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LES MUTATIONS CHEZ LES VERTÉBRES ET L'ORIGINE DES RACES DOMESTIQUES

SoMMAIRE. — Mutations chez les Poissons et Jes Oiseaux. — Mutations chez les Mammifères : atrichosis ; hypertrichosis ; couleur des poils; type valseur; anomalies des. cornes ; anomalies des oreilles ; anourie; anomalies des __ yeux; type bouledogue ; ectromélie ; phocomélie et achon- drop'asie ; absence du tibia; polydactylie ; ectrodactylie ; syndactylie ; symphalangie ; ‘brachydact yiie. — Les monstruosités-mutatiors en général. — L'origine Paz Hire tions des races d’animaux domestiques. re 5

On ne connaît pas, “enhie dl de mutations dont l'apparition ait été constatée au cours d’élevages, chez les Poissons. Sans doute, de très nombreuses anomalies ont été rencontrées dans la nature ou. observées dans les stations de pisciculture, mais nous - ne savons rien de leur hérédité ; par contre, l’analyse génétique de plusieurs races de Carassius auralus, d’Aplocheilus latipes, de Platypoecilius, de Lebistes reticulalus, a montré que dans ce groupe, comme rtout ailleurs, les propriétés héréditaires sont liées à des différences factorielles, done à des mutations de gènes, dont un certain nombre ont pu être identi-

ApA (1921) a mis en évidence les gènes produisant ces types de coloration, brun noir sauvage, rouge . orange, blanc, rouge orange tacheté de noir, blanc … panaché de noir, qui ont fait de cet animal un Poisson » ornemental. Myron Gorpox (1927) a étudié. les rela- … tions de trois facteurs produisant la pigmentation

de Platypoecilius. BernDT (1925) et HANCE (1924) se sont appliqués à l’analyse factorielle de ces nom- - breuses races de Carassius auratus, originaires de

Chine, et qui sont caractérisées par la forme du corps, - la couleur, la disposition des écailles, l’hypertrophie, … le doublement, l’atrophie ou la déformation des . nageoires, l’exophtalmie (yeux télescope), la cou- . leur des yeux. Toutes ces particularités héréditaires

- dans les croisements, sont donc liées à des gènes ayant subi des mutations. Contrairement aux opinions de RYDER ou de TORN:ER, qui attribuaient la production

+ de ces anomalies à des actions extérieures (oxygène,

nourriture), Haxce (1924), conclut de son étude que ces formes de Poissons ont dû naître par mutations

… et ont été maintenues par sélection. Cette origine

paraît infiniment vraisemblable. Il est d’ailleurs

. probable qu expérimentateur, qui ferait des éle-

quelques dizaines de ee dd verrait

Les documents sont déjà plus abondants pour les . Oiseaux, en particulier les poules, en raison de l’ex-

fiés. Par ‘exemple, dans Aplocheilus latipes, Tatuo

. obéissent aux lois générales de l’hérédité mendélienne

D spontanément de semblables mutations.

breuses races domestiques actuelles. On connaît

d’ailleurs un certain nombre de mutations, apparues :

sous les yeux des éleveurs.

C’est ainsi que certaines races de poules sont carac- térisées par l’absence de croupion, anomalie qui réapparaît sporadiquement dans d’autres races. La malformation, étudiée par Du Torr (1913), par LAN-. DAUER et Dunx (1925), consiste dans la disparition non seulement du pygostyle, mais aussi des 5 ver- __ tèbres caudales libres, et dans une réduction des ver-

que 14 vertèbres au lieu de 16, Dans un élevage, De comprenant 800 poulets tous normaux, DAVENPORT (1906) vit apparaître brusquement 2 individus sans croupion, Toutefois, l’anomalie ne reparut que dans un descendant sur 25. Dunn (1925) a montré que cette variation correspond, suivant les cas, tantôt . à une somation, auquel cas elle n’est pas héritable, tantôt à une mutation. L'auteur a vu, plusieurs fois, la variation apparaître à la Station expérimentale. d'Agriculture de Storr et il a pu en obtenir une descendance qui a conservé, à l’état pur, le caractère nouveau, péndant plusieurs générations. En 1922, il reçut un mâle et une femelle sans croupion, nés de parents semblables ; le caractère se montra également

