‹ La Valorisation du Café et le Change BrésilienChapitre 25 sur 35 · Diario official, 22 de juilho · texte numérisé non relu

Diario official, 22 de juilho

Malgré l’optimisme de M. Campista, la convention conclue à Taubate provoqua de nombreuses discussions : il s'agissait là pour le Brésil, on le sentait très bien dans le pays, d’une question nationale. Le remède proposé à un mal, très grave assurément, mais non désespéré si on voulait être énérgique et patient, apparaissait comme pouvant conduire à un pire. L'ampleur des opérations prévues et l'intervention de l'Union stipulée effrayaient la plupart des esprits. Il paraissait bizarre que le Brésil dont le revenu des douanes était encore hypothéqué et dont l’amortissement de la dette était suspendu se présentât sur les marchés européens pour entreprendre une opération si osée et une entreprise si aléatoire. Ce n’est pas tout que de décréter un emprunt de 15.000.000 livres sterling ; il faut le réaliser et l’on ne voit pas des capitalistes allant offrir leur or pour faire monter un article de première nécessité et somme toute favoriser les voisins. Le Brésil est sans doute en effet le plus grand producteur de café, mais sa supériorité n'est peut-être pas assez marquée pour qu'il soit maître absolu du marché et surtout elle n’est pas éternelle. Le Vénézuéla, la Colombie, produisent du café, le Mexique, Cuba, Porto-Rico possèdent des plantations. C’est pour eux peut-être que va travailler le Brésil. Si actuellement ils ne produisent pas davantage de café c’est parce qu'ils avaient de la peine à le vendre. Mais si les Etats Brésiliens s'engagent à retirer du marché tout le café

brésilien qui pourrait faire baisser les prix, les con-

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currents auront vraiment la partie trop belle pour ne pas en profiter.

Mème si la manœuvre réussit ce ne sera que grâce à la constitution d’un stock énorme. Quand les cours auront monté et qu'il faudra écouler les sacs accumulés, les concurrents auront eu le temps de se préparer et le stock restera pour compte. Ils s'accroîtra

-d'année en année et à mesure que la production étrangère augmentera l'Etat Brésilien deviendra de plus en plus le seul client de ses propres producteurs,

Alors que fera-t-on du stock acheté. L'abandonner sur le marché serait peut être un peu périlleux. Le retenir ? Il peut se gâter. Un ministre brésilien disait: « Quand nous devrions jeter à la mer les 8 millions de sacs que nous possédons nous aurions sauvé cependant notre pays d’une crise qui aurait été sa ruine.» Singulier remède que celui qui consiste à jeter son argent à la mer pour se sauver de la débâcle !

Au véritable remède résultant d’une entente entre les planteurs pour organiser la production et la vente du café, ceux-ci préféraient un vaste système qui reposait en somme uniquement sur la croyance en de faibles récoltes à venir grâce auxquelles l’écoulement du stock réalisé pourrait facilement se produire !

Le président Rodriguès Alves, dans son message du commencement de 1906, voyant dans ce plan la ruine possible de tout le travail de reconstitution des finan-

ces nationales opiniâätrément poursuivi durant près de

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sept années par les hommes d'Etat brésiliens les plus clairvoyants, estimait que des lois « nouvelles pour relever les prix du café étaient inutiles et se prononçait contre toute mesure qui aurait pour objet de provoquer une hausse soudaine et artificielle du café. Suivant lui c’est seulement dans de saines institutions de crédit agricole et des opérations de warrantage que les planteurs trouveront le moyen de combattre avec succès des crises telles que celles dontils souffrent aujourd'hui ». « Sans doute, répondaient les valorisateurs, mais cela demande du temps et la récolte de 1906-1907 est la qui nous écrasent. Si nous avions des capitaux et si notre territoire n'élait pas si vaste, nous pourrions nous grouper en syndicats, et nous ne serions pas obligés de nous en remettre à l'Etat du soin de prélever une surtaxe de sortie comme celle que nous avons établie, surtaxe qui peut paraitre bizarre puisqu'elle semble augmenter le prix de notre café au moment où nous cherchons à le vendre, mais qui n’est en réalité que la somme que nous devrions verser si nous nous associions. Il n’y a qu'un remède, c’est l'application du convenio. »

Et pour l'obtenir plus vite les planteurs grossissaient les estimations de la récolte,bien que cette manœuvre dépréciâtiencore la valeur actuelle et réelle de leur produit.

Cependant Sâäo Paulo commençait les achats de café Bien que tous les efforts faits à Londres, Berlin, Paris, Bruxelles pour trouver les 15.000.000 de livres sterling

aientéchoué cet Etat avait néanmoins contracté un em-

ri

prunt en bons du Trésor à un an de 100.000 de livres sterling à la Disconto Geselleschaft de Berlin et traité avec d'importants banquiers et négociants en cafésla consignation à de longs délais dans les ports européens et américains des cafés achetés. Ultérieurement pour continuer ces Opérations le Gouvernement de l'Etat de Sâa Paulo obtint d'un consortium international une avance de 4.000.000 de livres sterling avec lesquels il achetait 2.906.566 sacs.

