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reis l’arrobe respectivement. Donc les trois Etats étaient de nouveau d’accord.
Cependant les achats continuent. La Banque du Brésil, autorisée par le Président de la République, prètait en même temps un million de livres sterling à Sào Paulo et faisait acheter pour 4.000 contos de café de qualité inférieure.
Le 20 janvier 1907 8 millions de sacs avaient été retirés de la circulation; on était loin des 4 ou 5 millions jugés très suflisants par le rapporteur : il fallait maintenant les retenir et pour cela il fallait de l'argent: 5.000.000 de livres sterling étaient nécessaires. Demême que les prix primitivement taxés avaient successivement baissé de 32 à 28 milreis, de même l’emprunt était descendu de 15.000.000 de livres sterling à 5.000.000 ! Mais il ne suffit pas de vouloir réaliser un emprunt, il faut encore qu'on le souscrive : etles Etats étrangers rendus méfiants par le refus des Rotschild de ratifier un tel emprunt ne se souciaient pas du tout de la valorisation.
Et les faits n'étaient pas de nature à présenter le convenio sous un jour favorable. Les Etats caféiers en effet, lorsqu'ils avaient décidé l'opération de la valorisation, comptaient que la récolte 1906-1907 ne donnerait que 2 millions de sacs environ d’excédent sur les besoins de la consommation et que la récolte suivante (1903-1908)
serait forcément déficitaire: même suivant le Président
de la Sio Paulo Railway les cafés devaient être épuisés pour cinq ans. | |
Or la production totale a donné pour 1906-1907 malgré les prévisions de M. Campista 23.786.000 sacs (20. 190.000 Brésil et 3.590 autres pays) pour une consommation de 17.108,000, soit un excédent de 6.678.000 sacs sans compter les stocks : Les évaluations pour 1907-1908 sont, il est vrai, bien faibles: 5.800.000 sacs pour Santos, 3.500.000 sacs pour Rio, mais de nouveaux plants peuvent arriver à leur période de rendement et les autres pays producteurs ne sont pas peut-être dans la rnème situation que le Brésil.
La Chambre de commerce du Havre disait dans son rapport rédigé en février 1907 : &« Jusqu'ici les résultats de la valorisation n'ont pas été ceux que l'on attendait, puisque le 31 décembre 1906 le good average courant du mois ne cotait plus au Havre que {1 francs contre 46 fr. 5o le 31 décembre 1905 et 49 francs le 28 févricr et le 31 juillet 1906. Pendant la première quinzaine de 1907 les cours ont encore continué à fléchir fortement jusqu'à 36 fr. 25 (15 janvier 1907). La baisse s’est produite, malgré les achats considérables pour le compte des Gouvernements Brésiliens, à des prix supérieurs à ceux des marchés importateurs. »
Aussi l'emprunt avait-il peu de succès.
Les besoins d’argentaugmentaient cependant toujours. Les acheteurs officiels non seulement n’achetaient pas
aux prix promis le café arrivant sur ces places, mais
RAY: ENtes
ne l'achetaient même plus du tout. Les commissaires,
intermédiaires entre les producteurs et les exportateurs, qui avaient consenti à payer la surtaxe de 3 fr. pour le café arrivant comme s'il était réellement sorti, croyant qu'il serait acheté par l'Etat, ne pouvaient plus fournir d'argent aux planteurs qui eux n'avaient plus aucune ressource.
« Par une sorte d’ironie cruelle et inhumaine, dit le Païz, le convenio se borne à acquérir sur le marché environ 6.900 sacs par jour à des prix officiels inférieurs aux prix promis, ce qui est déjà un manque manifeste de loyauté : mais en achetant même à ces prix, il fait naître chez l’agriculteur l'espoir de vendre son café, d'accord avec les cotes des acheteurs officiels et ôte au négociant commissionnaire qui ne veut pas s'exposer à être blâmé par le producteur, la liberté de le négocier d'une autre façon. Le sentiment qui domine dans le commerce est par suite un découragement général et croissant. Chaque nouvel envoi de café est pour le négociant commissionnaire une menace de plus ! En vérité nous étions loin de supposer que le convenio pèt créer sur la place Rio de Janeiro une situation aussi anarchique.
« Pendant que se déroulent ces phénomènes, caractéristiques d’une crise intense et faisant craindre, en outre une Catastrophe immimente, notre principal établissement de crédit se trouve pour ainsi dire immobilisé.
