‹ La variation et l'évolutionChapitre 23 sur 102 · TION DE LA CHARPENTE OSSEUSE · texte numérisé non relu

TION DE LA CHARPENTE OSSEUSE

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eux, produisirent 101 normaux pour 28 sans poils ; la mutation est donc ici récessive. Les hétérozygotes, d'aspect normal, croisés avec les nus, donnèrent 34 normaux et 21 atrichosiques ; enfin, les mutants,

» accouplés entre eux, se sont montrés peu féconds,

car on ne put en obtenir que 3 petits sans poils, comme leurs parents. :

Il est probable que les différents types d’atrichosis, observés chez la souris, ne se rattachent pas tous au même mécanisme ; certains ne sont peut-être que des

somations ; les autres se rapportent à des mutations . qui sont, suivant les cas, dominantes ou récessives.

Cette différence n’est pas pour nous surprendre ; il suffit de nous souvenir des nombreux gènes qui agissent, d’une façon semblable, sur l’œil ou sur l’aile de la Drosophile pour comprendre que des modifications analogves de la pilosité peuvent être dues à l’action de gènes dissemblables.

L’atrichosis de la souris rappelle celui qu’on a observé chez le rat et chez le chat. Dans les chats sans poils du Mexique, il y a, comme dans les souris de BRooKE, un pelage infantile, transitoire. On connaît aussi des races de chiens sans poils, mais . yant, en outre, des anomalies dentaires. En Chine, une de ces races est élevée dans un but alimentaire ; les chiens

de Barbarie, de Guinée, d’Angoia ont la peau presque

entièrement nue avec, en plus, des incisives irrégulières et une seule molaire de chaque côté; cette forme de chien est assez commune au Pérou. VARRELL (cité par BATESON) a relaté le cas de 3 chiens égyptiens et d’un pincher qui naquirent sans poils et dont la dentition était incomplète. HUTTER a signalé que

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certaines peuplades du Cameroun Dossèiént des races de chèvres, de moutons, de chiens, de bœufs à peau glabre. Gray (1869) a trouvé une musaraigne (Sorex sp.) dont la tête et le corps étaient dépourvus de poils et la peau du type rhinocéros.

On a aussi relaté des cas d’orangs-outangssans poils et l’on peut se demander si la pilosité réduite de l’homme n’est pas le résultat d’une mutation analogue. On connaît d’ailleurs, dans l'espèce humaine,

des cas d’atrichosis complet, qui ont certainement .

dû apparaître par mutation, et qui sont, comme chez les chiens, accompagnés d'anomalies dentaires. THuRMANN a observé, dans la même famille, deux cas d'absence complète des poils, des dents et de leurs alvéoles. GuERICKE a mentionné des anomalies identiques chez un frère et une sœur, dans un cas, Chez deux frères, dans un autre. SeEpWicr, HarT-

MANN, HARDLICKA (1) ont rapporté des observations semblables. Le Dougce (1912) a cité le cas d’une famille de Tours dont trois membres, le grand-père, le père et le fils, n’ont jamais eu de cheveux, de sourcils, de cils, de barbe, ni de poils aux aisselles, au pubis, au pourtour de l’anus; ils n'avaient, à chaque

mâchoire, que les 2 incisives internes, la canine, les LU et la deuxième molaire.

ner berrichosts. Le développement exagéré des poils où hypertrichosis caractérise les races angora qui sont connues chez les cobayes, les lapins, les chats, les chiens, les chèvres, etc... LE Dougre

(1) Cités par LE Douze (1912).

| (914) a Fan porté de nombreux cas d’hypertrichosis héréditaire chez l’homme, l’hypertrichose étant soit . généralisée, soit localisée à la barbe, au pubis, etc. » Cocxs (1852) a signalé la capture d’une souris à pois # » longs, noirs et soyeux.

— 39 Couleur des poils. Les Mammifères, utilisés dans les expériences de génétique, présentent déjà un tel … luxe de races diversement colorées ou panachées, races dont l’origine nous échappe en raison de leur ancienneté, qu'il paraissait peu probable que de … nouvelles mutations, portant sur la pigmentation, … pussent être facilement observées. CASTLE (1912) = a pourtant signalé la capture d’un Peromyscus sau- = vage qui était albinos ; cet individu, un mâle, croisé avec une femelle normale, donna une descendance … colorée, mais une des filles, croiséeavec le père albinos, produisit 3 albinos et 4 normaux. L’anomalie, — apparue dans la nature, était donc récessive, comme — C'est le cas pour toutes les races albinos connues. …. Chez les souris, CUÉNOT (1908) a signalé une … mutation grise à ventre blanc ; LrTTLe (1916) a vu apparaître, dans ses élevages, trois mutations de couleur : agouti à ventre blanc, caractère identique à celui d’une race déjà connue, agouti à ventre jaune 1 et agoui brun. DETLEFSEN (1921) a signalé la capture, 4 par un fermier de l’Illinois, d’une souris mâle blanc … crème à yeux noirs ; les croisements montrèrent que la mutation était due à un gène allélomorphe de celui - de l’albinisme, amenant une dilution de la couleur. - Crew (1913) a relaté la capture, en Angleterre, d'un -rat blanc de l'espèce Mus rattus rattus ; ce n’était