. Grâce à ces maœuvres les prix atteignirent 7.400 reis l'arrobe (15 kgr.) assurant le triomphe des valorisateurs. La nature elle aussiles favorisait en leur envoyant des gelées, des sécheresses et toute une nuée de sauterelles qui compromettaient la floraison.

Tout marchait donc à souhait. Et le 1 décembre 1906 l'Etat de Sûo Paulo décrétait le recouvrement de la surtaxe de sortie de 3 francs destinée à garantir les opérations de crédit prévue par la loi du 20 décembre 1905. Mais les Gouvernements des Etats de Rio et de Minas Geraes, refusant de s'associer à la méthode employée pour réaliser le convenio,ne lancèrent pas de décrets pour percevoir la surtaxe de sortie de3 francs. Sâo Paulo se trouva aussitôt dans une situation désavantageuse : les arrivages à Santos tombèrentalors prodigieusement : les cafés de Saû Paulo et de Minas s’écoulaient par le port de Rio où la surtaxe n'était pas établie. Pour leur défense Minas et Rio invoquèrent qu'ils

s'étaient engagés dans le convenio à appliquer la sur-

ru

taxe de sortie sous deux conditions : 1° que l'emprunt de livres sterling 15.000.000 au service duquel elle est destinée soit réalisé ; 2° que les prix du café soient maintenus au prix minimum de 32 à 36 milreis par sac de 60 kilos du type sept américain. Or aucune des deux conditions n'était remplie le r décembre 1906. L'emprunt n'était pas réalisé et le 3o novembre 1906 le café était coté 6.300 reis (1) l’arrobe de 15 kilos ou 25.200 reis le sac de 60 kilos. On était loin du prix minimun de 32 milreis, et l'on ne pouvait exiger du fazenderio le paiement d’une surtaxe de 3 francs représentant au change de 15 pence 1900 reis |

Les délégués des trois États : MM. Albuquerque Lins, ministre des Finances de Sào Paulo, Carlos Peixoto, député fédéral de Minas et Oliveria Botelho, pour l'Etat de Rio, se réunirent à Nicterohy, capitale de l'Etat de Rio pour s'entendre sur l'application de lasurtaxe de3 francs. Ils décidèrent d'assurer l'exécution du convenio en demandant au Gouvernement fédéral son avis pour un nouvel emprunt de valorisation de livres sterling 5 millions et de rendre applicable la surtaxe de 3 francs des trois Etats à partir du 1er janvier 1905. Le prix minimun garanti au planteur fut de nouveau baissé: il n’est plus que de 7 milreis l’arrobe de 15 kilos soit 28 milreis le

sac de 6o kilos.

1. Nous voyons ainsi que Sâo Paulo n’était pas arrivé à maintenir les prix à 9.400 reis l’arrobe de 15 kilos, qu'il s'était efforcé d'établir grâce aux emprunts contractés dès le début de la valorisation.

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L'État de Sào Paulo qui avait déjà acheté plus de 2.000.000 de sacs sans pouvoir maintenir les cours, perdait déjà 1.200 contos sur le café retenu. Aussi le nouvel accord déclarait-il que toutes les opérations précédentes faites par cet État resteraient uniquement à sa charge.

Malgré ce nouvel accord la mise en pratique de la valorisation ne donnait lieu qu’à des protestations. Les grandes maisons exportatrices : lamaison Wille notamment, achetaient comme n° 7 des cafés n°6 : par suite le type réel n° 7 commeles typesinférieurs se trouvaient pratiquement exclus du marché : comme les cafés de Rio et de Minas appartiennent pour les trois quarts à ce type sept, ces Etats ne pouvaient vendre, mais étaient contraints néanmoins de payer la surtaxe de sortie de 3 francs. N'ayant plus aucun moyen de se procurer de l'argent, leurs cafés ne se vendant pas, ils chargèrent l'Association commerciale de prendre leur défense et de demander : 10 Que les achats de café du type sept américain soient faits loyalement sans distinction de vendeurs, au prix minimun du convenio soit 7 milreis l’arrobe ; 9° Que les qualités inférieures au type sept soient rendues au commerce exemptes de la surtaxe de sortie ; 3° Que les qualités supérieures au type sept soient vendues dans les termes du convenio à des prix porportionnels, aux acheteurs pour compte de la valorisation. Ces demandes furent acceptées et jointes au convenio. Aussi les cafés de Minas et de Rio des types huit et neuf furent acquis à des prix porportionnels à ces qualités, 5.800 et 6.400

Blanchecotte 6

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