Comment pouvait-il offrir son aide au commerce du café,
sur une plus grande échelle que le prêt de 6.000 contos de reis quil a déjà consenti, sans parler d’autres secours peut-être plus importants, lorsque le désordre des affaires, le mauvais état des transactions, les craintes et les inquiétudes lui commandent évidemment la plus grande circonspection dans l'emploi des valeurs de sa caisse? Quelles sont les banques qui peuventse hasarder à accepter en gage du café déposé, dès qu’elles savent que le but du convenio est précisément d’empècher l'exportation du café au moyen de maudits prix fixes et de l'absurde corner pauliste ? N’est-il pas certain que les capitaux ont besoin de circuler et ne peuvent rester paralysés durant des mois, dans les piles de sacs d’un magasin quelconque? Comment le commerce pourrait-il vivre lorsqu'il voitle crédit lui échapper et que la pression des intérêts légitimes, augmentée par les tourments que lui inflige le convenio gène ses opérations, tue son aclivité et son énergie ?
«Nous savons que le Gouvernement fédéral ne peut intervenir directement dans des opérations commerciales du ressort des Gouvernements des Etats. Mais quand ces opérations arrivent à blesser implacablement l’intérêt de la collectivité brésilienne n'y a-t-il, dans notre organisation constitutionnelle, aucune protection à solliciter, aucun correctif à mettre en pratique aucun soulagement à appliquer !
« Sommes-nous condamnés à l'abandon, à voir l'U-
nion les mains liées,contempler avec surprise, comme
ob simple spectatrice le ‘délire qui s'est emparé de ses membres et en être réduite à dire au peuple : «Je n'y puis rien ? » La constitution que l’on nous a donnée est-elle donc UMA HE MPIele et marâtre à ce point ?
Ce cri fut entendu et dans son message du 3 mai 1907, le président Affonso Penna laissait entrevoir à brève échéance l'intervention de l'Union : « Cette intervention n’a pas encore été nécessaire, parce que les gouvernements de l'Etat n’ont pas contracté l'emprunt autorisé par la loi ; mais cet emprunt sera contracté dès qu'ils le désireront puisqu'il s’agit d’une question d'intérêt national, ainsi que l’a reconnu le Congrès. ”
L'aide du gouvernement se traduisit sous la forme d'un emprunt de 3 millions de livres sterling. L’emprunt projeté des 500.000 livres sterling était abandonné. L'Etat de Säo Paulo qui venait d’affermer le chemin de fer de Sorocabana à un groupe financier, avait reçu à titre d'avance 2.000.000 de livres sterling. À ce moment, suivant le Brésil du 11 août 1908, voici quel était le bilan de l'opération.
QI a été employé à l'achat de 8.800.000 sacs de café, au prix moyen de livres sterling 1.18.6, une somme de livres sterling 16.949.350, dont livres sterling 13.559. £80 fournis par le consortium, et livres sterling 3.389.870 par les emprunts de l'Etat.
Or, aux cours actuels, le prix moyen de vente des
cafés du type acheté (non compris intérêts, commis-
sions, assurance, magasinage, etc.), serait de livres ster-
ling 1.15.3, d’où il résulte le bilan suivant:
Passif DR CON SOMME ST Le ne ..£ 13.559.480 BCD DE UML EX LOTIGUES Mare en ee LU Ua 4.000.000 Pnprunts à L'ÉMONMANS PL Le ‘4 1 NS: 0007000 Total... £ 20.559.480 Actif Prix actuel de 8.800.000 sacs à livres ST QUES PTS NES SN ASE £ 15.510.000 Surtaxe de 3 francs perçue. .......... 1.050.000 LotaldeTachl. Tr £ 16.560.000 DÉHOLUR T ECRR r £ 3.999.480 sans compter les intérêts, commissions, assurances, magasinage.
Ainsi, la valorisation serait, si elle réalisait actuellement, en déficit au minimum de livres sterling 4 millions. Mais elle attendra pour liquider le relèvement des cours assuré par les faibles récoltes attendues pour les deux années prochaines. Puisse cet espoir se réaliser. »
L’emprunt s'imposait donc : il fut voté vers le milieu de l’année 1907 avec d’autant plus de facilité que le président Tibiriça, président de Sâo Paulo, annonçait la
suspension définitive des achats de café :
«Article premier. — Le président de la République est
autorisé à prêter à l'Etat de .Säo Paulo jusqu'à concurrence
de livres sterling 3 millions, ou son équivalent en monnaie nationale, à l'intérêt de 5 0/0 l'an. Il pourra, à cet effet, faire les opérations de crédit nécessaires dans le pays ou au dehors jusqu’à concurrence de ce montant et à un intérêt ne dépassant pas celui marqué.
