MUTATION ET PATRIMOINE HÉRÉDITAIRE
on saura qüe cette petite mouche, ayant produit . plus de 400 mutations, qui ont, pour la ‘plupart, . donné des races viables, il a pu être identifié plusieurs centaines de gènes dans son patrimoine héréditaire. . C’est certainement l’organisme que nous connaissons le mieux, au point de vue de sa constitution génétique.
-‘Ilest, d'autre part, très important de noter qu’il y a identité dans le comportement héréditaire des races animales ou végétales, que celles-ci aient apparu récemment sous nos yeux, par mutations, ou qu'il
s'agisse de races anciennes dont l’origine est trop
Jointaine pour ne pas échapper à nos investigations.
Ainsi, les différences entre races de souris jaunes,
blanches, noires, uniformes, panachées, celles entre
cobayes à poils longs, à poils courts, à poils lisses ou -en rosettes, jaunes, noirs, blancs, tricolores, agouti..., etc., sont exactement de même nature, se comportent
de même, dans les croisements, que les races nouvelles
que nous voyons apparaître actuellement, dans ces organismes ou dans d’autres êtres vivants, par muta-
tions. .
Dans nombre de croisements entre espèces, on se
trouve également en présence de différences facte-
rielles de même ordre, suivant aussi les lois générales
- de l’hérédité mendélienne. Ceci montre la très grande
importance de ces variations de facteurs dans la réali-
sation des formes nouvelles. Nous sommes en droit, : semble-t-il, de conclure que les particularités qui.
différencient les races anciennes et les espèces, reposant essentiellement sur des changements de facteurs
tout à fait comparables à ceux que nous voyons se produire sous nos yeux, ces races et ces espèces ont dû,
one. si l'on . bien en one la légitimité, car elle apporte la preuve du rôle évolutif des mutations L'accord est saisissant entre les résultats de l’étude expérimentale de l’hérédité et ceux de l’étude de la. . mutation. Celle-là repose sur le jeu, dans les croisements entre races, de gènes ayant subi antérieurement des variations constitutionnelles, permettant de mettre en évidence des différences factorielles. … Celle-ci nous montre la genèse brusque de semblables différences, servant de point de départ à des races qui, dans les croisements, suivront à leur tour les lois de l’hérédité mendélienne. Comme point d'arrivée = ou comme point de départ, un même mécanisme, la. mulation factorielle. + Le parallélisme peut être poussé plus loin. L’ analyse des phénomènes de la fécondation, de la ségrégation mendéhenne, etc... avait conduit à cette hypothèse = que les gènes sont localisés dans des parties spéciales du noyau cellulaire, les chromosomes. La génétique de la Drosophile, en raison de son extraordinaire extension, a apporté la preuve définitive de cette. localisation. On a pu, grâce au fait que ces chromo- Somes sont en nombre constant et présentent une indiscutable individualité, établir dans quel chro- mosome se trouvent tels ou tels groupes de gènes. Cette localisation résulte, en grande partie, de l’existence de mulalions chromosomiques qui ont permis de suivre, parallèlement à une distribution anormale de tel chromosome dans la descendance, une Ir RE
Fi nous ss après Les mutations Éctortelles sont de plusieurs ordres. Certaines, telles que la un ploïdie, les fragmentations ou les soudures de chromosomes, ont certainement joué un rôle important
dans l’évolution. D’autres, en raison de leur carac-
__ tère déséquilibré, ne peuvent devenir le point de
| départ de formes nouvelles stables, mais n’en ont pas moins un puissant intérêt ; elles constituent, en effet, un précieux moyen d'analyse du patrimoine héréditaire et du mode d’action des gènes. É
- Quiconque entreprend aujourd’hui, sans idées = préconçues, l’étude de l’hérédité et de la mutation ne peut manquer d’être frappé par l'identité des conclusions auxquelles conduisent aussi bien le.
résultats expérimentaux que les observations cyto= logiques. Il y a trop d’homogénéité dans cet ensemble. trop de faits qui sont confirmés les uns par les autres,
- trop de preuves et de contre-épreuves pour que nous ne soyons pas assurés de marcher sur le bon chemin. Cette homogénéité est telle qu’il n’est plus possible de séparer l'étude des phénomènes héréditaires de celle des variations germinales, tant l’une suppose connus les résultats de l’autre, et réciproquement. … Les mutations factorielles et chromosomiques fonc apparaître sous nos yeux des races nouvelles ; l'étude des races anciennes ou des espèces voisines met 6:
évidence des différences factorielles ou des différencc#
. chromosomiques qui ont dû apparaître également par
mutations. L'évolution par mutations représente … la seule possibilité de transformation que l’on puisse
appliquer à cette partie du matériel héréditaire qui est contenue dans le noyau cellulaire, et qui a été
. lecteurs s’étonneront séut etes que je.
traite des gènes, de leur nature, de celle de leurs muta=
tions, de leur localisation dans les Re
- comme s’il s'agissait là d'éléments dont l'existence serait indiscutable et reposerait sur des observations directes. À cela je répondrai que si les gènes, absolu ment invisibles, ne sont qu’une façon conventionnelle. de représenter, à posteriori, les conséquences de l’analyse génétique expérimentale, ils ont, à ce point de
. vué, une existence à peu près aussi cértaine que celle des constituants de la matière. A-t-on jamais fait reproche à un physicien ou à un chimiste de raisonner sur les atomes ? Personne, je, pense, ne soutiendra.
qu'on ne peut introduire dans un ouvrage scientifique.
que des vérités éternelles. Nous savons trop quel
avenir est en général réservé aux théories, aux
puisse prétendre à autre chose que représenter, à la lumière d’une critique objective, l’éfat d’une. te à une époque donnée. Il eh est parfois des gens de science comme de certains hommes politiques. Les uns, toujours mécontents du présent, critiquent . tout, démolissent tout, bien iricapables, en général, de rien mettre à la place des notions qu'ils se sont :
. qui aient naturellement grâce à leurs yeux ; ils trouvent toujours un public susceptible de s’emballer
pour leurs idées, si creuses soient-elles, ét si contraires aux observations positives qu'elles puissent - se.
concepts de la science, pour estimer qu'un livre
efforcés de ruiner. D’autres, emportés par leur ima- Bination, construisent de vastes théories, les Seules 2
. montrer, Je me suis efforcé de ne totiber fi dañis l'un
ns l’aut de ces Le Qu’ il soit du ne e pour toutes, que les notions de gènes, de leur 5 “localisation dans les chromosomes ne correspondent è encore qu'à des hypothèses, si vraisemblables soient- :
elles. Ceci dit, ne convient-il pas de Rosiers cest
nous puissions construire quelque chose ; faire une œuvre positive, si imparfaite et si passagère soit-elle, m° a toujours paru préférable à une critique systémade aisée sans doute, 1 mais qui ne conduit qu à une