré et de l’étendue de la culture. En général, ils suivent une progression allant de cinq cent à trois mille dollars. Les terres de cent acres, habitées depuis huit à dix ans et cultivées en partie, valent de 1000 à 2000 dollars. En certains endroits, dans
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le canton Causapscal, par exemple, on trouve des propriétés, comme celle de M. Blaiïs, qui valent $5000, celle de M. Valois, $4,500, de M. Lepage et de M. Ileppel, chacune $4000.00,
Ajoutons que dans presque toutes les parties de la vallée le sol est draîné naturellement et qu’il n’existe pas de région où le travail du colon soit plus facile.
Le prix des terres vendues par le gouvernement est de vingt centins l’acre.
Grâce au chemin de fer [Intercolonial, les colons ont : aisément et régulièrement accès aux marchés de Québec et des provinces maritimes.
6° Les forûts, très étendues, très productives, sont exploitées surtout par deux grandes maisons de connmerce, la maison King et la maison Price, qui emploient des centaines de bras chacune, sans compter des exploitations particulières, moins importantes, mais tout de même fort avantageuses pour les colons qui y trouvent de l’em. ploi constamment, s'ils le veulent, en dehors de l’époque des semailles et de la récolte.
Cela suppose natnrellement l'existence de ‘chantiers ? et de scieries, pour l'exploitation sur place. Tous ceux qui veulent y prendre part sont à même de le faire, Aussi, le colon n’a-t-il jamais de morte saison et les chantiers ? l’attendent, pour l'aider à nourrir sa famille, quand sa terre lui a douné, pour l’année courante, tout ce qu’elle était en mesure de lui donner.
7T' Toutes les parties habitées de la Matapédia se trouvant en communication directe et rapide avec la grande voie ferrée de l’Intercolonial, elles peuvent écouler journellement leurs produits sur tous les marchés du Dominion.
8’ Le prix des denrées est au moins aussi élevé qu’il l’est à Qnébec et, souvent même davantage, par suite de la consommation considérable qui se fait dans les ‘ chantiers ” voisins. Le foin, par exemple, se vend généralement de 10 à 12 dollars le cent, l'orge 80 centins le minot, le blé un dollar, les pois un dollar, les patates 40 centins, OC, ,.
9° En sus des produits de leurs terres, les colons peuvent faire de lPargent, à volonté, principalement au service des commerçants de bois.
10° La valeur des terres partiellement défrichées est en moyenne de trois à quatre cents dollars.
11° Les érablières sont nombreuses et l’on fait du sucre suffisamment pour la consommation locale.
Ajoutons que les scieries fournissent aux cultivateurs tout le bois, planches et bardeaux, dont ils ont besoin pour leurs bâtiments, en même temps que l'entretien de l'Intercolonial donne de Pemploi à beaucoup d’entre eux et permet à d’autres de vendre à la ligne le bois de cèdre dont ils sont propriétaires.
Promenade faite le long de la Matapédia, pendant la dernière quinzaine de mai, 1896.
Je voudrais sincèrement, en parlant de cette admirable vallée de la Matapédia qui est un séjour enchanteur en même temps qu’un domaine agricole incomparable, pou-
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voir me contenir dans les strictes limites de l'observation et faire un rapport circonstancié, fidèle et nourri de faits, mais dépourvu de couleur et propre uniquement à guider les colons dans leur marche vers cette terre de Chanaan qui se trouve dans la province de Québec, Mais cela m'est aussi impossible qu’il m'a été impossible de contenis mon admiration et mon enthousiasme en parcourant les ravissantes campagnes qu’arrose ce ruban fuyant qu'on appelle la rivière Matapédia, ruban qui coule entre des bords aux aspects toujours changeants, toujours diversement pittoresques, qui se pare de tous les tons du ciel et des reflets multiples de ses rives, reflets tantôt sombres, tantôt miroitants et dorés comme vne parure des champs au de la moisson. Cette rivière est féconde elle même comme les terres qu’elle baigne ; elle est animée, vivante ; elle renferme en elle des millions de vies intenses, et peut nourrir, elle seule, de ce qui naît et s'agite dans son sein, tout un peuple de colons à qui la terre serait ingrate.