«S$ 1. — Dans le contrat de prêt à l'Etat (de Sâo Paulo) seront spécifiées les garanties nécessaires pour son paiement effectif et stipulé l’amortissement respectif, celui-ci pouvant commencer de trois à cinq ans après la réalisation de l'emprunt.
«$ 2. — Sil'Etat de Sâo Paulo contractait directement l'emprunt, le président de la République est autorisé à lui donner la caution de l'Union, les limitations et garanties de l’article et du paragraphe précédent étant respectées.
« Art. 2. — Sont abrogées les dispositions contraires ».
* L'opération de valorisation étant terminée, la liquidation allait commencer.
En résumé, suivant M. Ferreira Ramos, les8 millions de sacs de 60 kilogrammes soit 480 millions de kilogrammes ont coûté à Säo Paulo, à raison de 42 fr. 50 les 50 kilogrammes, 408 millions de francs. Sur cette somme, le consortium a avancé environ 75 o/o, soit 306 millions de francs, et l'Etat de Säo Paulo a dû payer comptant la marge de 25 o/o sur les cafés achetés, soit plus de10o millions de francs. Pour ce faire, il a emprunté livres sterling 5 millions soit 128 millions de francs et
pour faire face à ces engagements il a créé la surtaxe de
sortie de 3 francs par sac de café. Or, s’il avait été (juillet 1906) obligé de réaliser son stock de 8 millions, le café étant à 36 fr. 5o les 4o kilogrammes au Havre, alors qu’il lui revient à 42 fr. 50, il aurait perdu déjà 6 francs par 50 kilogrammes, soit près de 60 millions, sans compter la dépréciation résultant de l'offre d’un pareil stock. IL faut donc conserver ce stock jusqu'à ce qu'à la faveur des faibles récoltes espérées en 1907-1908 et 1908-1909, il puisse le réaliser peu à peu à des prix rémunérateurs. Mais pour conserver le stock, il lui faut être à mème de faire face aux dettes flottantes ci-dessus, aux intérêts et commissions sur les avances du consortium, aux frais de magasinage des cafés entreposés, charges que le journal Ze Brésil estime à raison de 5 o/o sur les fonds empruntés de 2 1/2 0/0 de magasinage et d'assurance et de 3 0/0 de commission en tout 10 1/2 0/0 à environ {0 ou 50 millions de francs par an.
Les 3 millions delivres sterling serviront à cette liquidation : : million sera versé d’abord à la Banque du Brésil pour la rembourser de son avance, les deux autres, plus les 2 millions de livres sterling provenant de l’avance sur l’affermage du chemin de fer de Sorocabana serviront à supporter la liquidation. Le Brésil, calcule que Säo Paulo pourrait soutenir le stock pendant environ deux ans avec les ressources créées par les deux opérations ci-dessus : « l’une est gagée sur la part revenant à Sio Paulo sur les rendements de la Sorocabana affermée à
l’entreprise américaine Sorocabana Railway Company ;
l’autre, l'emprunt fédéral, est garanti par les 8 millions de sacs entreposés et par la surtaxe de sortie de 3 francs par sac de café, surtaxe qui, depuis le 1 décembre 1906; a produit 17.990.808 francs.
Tout reste soumis maintenant à l'importance de la récolte de 1967-1908 et du stock visible qu'elle laissera. Le stock visible au 30 juin 1906 avant la récolte qui se termine actuellement s'élevait à 10 millions de sacs; exactement 9.600.000. La dernière récolte a donné environ 29.190.000 sacs pour le Brésil, 3.596 pour les autres pays : en tout 23.786.000 sacs qui avec le stock visible ont fourni 33.786.000 sacs contre une consommations mondiale de 17.108.000 sacs. Resteraient 16.678.000 sacs. Sad-Paulo, ayant retiré huit millions de sacs le stock visible à la présente date doit être réduit à 8.678.000 sacs. La récolte qui commence est évaluée par les pessimistes à 16 ou même 18 millions de sacs et par les optimistes seulement à 9 millions de sacs pour le Brésil et 4 millions pour les autres pays : en tout13 millions de sacs, qui, ajoutés au stock visible, font 1 millions de sacs. En admettant que la consommation qui a tendance à augmenter prenne 18 millions de sacs il ne resterait plus, toujours d’après les optimistes, au 30 juin 1908, qu'un stock visible insignifiant de 2 à 3 milllons de sacs. Dans ces conditions les prix du café auraient peut-être lendance à monter et
Saô Paulo pourrait réaliser favorablement son stock
emmagasiné de 8 millions de sacs, composé d’ailleurs de bonnes qualités demandées.
