APTE
lacireulation se compose exclusivement de papier : or les variations et la baisse du change causent au commerce, à l’industrie et aux finances les plus gros embarras. Mais cette baisse du change a aussi pour effet de favoriser le producteur de café. |
Ainsi le change, qui était au pair de 27 d le milreis au moment de l'établissement de la République, baissa jusqu’en 1899 dans des proportions telles que la valeur du milreis tomba à 7 pence 7/16 en 1899. Or la dépréciation de l’unité monétaire d’un pays par rapport à l’or produit toujoursle phénomène suivant : si elle diminue la puissance d'achat de cette monnaie dépréciée sur les pays à monnaie saine, elle augmente dans la même proportion sur le marché indigène la puissance d’achat des monnaies étrangères ayant conservé leur parité d'or. Il s'ensuit que les producteurs nationaux, dans l'espèce les planteurs, le café étant le principal article d'exportation, se trouvent dans une situation très privilégiée grâce à la baisse, les traités d'exportation valant de l'or leur permettent d'acquérir une plus grande quantité de milreis et comme les salaires comptés en papier mettent toujours un certain temps à subir l'influence des variations monétaires, il en résulte que le prix de revient du café diminue et que les bénéfices des planteurs s’accroissent.
Ainsi par exemple en 1903 le quintal de café s’est vendu au Havre en moyenne 74 francs, soit, en déduisant 20 0/0 de frais divers, 59 fr. 20 environ à recevoir
par le Brésil et le cours du change ayant été cette année
— ÿ — de 11 pence 96 (1) ou 1,25 chaque quintal constituait
pour la production brésilienne une rentrée de
— 47 milreis 44.
Si le taux moyen du change avait haussé à 15 d. ou
1 fr. 57, le prix moyen du café étant resté le même, chaque quintal n'aurait plus procuré que
— 35 milreis 70.
Avec un change de 10 la valeur du même, quintal, vendu au même prix au Havre, aurait donné au Brésil
Donc un change bas agit comme une prime à l'expor-
— 56 milreis 38.
tation et favorise les planteurs et il est tout naturel que ceux-ci fassent tous leurs efforts pour maintenir une pareille situation ; c’est ce qu'ils firent. Malheureusement les conséquences d’une telle activité aboutirent au Brésil à la surproduction ; la consommation n'’allant pas aussi vite que la production le marché fut bientôt encombré par les quantités de café qui y affluaient et les prix subirent une baisse considérable, baisse qui se fit d'autant plus sentir que le change haussait ) de 7pence 7/16 en 1899 le change remontait à 15 pence 57/64 en 1905). Et que le planteur était accablé par la surabondance de son produit. Mais le malheur des uns
faisant le bonheur des autres, la hausse du milreis était