‹ La variation et l'évolutionChapitre 7 sur 102 · LES MUTATIONS DES DROSOPHILES · texte numérisé non relu

LES MUTATIONS DES DROSOPHILES

SoMMAIRE. — Mode d’apparition des premières mutations de D. melanogaster. — Description des principaux mutants. ; — Mutations de D. simulans, D. virilis, D. funebris, -Æ obscura, D. willistoni, D. busckii, D. affinis, D. caribbea, D. hydei, D. repleta, D. immigrans. — Mutations similaires … LE ces Le et caractères communs de leurs primes Fe

la ar ‘alors parfaitement ne rs uveau -caractère, une JON supplémentaire

ES

où RT . E. GUYÉNOT (91), se montra héréditaire,

> mais d d une Hon inconstante. < débuts les mouches > . 100 de leurs descendants; plus de par sélection, : le taux des anormales s’éleva dans la lignée à 90 p. 100. .

Toutefois, un certain nombre de mouches normales . onnaient naissance à des anormales, si bien que.

l'étude de cette première mutation se heurta à des

difficultés imprévues. Nous connaissons aujourd’ hui des cas semblables, dont le comportement génétique a fini par être éclairci, mais, persuadé que les irrégu- larités tenaient à l’inconstance des conditions d’éle-

vage, DELCOURT abandonna l'étude de cette muta- = tion. : £ En 1910, F h.EX, à avait soumis, dans F es- * | poir d'obtenir des mutations, des D. melanogaster A l'action d'acides, de bases, de sels, de sucres et de. milieux nutritifs divers, mais sans succès. Il -commença alors des essais de sélection portant sur la tache, en forme de trident, que les mouches présentent à la face dorsale du thorax. Cette tache est, suivant les individus, sombre, claire ou de teinte inter-

médiaire. Or, la sélection resta sans effet, les parents

es plus sombres ou les plus clairs donnant une descenance identique, avec le même type de variabilité. s'agissait évidemment de variations fluctuantes, ñ héréditaires. Cependant, quelques mouches à : - + che très sombre produisirent des descendants semblables à elles; c'était une première mutation, . RER Tr de ces FAPRReRee et qui fut Je.

; Fig. 1. — Mutation beaded (ailes échancrées) de D. melarogaster / (D'après Bripces et MGRGAN).

TA

vure marginale (fig. 1 et 2). Cette mouche, dont le

caractère nouveau fut désigné sous le nom de beaded, - devait devenir le point de départ d’une lignée qui

produisit beaucoup d’autres mutations. Croisé avec ses sœurs normales, ce mâle donna une descendance, dans laquelle l’'anomalie ne réapparut que dans un 5 |individu sur 60. Ayant croisé entre eux mâles et

dites beaded, MORGAN (1911) Tetronsa l'annee dans 1 descendant sur 35. A la génération suivante, Je taux s'éleva à 1 pour 12. Les résultats étaient en somme très semblables à ceux précédemment obtenus par DercourT. Pratiquant une sélection prolongée,

MorGan put élever la proportion des anormales à 100 p. 100 dans certaines lignées, mais ce taux ne

en

des premières Atbtions de la | Dress et trouvée par DEzcourr et le type beaded de MORGAN, se soient présentées avec ces caractères de « mutations -infixables », qui ne sont nullement ceux de l'immense majorité des mutations. Ce n’est que plus tard qu's l'analyse génétique des mouches beaded, effectuée par DExTER (1914) et par Mürrer (1918), permit de comprendre les particularités de cette mutation.

léthal, c’est-à-dire produit la mort des individus

lorsqu'il est homozygote, si bien qu'il n’y a pas de race beaded pure possible ; la lignée ne peut subsister - que sous une forme hétérozygote et; par suite, | constamment dissociable.

# Une deuxième mutation, également d'apparence » infixable, apparut en août 1910 dans la 7e génération ; $

- des ailes beaded, sous la forme d’un individu, dont les ailes étaient plus courtes que normalement, - comme si l'extrémité en avait été sectionnée. Croisée avec ses sœurs, cette mouche à ailes fronquées donna une descendance, dans laquelle l’anomalie réapparut, E avec des degrés variables, dans 10 p.100 des individus. Croisés entre eux, les {ronqués donnèrent environ 50 p. 100 d'ailes tronquées ; par sélection prolongée, le taux des anormaux put être élevé à 90 p. 100, dans » * quelques élevages, mais ne put être maintenu. Ici : encore, l'analyse génétique, effectuée plus tard par » - ALTENBURG et MüLrer (1920), devait donner la clef de ce comportement aberrant. Les mutations de ce. bis appartiennent à la catégorie des mutants à facteurs léthals équilibrés (1).

- Dans la lignée beaded avaït préalablement apparu, - à la deuxième génération, un mâle dont les ailes : étaient plus courtes que l'abdomen et élargies (fig. 3). Cette mouche à ailes rudimentaires (MORGAN, 1910, 1911), croisée avec ses sœurs, donna une ces- | cendance dans laquelle l’anomalie réapparut. Les croisements montrèrent qu'il s'agissait de la mutation

: (1) Voir E. GuyÉNoT. L'Hérédilé, p. 304-305. NES

= Le

Page 1