‹ La variation et l'évolutionChapitre 71 sur 102 · LITE · texte numérisé non relu

LITE

| LES ABERRATIONS CHROMOSOMIQUES 325 ‘Cependant, dans une lignée bobbed, STERN vit apparaître, à plusieurs reprises, des femelles normales,

alors qu'elles auraient dû, ainsi que le montre le schéma suivant, être exclusivement bobbed :

? X(E)—X(b) X 7 X(b)—-Y(B) Gamètes ® Gamètes Zygotes X(D) X X(D) — X(b)—X(b) . © bobbed C6) NE Y(B) — X(B)—X(b) J'sauvages

La présence de femelles sauvages, exceptionnelles, ne peut résulter que d’une mutation de bobbed en son allélomorphe dominant B ou du passage, dans le patrimoine chromosomique de ces femelles, d’un Y » porteur du gène B. Si cette dernière hypothèse est . exacte, on doit, en croisant ces femelles exception- » nelles X (b}-X (b}-Y (B) avec des mâles X (b)-Y(B) de … la lignée bobbed, et en admettant que YŸ soit soudé à - l’un des X, obtenir les résultats suivants (Fig. 36) :

À Gamètes O Gamètes Zygotes

DD xE) ©: X X() = X(D-X(b) ® bobbed XD) SUUY(B) =. X(b)-Y(B) normaux

X()-Y(B) X X(E) = X(D)-Y(B)-X(b) © sauvages RE D … XG)-V(E) X Y(B) = X()-Y(B)-Y(B) G'à Y supplém.

| On obtint, en effet, dans ce croisement, à partir des à femelles sauvages exceptionnelles, les types suivants : … 19 des femelles bobbed normales X(b)-X(b) ;

… 20 Des mâles normaux, dont les uns devaient avoir la formule habituelle de la race bobbed X(b)-Y(B),

et dont les Subree devaient posséder un chromosome Y supplémentaire ; 30 Des femelles de type sauvage, exceptionnelles comme leur mère, et de formule X(b)}-X(b)-Y(B). Les recherches cytologiques ont d’ailleurs montré que les femelles sauvages exceptionnelles avaient effectivement un chromosome X libre el l’autre soudé à un chromosome Y supplémentaire ; c'est cette soudure qui explique pourquoi le chromosome Y supplé mentaire passe toujours avec un des X. Enfin, : l'examen des mâles, capables de transmettre l’anomalie génétique, montra qu'ils avaient bien un chro- : mosome X soudé à un Y et un Y supplémentaire. En : définitive, on peut représenter de la façon suivante À les formules chromosomiques de ces deux catégories Fe d'individus : ; 5

chat tit rl à Ma, de

Ces divers cas de soudure entre chromosomes x sont particulièrement suggestifs, en ce qu’ils non à : un accord parfait entre les conclusions génétiques et = les vérifications cytologiques.

Les fusions de chromosomes peuvent certainement. dônner, dans la nature, naissance à des races nou- : - velles. Ainsi, chez le Papillon Phragmatobia juliginosa, E. SEILER (1925) a montré l'existence de deux races … - différentes : ; lune possède 58 chromosomes, parmi. E lesquels deux sont environ trois fois plus longs que

les autres; l’autre race n’a que 56 chromosomes, …

dont deux sont quatre fois plus longs que les autres : éléments. Appelons À le plus grand chromosome de É la race à 58 éléments et À’ le plus grand de la race. Ê

Fe à 56 chromosomes. Lors de la réduction chromatique, ces deux races présentent respectivement 29

soudure du grand chromosome A de l’autre race - avec un autre chromosome b plus petit si bien qu’on __ peut écrire À’ — À + b. Cette interprétation résulte non seulement des différences de nombre et de taille des plus grands éléments, mais aussi, et surtout, du comportement de ces chromosomes, lors du croisement eñtre les deux races. L’hybride possède,

et 28 gemini. Or, le chromosome A’ correspond à la

; en effet, 28 + 29 — 57 chromosomes ; à la réduction, .

il se forme seulement 28 couples, parce que le chromosome À’ copule simultanément avec À et b de l’autre race. A la disjonction, À et b vont ensemble à un pôle, tandis que leur partenaire commun A’ se rend à l’autre. Ces faits montrent que le chromosome A’ représente le résultat de la soudure des éléments A et b et leur est équivalent.

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