Quel beau pays, quel beau pays que le nôtre, me suisje écrié cent fois en savourant ce délicieux spectacle ! Et comment se fait il que tant de ses enfants aient fui ces riantes et inépuisables campagnes, qui leur promettaient l’aisance et le bonheur, pour aller se renfermer dans les sombres usines et les ateliers homicides des Etats de la Nouvelle-Angleterre ? Hélas ! C’est là une de ces fatalités inexplicables qui se rencontrent dans la vie de chaque peuple, mais que l’on serait bien coupable de ne pas combattre dès qu’on en a découvert les causes et que les remèdes en sont à sa portée,
Loin de moi de vouloir faire une comparaison, même lointaine, entre la vallée de la Matapédia et les autres régions fertiles de notre province qui appellent égelement l'invasion ct la conquête de nos colons. Non, certes ; ces sortes de comparaisons sont détestables et nuisibles ; mais, puisqu'il s’agit aujourd'hui de la vallée de la Matapédia, faisons-en simplement une rapide esquisse quine nuira en rien aux régions du Lac Saint-Jean, du Témiscumingue, de la Beauce, de la Rouge et de la Lièvre, réputées les plus fertiles et les plus attrayantes du pays.
On ne s'imagin: pas ce que cest que la vallée de lu Matapédia quand on ne la pas vue. Les rapprots les plus exacts et les plus consciencieux ne sauraient revêtir les attraits de cette région pour en charmer le lecteur.
Comine je l'ai indiqué, dans le corps de cet opuscule, les régions réunies de la Matapédia et du Témiscouata forment un plateau d’une étendue beaucoup plus grande que je ne l'avais supposé d’abord, et qui ne contient pas moins de deux millions d’'acres d’un sol sans égal. Et nulle part de côtes le long de la grande route qui suit tout le cours de la rivière, d’une extrémité À l’autre. Cette route est si belle, si unie, si planche que l’on dirait une large raie de velours sur laquelle glissent les voitures avec une allure uniforme et cadencée. Les montagnes de la région ne sont que des coteaux élevés, d’une grande variété d’aspects et couverts de terre végétale. La Matapédia n’est pas un pays de montagnes, mais un pays extrêmement mamelonné, coupé de gorges et de ravines, et se présentant au regard comme une mer de vagues de terre qui se déroule à Pinfini vers un horizon inaccessible. C’est à peine si, ça et à, sur tout ce long parcours, on
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découvre quelques rochers isolés, perdus dans l’océan de verdure qui les baigne. Quelles riantes campagnes ! Ou dirait un sourire continuel de la nature, d’une fraîcheur et d’une grâce qui se renouvelle à chaque aspect différent. Les habitations nouvelles, qui semblent éelore inopinément sous les pas du voyageur, participent de cette fraîcheur d'aspect et du caractère général des lieux. Et il y en à beaucoup. A chaque instant, ce sont des défrichements commencés de la veille et se multipliant comme à l’envi. Ce que cette région à fait de progrès, depuis quelques années seulement, personne ne le croirait ni ne s’en douterait,parce que personne n’en a été instruit par la voie d’aucune publicité. Et maintenant, on ne saurait se lasser de le dire, dès lors qu’on l’a constaté une fois seulement ; pour l’homme qui aime son pays, c’est là un devoir qui devient une véritable jouissance, et l’on se sent heureux de remplir une tâche qui peut faire naître les plus nobles et les plus légitimes espérances pour l'avenir de notre belle province et de la race d'hommes qui s'empare, tous les jours, de son sol et le féconde de ses labeur,
Saint-Alexis-de-Matapédia, dont le berceau à été si pauvre et si pénible, est devenu de nos jours une belle et aste paroisse donttous les rangs sont défrichés rapidement par,les colons. Ceux-ci sont stimulés et encouragés sans relâche par le digne et intelligent curé de l'endroit, M. J.-E. Pelletier, dont le zèle ne se ralentit pas même dans les circonstances les plus défavorables. Causapseal sera
peut-être, avant longtemps, le joyau agricole de toute la région. Humqui est déjà un grand centre et Cedar Hall a une population de plus de deux mille âmes.
Tous les desservants de la région de la Matapédia sont des hommes d’un esprit droit et généreux qui ont à cœur le développement matériel de leurs missions et les progrès légitimes, dans le sens le plus large du mot.
Ce développement et ce progrès, du reste, ne sont guère sensibles que depuis six ou sept ans. [essor véritable ne date que depuis ce petit nombre d'années, mais il a été en quelque sorte merveilleux, étant données les conditions dans lesquelles les différents établissements s'étaient trouvés jusque là. Or, ces conditions étaient déplorables, et il a fallu toute l'énergie et la force d’endurance des gens de notre race pour les dominer et conquérir la position qu’ils occupent aujourd’hui.