pas un albinos, mais également un Dpe blanc crèm yeux noirs. Les croisements ont montré que |: mutation était due à un gène mendélien récessif. - Cette année même (juillet 1928), la capture de rats . blanc crème a été faite à Sauvagnat-Sainte-Marthe, dans le Puy-de-Dôme, par F. MiLLon. J'ai personnel- | lement observé, en 1915, dans l'Aisne, une petite | famille de souris jaunes, mais les circonstances ne . m'ont pas permis d’en étudier la descendance. STROMAN (1925) a signalé la capture d'un coyotte (Canis latrans) albinos. La race de moutons Wensleydale, caractérisée par une tache bleue sur la tête, dérive d’un bélier, Blue Cap, qui avait présenté L cette particularité.

49 Elat frisé ou soyeux des poils. I] paraît que des . - chevaux à poils frisés apparaissent de temps en temps au Paraguay et qu'il existe une race de chevaux à poils frisés. La race de moutons mérinos à laine soyeuse provient d’un mutant, un agneau mâle, né en 1828 dans la ferme de Mauchamp, près de Berry-au-Bac. On a prétendu depuis que l’animal était malade et que cet état pathologique avait été la cause de l’anomalie. Cette réserve n’a d’ailleurs aucune importance ; le fait, s’il est exact, ferait sim- . plement passer la variation constatée, de la catégorie des mutations spontanées, dans celle des mutations Donges.

50 Type valseur. On connaît, depuis longtemps, la race des souris japonaises valseuses, dont l’anomalie de démarche est liée à une défectuosité du

byrintne de l oreille interne. Or, CUuÉNoT (1908) vit - apparaître dans un élevage, suivi depuis 4 ans, deux - souris valseuses, femelles et stériles.Tcutefois, CUÉNOT n’a pas considéré cette apparition comme une véritable mutation ; il a admis que le gène valseur avait - pu être introduit dans l'élevage par l’un des parents originels (un albinos, acheté chez un marchand) et que ce n’est qu’au bout de 4 ans que les hasards des croisements avaient amené la rencontre de deux gamètes viables, porteurs de ce facteur. Bien qu’un pareil retard dans la réapparition du type anormal soit peu vraisemblable, la prudente réserve de CUÉNOT se rattache à une question, celle du moment réel d'apparition des mutations, que j'examinerai ultérieurement.

- Le type valseur, qui était inconnu chez le rat, apparut dans un élevage de rats d'Egypte (BONHOTE, 1912), provenant d’un croisement eutre Mus rattus » tectorum et Mus rattus alexandrinus. Toutefois, les * animaux étaient débiles, trois d’entre eux étaient - aveugles et la descendance n’a pas été obtenue. Coce et SPEELE (1922) ont vu naître un lapin valseur, vigoureux, mais ayant un iris défectueux. L'animal tournait en rond comme les souris valseuses. Il eut un fils semblable à lui ; les 3 généra- “ tions antécédentes étaient normales.

69 Anomalies des cornes. On connaît des races de bœufs, de chèvres, de moutons sans cornes. BLANC (1893) signale -qu'en 1770 naquit, au Paraguay, un taureau sans cornes dont les descendants furent semblables au père et que la même mutation s’est

en 1886, dons de, Elle réappArut. € en 1889, dans le. Kansas où elle donna naissance à la race Hereford.

On connaît, réciproquement, des races à cornes Sup+ k plémentaires. BATESON (894) cite, d' après Na-.

cornes, assez communes, en particulier à Chypre, en Islande, dans le Cachemire. Il existe de même des. chèvres à 4 cornes apparaissant sporadiquement (MüLLer, 1912); toutefois il est impossible de savoir si ces apparitions sont des mutations nouvelles où des résurgences ataviques.

à 79 Anomalies des oreilles. 11 existe des races de moutons à oreilles courtes : LyNGH (921), a étudié une race de souris à oreilles courtes, dont malheureu- … sement l'origine est incertaine. Lusx (1922) a signalé l'apparition d’un taureau ayant des échancrures aux oreilles et qui transmit son anomalie à 18 sur à 30 de ses descendants ; ; le mutant devait être hété- rozygote pour un nouveau gène dominant. Un cas de dédoublement du lobule de l'oreille a été suivi dans | une famille humaine, par SCHOrIELD (1917). Des anomalies héréditaires de l'oreille (trou au niveau de . J’extrémité proximale de l’hélix ; lobe perforé) ont été observées par KINDRED (1921) et par JENKS (1916). Ces anomalies peuvent être suivies pendant 6 # 2ou3 générations mais, comme toujours dans 5 espèce

on nous échappe.

89 Anourie. L'absence de queue, qui caractérise diverses espèces animales, telles que l’homme, les

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