‹ La Valorisation du Café et le Change BrésilienChapitre 23 sur 35 · CD · texte numérisé non relu

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énormes tant à cause de sa lente croissance, des distances énormes existant entre les places de consommation et nos ports, que des besoins et des demandes de la clientèle, celle-ci désirant avoir des cafés parfaitement préparés, et cette préparation demandant, à raison des pertes qui peuvent se produire et des mélanges nécessaires, des dépôts considérables, dépôts nullement préjudiciables au produit qui peut se conserver très longtemps. Il est donc impossible de penser que le marché mondial puisse s'abstenir d'acheter sur nos places, nous qui sommes les premiers producteurs du monde;

Etant donné que la consommation augmente, et queles commerçants ont besoin de posséder de très gros stocks, réduisons les stocks disponibles et l'équilibre se rétablira de suite, en attendant que les mesures prises contre les excès de la production produisent leurs effets. Et les faits sont là pour nous donner raison. Les prix moyens qui tombèrent successivement à 58 francs les mille sacs au Havre en 1896-1897. 39 francs en 1897-1898, 36 francs en 1898-1899, et de 33 à 34 francs en 1901-1903 remontèreni en 1904-1905 à 50 francs, parce que les stocks avaient baissé de 1903 à 1905, passant de 12 1/4 à 1x 1/4 millions de sacs. En poursuivant la réduction du stock visible jusqu’à 8 1/2 ou 8 millions de sacs, c’est-à-dire en achetant 4 millions de sacs les prix s’élèveront à 65 ou 75 francs. En 1886-1887, moment où la consommation atteignit 8 ou 9 millions, les existences visibles,

qui étaient d'environ 4 millions, commencèrent à bais-

ser à cause d’une mauvaise récolte et les prix de 50 francs passèrent à 193 francs. La consommation est aujourd’hui supérieure à 16 millions de sacs, soit le double de la consommation de 1887, que le stock visible baisse à ce dernier volume et les prix s’élèveront.

- Donc réduire à 8 millions les existences mondiales, tel: est le secret de la valorisation. Or l'année 1906 (30 juin) finit avec un stock visible de 9.600.000 sacs, soit avec un excès de 1.600.000 sur les nécessités commeérciales du monde, auquel il-faut ajouter 2.000.000 résultant de la recette 1906-1907, récolte supérieure à la consommation des mêmes 2 millions, par conséquent il faut acquérir au plus vite d’abord le million 1/2 de l'année 1906, puis les 2 millions de l’année 1906-1907 jusqu'à concurrence de 4 millions.

Or l'emprunt projeté de’ 15 millions de livres sterling peut produire 14.500.000 livrés. Le type moyen Santos et Rio est le type six qui vaut, le type sept étant coté 32 milreis, un peu plus, soit 34 milreis $oo ou au change 15 d., 54 fr. À ce prix avec les 14 1/2 millions de livres sterling on pourrait acheter 6 millions 1/2 de sacs. L’emprunt est donc largement suffisant puisque l’acquisition de 4 millions de sacs est seulement nécessaire pour réaliser la valorisation telle que l’établit le convenio, le produit de la surtaxe de sortie de 3 francs servant uniquement à couvrir les dépenses nécessitées par l’opération : Le seul risque à .craindre, serait de revendre le café moins cher qu'on ne l’achète. Mais ce risque ne peut pas se produire.

Le cas aurait lieu dans l'hypothèse d’une production croissant parallèlement à la consommation ; mais cette hypothèse est irréalisable. La production étrangère s’est maintenue stationnaire avec même une tendance à la baisse. Quant au Brésil, l’État de Rio est en déclin, seul Sâo Paulo continue à produire mais depuis quatre ans la loi interdit les plantations nouvelles et comme les caféiers ne produisent que dans la sixième ou huitième année de leur âge, il est impossible de compter pratiquementavec une entrée sur le marché de quelque nouveau contingent de café pauliste avant huit ou dix ans révolus à partir de 1906. D'ici là l'opération sera terminée. En effet, il est matériellement impossible de compter sur quelque augmentation dans la production moyenne du café dans le monde avant dixans révolus à partir de 1906.

La production mondiale moyenne peut être calculée par la production moyenne des quatre ou cinq derniè-

res années et se déduit facilement du tableau suivant :

Production mondiale de 1901 à 1906 en milliers de sac

Provenance Années A 1901-2 | 1902-3 | 1903-4 j 1904-5 | 1905-6 Brésil. 16.100 | 12.900 | 11.100 | 10.300 | 10.500 Amérique espagnole.

Indes anglaises et hollandaises. Asie et Afrique. 3.600 | 3.720 | 4.890 .920 | 3.700

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