tèbres soudées en sacrum, ce dernier n’ayant souvent

génétiques ont mis en évidence, chez la poule, une # trentaine de couples factoriels, non compris les allé ?] lomorphes multiples. Il est très probable que ces difféférences génétiques ont apparu par mutations et. que d’incessants croisements en amenant des grou- . pements des gènes en présence, ont produit les nom- .

M à A \ , Len k L ñ PSE 7 LPS CR UT SR PONT SR TT

eUv

| DsENroRr et de Dunn semblent es que ls

À -anormaux sont toujours hétérozygotes et que les homozygotes ne sont probablement pas viables.

à apparu brusquement aux Carpathes, à Mada- ; gascar, en Afrique du Nord ; ce caractère héréditaire,

É caractérisé par l'absence de plumes sur la peau du

+ cou, qui est en même temps hypervascularisée, rap-

- pelle l’état présenté par le vautour d'Egypte, Neo-

» phron hemapterus.

» Des poules à bec croisé apparaissent de temps en . temps : comme l'a fait remarquer CONTE (1910),

Br particularité rappelle le caractère du bec de

Loxia curvirostris. MERCIER et Poisson (1925) ont

à pnment étudié une poule à bec croisé, fournie par

un fermier de Crèvecœur en Auge, qui avait noté , Pc cas semblables en 1924, et trois en 1925, dans ses

| élevages. L’anomalie, souvent liée à une dystrophie £ des plumes, paraît héréditaire, mais le genre d’héré-

- dité n’est pas encore entièrement élucidé.

BE Ona souvent vu naître des poules hyperdactyles,

ayant un doigt supplémentaire, résultant générale-

» ment d’une division de l’hallux (1er doigt interne),

caractère dont l’hérédité a été étudiée par BARFURTH (1914), Bon» (1926).

Jones (1921) a vu apparaître une poule à plumes

- soyeuses dans une race Leghorn brune normale. Les

plumes du mutant étaient identiques à celles qui

caractérisent la race silky, dans laquelle cette parti-

. cularité est liée à l'existence d’un gène récessif. Le e.

mutant, observé par JONES, croisé avec une femelle

ConrTE (1909) a rappelé que des poules à cou nu ont

normale, ons une première Re normale, tandis que la deuxième génération comprenait … 29 normaux et 11 individus à plumes soyeuses. Le « caractère, apparu ici sporadiquement, s’est donc. comporté comme celui de la race silky ; de plus, les croisements, entre ces nouveaux mutants soyeux el la race silky, montrèrent que l’anomalie était bien due au même gène, dans les deux cas, et correspon- - 1 s dait, par conséquent, à une seule et même mutation. : | Ce cas est particulièrement intéressant en ce qu'il. montre combien il est logique d'attribuer à des mutations antécédentes les caractères de races domestiques déjà anciennes, lorsque ceux-ci se comportent comme liés à des différences factorielles, mises en évidence par : … les croisements.

De même que dans le cas des poules, nous ignorons … à peu près tout de l’origine exacte des différentes races de pigeons. On sait cependant que la race, appelée culbutant courte face, descend d’un pigeon né en 1850 constituant évidemment un mutant. RIDDLE.

(1917) a signalé l’apparition d’une pigeonne, présentant un défaut de coordination qui paraît avoir été héréditaire et s’être comporté comme un caractère mendélien récessif.

. Nous possédons une masse de documents signalant : des cas d’albinisme chez divers Oiseaux, en parti- culier chez le moineau (par exemple les observations de Harorrr, de O’GARA, de BANTHA, de SWARTH, Crosry, WAsHBurN, HorrY et DRUMOND, publiées en 1915), mais ce sont de simples observations, sans valeur génétique. PrRÈs DE Lima (1926) a vu deux .

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