Quoi qu'il en soit l'opération est très aléatoire et tout à fait en dehors de celles dont un Etat doit assumer les risques.
Aux troubles économiques et financiers sont venus s'ajouter par surcroît les troubles politiques. C’est la question de la surtaxe des 3 francs qui envenima les choses. Dès la cessation des achats, l’abolition de la surtaxe parut à quelques-uns évidente, mais si les achats ont cessé les charges de la valorisation subsistent tout entières jusqu'à la liquidation et il faut des ressources pour y faire face. Pour Sâo Paulo, qui a tiré les plus grands avantages de la valorisation, le maintien de la surtaxe parait nécessaire ; mais pour Minas Geraes et Rio cet impôt ne semble pas devoir être très ulile à conserver.
Cependant la lutte est très ardente : les uns veulent rester fidèles au convenio et solidaires avec Sào Paulo ; les autres veulent au contraire rendre la liberté au commerce du café et supprimer la surtaxe. Cela assurerait une prime aux cafés de Rio et de Minas par rapport à ceux de Sâo Paulo qui continuent à payer la surtaxe pour remédier aux dépenses faites pour la valorisation. A Rio la plupart des fazendeiros ont voté des résolutions demandant aux pouvoirs publics la suppression complète de tous les droits d'exportation sur le café, l’abaisse-
ment du coût de production, la réduction de tous les
tarifs de chemins de fer, l’abolition complète de tous les droits de douane sur l'importation des sacs vides destinés à contenir du café. Si à Rio le rejet de la surtaxe a été voté, à Minas, au contraire, elle est affectée à alléger les charges créées par la nouvelle loi de protection du café: cette loi autorise le Gouvernement à ouvrir un crédit de banque de 15.000 contos pour venir en aide à l’agriculture sous forme de primes aux sociétés coopératives ayant pour but d'améliorer les qualités des cafés et d’en assurer la vente aux intermédiaires ou à l'étranger. Dans le dernier cas, le Gouvernement embarquera pour son compte le café à Rio de Janeiro, le recevra dans les ports étrangers et l’'emmagasinera dans ses propres magasins. Les sociétés coopératives pourront vendre alors sous leur responsabilité le café aux consommateurs. Pour chaque arrobe (15 kgr.) de café placé par les sociétés coopératives celles-ci recevraient une prime proportionnelle à la qualité. Enfin une société anonyme de défense du café avec une revue hebdomadaire le café s'est constituée pour défendre les intérêts du commerce et de la production. Et c'est peut-être le meilleur résultat du convenio que cette entente qui commence à se faire entre les différents producteurs : c’est à eux qu'ilincombe de défendre leurs intérêts et non à l'Etat. C'est là l’opinion de M. Lacerda.
«Comme les producteurs sont les seuls intéressés à la défense de leurs produits, il est nécessaire de suivre
Li » 4 l'exemple des pays le plus avancés en matière commer-
ciale et de s'occuper d'organiser chez nous le même système de défense, en adoptant les procédés commerciaux modernes dans toutes leurs modalités. Les mesusures à adopter consistent ;
1° À organiser une Société ayant le capital et les crédits nécessaires qui permettent de soutenir les stocks de café disponibles jusqu’à leur vente sur la base d'un prix minimum qui paiera le coût de la production et laissera un solde suffisant pour garantir les intérêts du capital employé dans les cultures. Cette Société servira d'intermédiaire entre les marchés producteurs et consommateurs ;
2° A limiter l'exportation annuelle suivant les nécessilés de la consommation, en retenant l'excès de production du pays pour le compte des producteurs :
3° À réglementer le commerce d'exportation du café brésilien en prêtant son concours à tous les agriculteurs qui le solliciteront ,
4° A prendre toutes les mesures en général qui seront nécessaires à la mise en exécution des procédés commerciaux modernes.
Cette organisation exige la promulgation de lois qui deviendront les bases de la défense des producteurs en adoptant les procédés en usage du commerce moderne.
Quoique les moyens préconisés par M. de Lacerda laissent encore une trop grande part à l’activité législative de l'Etat ils n’en sont pas moins intéressants à
noter.
Il est dommage que l’on ne se soit aperçu qu'après la valorisation que les « producteurs sont les seuls inté-
ressés à la défense de leurs produits ».